Quand on pense aux dangers du trail, on imagine surtout les chutes, les entorses, la déshydratation ou les coups de chaud. Pourtant, un autre risque beaucoup plus discret existe sur certains sentiers : les excréments d’animaux, notamment les bouses de vaches.
Cette semaine, dans le monde du cyclisme, plusieurs coureurs professionnels ayant participé à la Famenne Ardenne Classic en Belgique sont tombés malades après avoir roulé sur des routes humides couvertes de déjections bovines. Certains ont souffert de diarrhées, vomissements, fièvre et douleurs abdominales, au point d’être brièvement hospitalisés. Les projections liées à la pluie pourraient être en cause.
Et même si le contexte du trail est différent de celui du vélo, le sujet concerne aussi directement les traileurs. Pourquoi ?
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Parce qu’en trail, les sentiers traversent souvent des zones d’élevage
Dans de nombreuses régions françaises, les parcours de trail passent régulièrement au milieu des pâturages. C’est particulièrement vrai en montagne, dans le Massif central, les Alpes, les Pyrénées ou encore le Jura.
Résultat : courir au milieu des troupeaux et des bouses fait presque partie du décor habituel.
Le problème, c’est qu’une bouse de vache n’est pas simplement de la boue naturelle. Elle peut contenir différentes bactéries, parasites ou agents pathogènes potentiellement dangereux pour l’être humain.
Quand le terrain est humide, que les chaussures éclaboussent, que les mains touchent le visage ou qu’un ravitaillement est pris sans hygiène parfaite, le risque de contamination augmente.
Parce que le Campylobacter en est la cause
Cette bactérie est l’une des causes les plus fréquentes de gastro-entérites bactériennes. Elle peut être présente dans les déjections animales, notamment bovines et aviaires.
Parce que les symptômes peuvent apparaître rapidement :
- diarrhée ;
- douleurs abdominales ;
- fièvre ;
- nausées ;
- vomissements ;
- fatigue importante.
Pour un traileur, ce type d’infection peut devenir catastrophique pendant un ultra ou dans les jours qui suivent une course.
Sur un organisme déjà fragilisé par plusieurs heures d’effort, une forte déshydratation ou une atteinte digestive peuvent rapidement obliger à abandonner.
Parce que le problème augmente quand il pleut
Le vrai danger n’est pas forcément la présence visible des bouses sur le sentier.
Le problème arrive surtout lorsque la pluie transforme les chemins en mélange de boue, d’eau stagnante et de matières organiques.
À vélo, les projections remontent directement vers le visage et les bidons. En trail, les mécanismes sont différents mais les risques existent aussi :
- mains sales utilisées pour manger ;
- gourdes manipulées après une chute ;
- gels ouverts avec des doigts souillés ;
- micro-coupures au niveau des jambes ;
- éclaboussures sur le visage ;
- ravitaillements pris sans nettoyage préalable.
Sur les trails longs, où les coureurs passent parfois des heures sans accès à un vrai point d’eau, l’hygiène devient vite approximative.
Parce que les ultras peuvent favoriser ce genre de problème
Plus la course est longue, plus le système immunitaire est fragilisé.
Après plusieurs heures d’effort, le corps tolère moins bien les bactéries, les contaminations digestives et les erreurs alimentaires. C’est aussi pour cela que certains traileurs tombent malades après des ultras très boueux ou des courses disputées dans des conditions extrêmes.
L’épuisement, le manque de sommeil et la baisse de vigilance augmentent les comportements à risque : manger sans se nettoyer les mains, remplir une flasque dans une eau douteuse ou toucher constamment son visage.
Et contrairement à une idée reçue, vivre à la campagne ou courir souvent dans les champs ne protège pas forcément.
Comment limiter les risques quand on fait du trail
Il est évidemment impossible d’éviter totalement les zones agricoles quand on pratique le trail.
En revanche, quelques réflexes simples peuvent réduire les risques :
- éviter de toucher son visage pendant la course ;
- utiliser du gel hydroalcoolique sur les ultras ;
- nettoyer ses mains avant de manger ;
- rincer les flasques et pipettes après une chute dans la boue ;
- éviter de boire dans des sources non contrôlées ;
- nettoyer rapidement les plaies ou éraflures ;
- changer rapidement de vêtements après l’arrivée.
Les chaussures aussi méritent une attention particulière. Beaucoup de traileurs les laissent sécher pleines de boue après une course alors qu’elles peuvent rester contaminées plusieurs jours.
Mais la réalité est plus complexe. Les sentiers traversent parfois des exploitations agricoles, des zones d’élevage ou des terrains où circulent animaux domestiques et sauvages.
La plupart du temps, cela ne pose aucun problème. Mais l’affaire survenue dans le peloton cycliste rappelle qu’un simple environnement humide et contaminé peut suffire à rendre de nombreux sportifs malades en même temps.
Et avec les trails boueux du printemps ou les ultras en montagne au milieu des troupeaux, les coureurs à pied ne sont probablement pas totalement à l’abri de ce type de risque sanitaire.
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