Quand Rachel Entrekin a remporté la Cocodona 250 2026 au scratch en 56 h 09 min 48 s, l’attention s’est immédiatement portée sur son immense performance sportive.
Battre tous les hommes sur plus de 400 km de trail, pulvériser le record de l’épreuve et réussir à tenir une allure aussi élevée pendant plus de deux jours semblait déjà complètement irréel. Mais après son arrivée, un autre détail a commencé à intriguer le monde du trail : son alimentation pendant la course.
Car au milieu des gels énergétiques, des boissons d’effort et des stratégies nutritionnelles ultra sophistiquées que l’on associe souvent au très haut niveau, Rachel Entrekin a surtout parlé… de purée de pommes de terre.
L’anecdote peut faire sourire au premier abord. Pourtant, elle raconte probablement beaucoup plus de choses sur la réalité de l’ultra-trail extrême que n’importe quel tableau nutritionnel.
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Pourquoi la gagnante de la Cocodona s’est-elle ravitaillée en purée de pommes de terre
Parce que c’est une alternative aux produits sucrés
Sur des formats classiques, l’alimentation en course reste relativement simple. Les coureurs alternent généralement gels, boissons énergétiques et quelques aliments solides pour maintenir un apport constant en glucides. Mais sur un ultra comme la Cocodona, où les meilleurs passent plus de deux nuits dehors, le problème devient complètement différent.
Au fil des heures, le système digestif ralentit fortement. L’organisme fatigue, l’estomac devient plus fragile et le cerveau commence parfois à rejeter certains goûts ou certaines textures. Beaucoup de coureurs racontent qu’après trente ou quarante heures d’effort, ils ne supportent plus les produits très sucrés qu’ils consommaient pourtant facilement au début de la course.
La mastication elle-même finit par devenir fatigante.
C’est précisément ce qu’a expliqué Rachel Entrekin après son arrivée. À un moment de la course, elle ne voulait plus “dépenser d’énergie” pour mâcher des aliments solides. Dans cet état de fatigue extrême, même des gestes qui paraissent anodins commencent à coûter physiquement et mentalement.
Et c’est là que la purée prend tout son sens.
Parce qu’elle est facile à avaler
Dans le contexte d’une course de plus de 400 km, la purée possède finalement énormément d’avantages. Elle est facile à avaler, chaude, salée, relativement digeste et permet d’apporter rapidement des glucides sans trop solliciter le système digestif.
Parce que c’est de la vraie nourriture
Surtout, elle répond à quelque chose que beaucoup d’ultra-traileurs connaissent bien : le besoin de “vraie nourriture” après des dizaines d’heures passées à absorber essentiellement du sucre liquide ou des gels énergétiques.
Plus la fatigue avance, plus le corps semble rechercher des aliments simples, réconfortants et faciles à assimiler. C’est pour cette raison que les ravitaillements des très grands ultras ressemblent parfois davantage à une cuisine familiale qu’à un buffet sportif classique. On y voit des soupes, du riz, des nouilles, des pommes de terre, des bouillons ou des aliments très mous qui deviennent soudainement beaucoup plus précieux qu’un produit énergétique dernier cri.
En résumé, cette histoire de purée devient encore plus impressionnante lorsqu’on la replace dans le contexte global de sa course.
Pendant toute cette Cocodona 250, Rachel Entrekin n’a dormi que 19 minutes au total, réparties en trois micro-siestes de 5 minutes, 7 minutes puis encore 7 minutes.
À partir d’un certain niveau de fatigue, réussir à continuer à s’alimenter devient presque une performance en soi. Beaucoup de coureurs abandonnent d’ailleurs sur les ultras XXL non pas parce que leurs jambes lâchent, mais parce qu’ils ne parviennent plus à manger correctement ou que leur système digestif finit par saturer complètement.
Chez Rachel Entrekin, on a au contraire eu l’impression que tout restait maîtrisé malgré l’extrême violence de l’effort. Son alimentation, son sommeil minimaliste et sa gestion mentale semblaient faire partie d’une stratégie globale pensée pour maintenir la vitesse le plus longtemps possible.
C’est probablement ce qui fascine autant dans cette victoire. Derrière le chrono exceptionnel et le record de l’épreuve, cette Cocodona 2026 donne surtout l’impression d’avoir montré jusqu’où certains ultra-traileurs sont capables de pousser l’adaptation humaine.
Et au milieu de cette performance presque irréelle, l’image qui reste finalement est peut-être celle-ci : une championne assise dans la poussière de l’Arizona, en train d’avaler de la purée de pommes de terre pour continuer à courir encore toute une nuit.
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