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đ§ MĂ©nager ses genoux en descente en trail, est-ce possible ? Fort heureusement oui !
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En trail, les descentes font souvent plus mal aux jambes que les montĂ©es. Quadriceps dĂ©truits, genoux sensibles, cuisses qui tremblent aprĂšs plusieurs heures de course : ce phĂ©nomĂšne sâexplique en grande partie par les contractions excentriques imposĂ©es aux muscles pour freiner le corps Ă chaque appui. Pourtant, subir la descente nâest pas une fatalitĂ©. Technique, relĂąchement, renforcement musculaire et entraĂźnement spĂ©cifique permettent de diminuer les contraintes et surtout de mieux les supporter.
Pourquoi les genoux souffrent davantage en descente en trail ?
Lorsque le terrain descend, le problĂšme nâest pas seulement la vitesse. Ă chaque foulĂ©e, le coureur doit contrĂŽler la chute de son corps vers lâavant et vers le bas.
Les quadriceps travaillent alors comme des freins. Ils produisent une force tout en sâallongeant : câest ce que lâon appelle une contraction excentrique.
Plus la pente est forte, plus les impacts et les forces de freinage peuvent devenir importants.
Et lorsquâun traileur commence Ă avoir peur de prendre de la vitesse, il adopte souvent spontanĂ©ment une position qui aggrave le phĂ©nomĂšne : il se penche vers lâarriĂšre et attaque le sol avec la jambe loin devant lui.
Ă chaque pas, le corps freine brutalement.
Câest efficace pour ralentir. Beaucoup moins pour Ă©conomiser les jambes.
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Le réflexe qui fatigue les genoux : se retenir à chaque foulée
Câest probablement lâerreur la plus classique chez les coureurs peu habituĂ©s aux descentes.
Face à une pente impressionnante, le réflexe consiste à mettre le bassin en arriÚre, tendre légÚrement la jambe et poser le pied loin devant son centre de gravité.
On a alors lâimpression de contrĂŽler parfaitement sa vitesse.
En réalité, chaque foulée devient un petit coup de frein.
Sur 100 mĂštres, ce nâest pas forcĂ©ment un problĂšme. Sur une descente de plusieurs kilomĂštres, puis sur un trail de quatre, six ou dix heures, lâaccumulation devient considĂ©rable.
Les quadriceps encaissent, les muscles se fatiguent et la technique se dégrade progressivement.
Câest souvent Ă ce moment-lĂ que les descentes deviennent particuliĂšrement douloureuses.
Pour protéger ses genoux en descente, il faut apprendre à courir relùché
Le principe paraĂźt simple. Son application demande beaucoup plus de travail.
Il faut accepter une idée qui peut sembler contre-intuitive : pour mieux contrÎler une descente, il faut parfois accepter de moins la freiner.
Certains entraĂźneurs parlent dâ« accepter la pente ».
LâidĂ©e consiste Ă rester relativement engagĂ© vers lâavant, sans se jeter dans le vide, tout en conservant le corps au-dessus de ses appuis.
On retrouve un principe proche de celui du ski : lorsque le pratiquant se crispe et cherche Ă reculer, il devient souvent moins efficace. Lorsquâil accepte davantage la pente, ses mouvements deviennent plus fluides.
En trail, le principe est comparable.
Le but nâest Ă©videmment pas de foncer tĂȘte baissĂ©e.
Il faut trouver le compromis entre vitesse, contrĂŽle et relĂąchement.
Raccourcir sa foulée permet de moins freiner
Lâun des moyens les plus efficaces consiste Ă Ă©viter les grandes enjambĂ©es.
Dans une descente roulante, une foulée légÚrement plus courte et plus rapide permet généralement de conserver les pieds plus proches du centre de gravité.
Cela limite les gros appuis trĂšs loin devant le corps.
Au lieu de produire quelques freinages importants, le coureur enchaĂźne davantage de petits appuis.
Câest particuliĂšrement utile lorsque la pente devient raide.
Lâobjectif nâest donc pas obligatoirement de courir sur lâavant du pied, mais surtout dâĂ©viter de poser systĂ©matiquement le pied trĂšs loin devant soi avec la jambe tendue.
Lâattaque du pied varie naturellement selon la pente, le terrain, la vitesse et la morphologie du coureur.
Chercher artificiellement une attaque avant-pied dans toutes les descentes peut dâailleurs dĂ©placer les contraintes vers les mollets et les tendons dâAchille.
Les bras jouent un rĂŽle essentiel pour lâĂ©quilibre
Sur route, les bras accompagnent surtout la propulsion.
En descente technique, ils deviennent presque des balanciers.
Il suffit dâobserver les meilleurs descendeurs en trail : les bras sâĂ©cartent rĂ©guliĂšrement du corps pour corriger un dĂ©sĂ©quilibre ou prĂ©parer un changement de direction.
Ce mouvement permet dâĂ©viter certaines compensations brutales avec les jambes.
Dans les passages techniques, chercher absolument Ă conserver les bras collĂ©s au corps nâa donc aucun intĂ©rĂȘt.
Ils participent directement Ă lâĂ©quilibre.
Regarder loin devant plutĂŽt que juste devant ses chaussures
La descente se joue aussi avec les yeux.
Un coureur qui regarde uniquement ses pieds découvre chaque pierre, racine ou changement de pente au dernier moment.
Il doit alors improviser.
Ă lâinverse, regarder quelques mĂštres devant soi permet de prĂ©parer sa trajectoire.
Le cerveau commence dĂ©jĂ Ă organiser les prochains appuis avant mĂȘme que le coureur arrive sur lâobstacle.
Sur un sentier technique, le regard peut alterner rapidement entre une zone proche et une zone située plusieurs mÚtres plus loin.
Câest cette anticipation qui permet de conserver de la fluiditĂ©.
Vouloir éviter tous les obstacles fatigue inutilement
Avec lâexpĂ©rience, on apprend Ă©galement que toutes les pierres ne doivent pas ĂȘtre contournĂ©es.
Un débutant cherche souvent le passage parfait.
Il multiplie les changements de direction, les freinages et les relances.
Un traileur expérimenté choisit davantage une trajectoire générale et accepte certains petits obstacles lorsque ceux-ci restent maßtrisables.
Cette capacitĂ© Ă lire le terrain Ă©conomise Ă©normĂ©ment dâĂ©nergie.
Et sur un ultra-trail, quelques pourcents dâĂ©nergie Ă©conomisĂ©e Ă chaque descente peuvent faire une Ă©norme diffĂ©rence aprĂšs plusieurs dizaines de kilomĂštres.
Pour avoir moins mal aux genoux, il faut aussi renforcer ses quadriceps
La technique seule ne suffit pas.
Pour mieux rĂ©sister aux descentes, il faut prĂ©parer les muscles capables dâabsorber les contraintes.
Les quadriceps sont évidemment en premiÚre ligne, mais les fessiers, les mollets et les muscles stabilisateurs du bassin participent également au contrÎle du mouvement.
Plusieurs exercices simples peuvent ĂȘtre intĂ©ressants :
- les squats ;
- les fentes avant et arriĂšre ;
- les step-downs depuis une marche ;
- les montées et descentes de banc ;
- les exercices sur une jambe ;
- le travail de mollets ;
- le gainage et le renforcement des fessiers.
Le travail excentrique est particuliÚrement intéressant pour préparer les muscles aux longues descentes.
Par exemple, lors d’un squat ou d’une fente, on peut contrĂŽler lentement la phase de descente avant de remonter normalement.
La meilleure préparation à la descente reste⊠de descendre
On peut avoir des quadriceps trĂšs puissants en salle de sport et malgrĂ© tout souffrir Ă©normĂ©ment lors dâun trail montagneux.
Pourquoi ?
Parce que la descente est aussi un apprentissage spécifique.
Le systĂšme musculaire, les tendons, les articulations mais Ă©galement le cerveau doivent apprendre Ă gĂ©rer les impacts et les changements dâappuis.
Un coureur prĂ©parant une course montagneuse a donc intĂ©rĂȘt Ă intĂ©grer progressivement des descentes dans son entraĂźnement.
Pas besoin de commencer par 1 500 mÚtres de dénivelé négatif.
Quelques répétitions sur une pente modérée peuvent déjà permettre de travailler :
- la cadence ;
- le placement du corps ;
- le relĂąchement ;
- la trajectoire ;
- la confiance.
La progressivitĂ© reste essentielle, car une sĂ©ance de descente inhabituelle peut provoquer dâimportantes courbatures pendant plusieurs jours.
Attention Ă la fatigue : la technique change en fin de trail
On peut ĂȘtre parfaitement Ă lâaise dans la premiĂšre descente dâune course et devenir beaucoup moins efficace six heures plus tard.
Avec la fatigue, les quadriceps répondent moins bien, les appuis deviennent moins précis et le coureur commence à se raidir.
La priorité change alors.
Il ne sâagit plus nĂ©cessairement de descendre vite, mais de conserver suffisamment de contrĂŽle pour ne pas dĂ©truire dĂ©finitivement ses jambes.
Sur les longues distances, alterner course et marche dans certaines descentes trĂšs raides peut mĂȘme devenir une stratĂ©gie pertinente.
Les bĂątons peuvent-ils soulager les genoux en descente ?
Lorsquâils sont autorisĂ©s et correctement utilisĂ©s, les bĂątons peuvent apporter un soutien dans certaines descentes, notamment lorsque la pente est raide.
Ils permettent de rĂ©partir une partie du travail sur le haut du corps et servent Ă©galement de points dâĂ©quilibre.
En revanche, leur utilisation demande elle aussi de lâapprentissage.
Des bĂątons sortis uniquement le jour de la course peuvent devenir plus encombrants quâutiles.
Et les chaussures de trail dans tout ça ?
Une chaussure ne peut pas compenser une technique de descente inefficace.
En revanche, une semelle offrant une bonne accroche peut donner davantage de confiance.
Et cette confiance compte beaucoup.
Un coureur qui doute de son adhérence se crispe, ralentit brutalement avant chaque virage et multiplie les freinages.
Le choix de la chaussure doit donc ĂȘtre adaptĂ© au terrain : boue, rochers, sentiers secs, terrain roulant ou montagne technique.
Une douleur au genou en descente ne doit pas systĂ©matiquement ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme normale
Il faut enfin distinguer la fatigue musculaire classique dâune vĂ©ritable douleur articulaire.
Avoir les quadriceps trÚs courbaturés aprÚs une longue descente est fréquent.
Une douleur prĂ©cise, persistante ou qui augmente au fil des sorties mĂ©rite davantage dâattention.
Dans ce cas, continuer Ă modifier sa foulĂ©e pour contourner la douleur peut parfois crĂ©er dâautres compensations.
Un professionnel de santĂ© pourra rechercher lâorigine du problĂšme et dĂ©terminer si celui-ci vient du genou lui-mĂȘme, de la charge dâentraĂźnement ou dâun dĂ©ficit de force et de contrĂŽle ailleurs dans la chaĂźne musculaire.
En rĂ©sumĂ©, protĂ©ger ses genoux en descente passe surtout par la technique et lâentraĂźnement
Il nâexiste pas de foulĂ©e magique permettant de supprimer toutes les contraintes.
Descendre implique forcĂ©ment dâabsorber une partie de lâĂ©nergie créée par la gravitĂ©.
Mais un traileur peut apprendre à mieux répartir ces contraintes.
Moins se crisper, Ă©viter les grandes foulĂ©es de freinage, augmenter lĂ©gĂšrement la frĂ©quence des appuis, anticiper le terrain, utiliser ses bras, renforcer ses jambes et sâentraĂźner rĂ©guliĂšrement en descente sont autant de moyens de rendre cette partie du trail beaucoup moins traumatisante.
Le meilleur descendeur nâest donc pas forcĂ©ment celui qui fonce le plus vite. Câest souvent celui qui parvient Ă rester fluide, prĂ©cis et relĂąchĂ© tout en conservant suffisamment de jambes pour la suite de la course.
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