Relancer tout de suite après une côte, c’est l’enfer. C’est assez naturellement qu’après une grosse montée, on a juste envie de s’arrêter. Si on est un peu de mauvaise foi, on dira que c’est pour profiter du paysage. En réalité, on sait bien que c’est pour récupérer. Et pourtant…
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Trail : relance après une côte, c’est dur
Alors oui, après une grosse côte, on est au bout de sa vie, nos muscles nous insultent, avec la sueur on a les yeux qui piquent sa mère, on a mal au bide, on a les jambes qui tirent, et vu qu’on n’assume pas, on essaie de courir en faisant genre qu’on n’a rien (en réalité, on dirait un figurant de Walking Dead sous acide, mais c’est pas grave).
Pourtant, c’est vraiment très utile. Notamment parce que ça permet de choquer votre corps en lui faisant décorréler la fin d’une montée et la fin de l’effort (ça peut paraître bête, mais je vous assure que ça ne l’est pas). En parallèle à cela, en plus de travailler mentalement, vous irez chercher dans vos réserves plus rapidement. Enfin, ça va vous permettre de gagner en efficacité rapidement.
Rapport temps efficacité
A la base, ce tuyau, c’est un de mes anciens coachs qui me l’avait donné quand je préparais le 50km de l’Ecotrail de Paris en 2015. Ma fille était née en août 2014 et donc, clairement, le temps que j’avais à consacrer aux prépas n’était pas optimal à ce moment.. J’étais pas à plus de deux sorties par semaine (et parfois, c’était juste une) ; j’ai alors fait beaucoup ça, et ça m’a permis, à défaut de faire un bon temps (j’avais dû faire 6h15 ou quelque chose comme ça), de finir en bon état.
En résumé, ce petit geste change énormément de choses dans la manière de courir un trail.
Parce qu’en montagne, l’erreur classique consiste souvent à considérer la montée comme une sorte de mini-ligne d’arrivée. On grimpe, on souffre, on serre les dents, puis une fois au sommet, tout le corps réclame une récompense immédiate : marcher, s’arrêter, récupérer, souffler. C’est humain. Le problème, c’est que la course, elle, ne s’arrête pas.
Et c’est précisément là que se joue une partie énorme de la différence entre un traileur qui “subit” son effort et un traileur qui reste acteur de sa course.
Relancer après une côte, même quelques dizaines de secondes seulement, apprend au corps à ne plus associer automatiquement sommet et repos. Cela paraît presque anecdotique vu de l’extérieur, mais physiologiquement et mentalement, l’impact est immense. Le cerveau comprend progressivement que la montée n’est pas une rupture, juste une transition. Les jambes apprennent à repartir alors qu’elles sont saturées. Le cardio apprend à redescendre sans effondrement brutal. Et surtout, on développe cette capacité si précieuse en trail : rester en mouvement quand tout pousse à ralentir.
C’est aussi une manière très intelligente de travailler l’efficacité quand on manque de temps. Beaucoup de coureurs pensent qu’il faut absolument accumuler les kilomètres pour progresser. Bien sûr, le volume compte. Mais quand on a une vie de famille, un travail, des contraintes, des semaines imparfaites, il faut parfois trouver des leviers plus malins. Ce type d’effort en fait partie. En quelques répétitions seulement, on reproduit une fatigue très spécifique du trail : celle des changements de rythme permanents, des relances cassantes, des moments où il faut remettre du mouvement alors que le corps voudrait négocier une pause.
Et puis il y a aussi quelque chose de profondément mental là-dedans. Parce que relancer après une côte, ce n’est pas uniquement une histoire de jambes. C’est accepter d’être inconfortable. Accepter de ne pas avoir immédiatement la sensation agréable de récupération. Accepter de continuer alors qu’on a l’impression d’avoir déjà “mérité” un peu de repos. En trail, cette capacité devient souvent décisive dans les dernières heures d’une course.
On retrouve d’ailleurs ce schéma partout chez les coureurs expérimentés. Les meilleurs ne sont pas forcément ceux qui montent le plus vite. Ce sont souvent ceux qui perdent le moins de temps après. Ceux qui remettent du rythme immédiatement. Ceux qui réaccélèrent quand les autres coupent. Ceux qui transforment chaque sommet en point de transition plutôt qu’en zone de survie.
Et paradoxalement, ce travail rend parfois les courses plus agréables. Parce qu’à force d’entraîner ces relances, on panique moins quand les jambes brûlent. On dramatise moins les sensations difficiles. On sait qu’on peut repartir. On sait que le corps finit par retrouver du rythme même après un gros effort. Cette confiance change énormément de choses le jour d’une course.
Au final, ce conseil paraît presque trop simple pour être réellement efficace. Pourtant, beaucoup de traileurs qui l’ont intégré dans leur préparation découvrent qu’ils deviennent plus solides sans forcément augmenter énormément leur charge d’entraînement. Quelques relances bien placées après les côtes peuvent parfois apporter plus qu’une sortie interminable faite en pilotage automatique.
Et surtout, cela rappelle une vérité fondamentale du trail : dans ce sport, la performance ne vient pas seulement de la capacité à encaisser la souffrance. Elle vient aussi de la capacité à repartir quand tout le corps aimerait arrêter.
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