sources préférées Google
🎧 À quelques heures de Sierre-Zinal, le record féminin de Maude Mathys revient dans les discussions.
Écouter le résumé de l’article — Durée totale : 0:44
Live Sierre-Zinal en direct
Pas seulement parce qu’il constitue toujours la référence chronométrique de l’épreuve, mais parce que certains internautes rappellent une vieille affaire antidopage concernant la Suissesse et le clomifène.
Cette ancienne affaire antidopage ressurgit aujourd’hui autour du record de Sierre-Zinal de Maude Mathys. La Suissesse a bien commis une violation des règles antidopage en 2015, mais son record sur la course valaisanne n’a été établi qu’en 2019, avant d’être encore amélioré en 2021. À ce jour, aucun élément ne permet de relier ces performances à l’épisode du clomifène.
Garmin Fenix 8 en promotion sur i-run
lien affilié sans partenariat avec Garmin
montre Garmin Fenix 8 AMOLED Sapphire Titane

Maude Mathys a bien été contrôlée positive au clomifène
L’affaire remonte à 2015, alors que Maude Mathys évoluait notamment en ski-alpinisme. Le clomifène figurait déjà à cette époque sur la liste des substances interdites de l’Agence mondiale antidopage, dans la catégorie des substances anti-œstrogéniques.
Le produit n’est pas un stéroïde anabolisant classique. Le clomifène est avant tout un médicament utilisé pour stimuler l’ovulation dans le traitement de certaines infertilités féminines. En France, le Clomid est notamment indiqué pour déclencher l’ovulation, y compris dans certains parcours d’assistance médicale à la procréation.
Mais son caractère thérapeutique ne l’empêche pas d’être interdit dans le sport. L’AMA classe toujours aujourd’hui le clomifène parmi les substances prohibées en permanence, en compétition comme hors compétition.
Pourquoi le clomifène est-il considéré comme un produit dopant ?
Le cas est d’autant plus particulier que le clomifène possède un véritable effet hormonal.
En bloquant certains récepteurs aux œstrogènes, il agit sur l’axe hormonal et entraîne une augmentation de la sécrétion de certaines hormones. C’est précisément ce mécanisme qui permet de stimuler l’ovulation chez la femme.
Mais cette action hormonale peut également être détournée dans un contexte sportif, notamment parce que le produit peut favoriser la production endogène de testostérone. C’est la raison pour laquelle l’AMA l’interdit.
Autrement dit, deux réalités peuvent coexister : le clomifène est un véritable médicament de fertilité et une substance interdite par les règles antidopage.
Elle avait une ordonnance, mais pas d’autorisation d’usage à des fins thérapeutiques
C’est probablement le point qui entretient aujourd’hui le malentendu.
Sous une publication Facebook d’Esprit Trail Magazine évoquant le record de Maude Mathys, un internaute rappelle l’épisode du clomifène. Le média lui répond en substance que l’affaire remonte à 2015, tandis que le record date de plusieurs années plus tard, et ajoute qu’« il y avait prescription ».
Cette précision est importante, mais elle ne clôt pas entièrement le débat antidopage.
Un sportif peut avoir une raison médicale parfaitement légitime de prendre un médicament et néanmoins se retrouver en infraction si celui-ci contient une substance interdite et que les règles relatives à l’autorisation d’usage thérapeutique n’ont pas été respectées.
Cela ne signifie pas pour autant que le contrôle positif n’a jamais existé.
Le problème : le record de Sierre-Zinal arrive quatre ans plus tard
- Maude Mathys établit en 2019 un record de Sierre-Zinal en 2 h 49 min 20 s.
- En 2021, elle améliore encore sa marque pour descendre à 2 h 46 min 03 s
À notre connaissance, aucun contrôle positif au clomifène n’est associé à ces performances de Sierre-Zinal.
Il serait donc factuellement impossible d’affirmer que Maude Mathys a battu le record grâce au clomifène.
Peut-on malgré tout trouver ce record « douteux » ?
C’est davantage une question d’interprétation que de fait.
Certains amateurs de sport considèrent qu’une violation antidopage passée doit systématiquement accompagner la présentation du palmarès d’un athlète. À leurs yeux, le simple fait d’avoir déjà été contrôlé positif suffit à installer durablement un doute.
D’autres estiment au contraire qu’il faut distinguer les situations. Dans le cas de Mathys, l’affaire concernait un médicament utilisé dans un contexte de fertilité et elle est très antérieure à ses records de Sierre-Zinal.
En résumé, le record de Maude Mathys reste officiellement parfaitement valable (mais douteux aux yeux de certains)
Sportivement, la situation est donc beaucoup moins ambiguë qu’elle ne paraît sur les réseaux sociaux.
Le record de Maude Mathys à Sierre-Zinal n’a pas été annulé. Il est reconnu dans les comptes rendus internationaux de la course et aucune procédure antidopage connue ne concerne sa performance de 2021. La polémique existe donc surtout dans le regard porté sur son passé.
Et c’est peut-être là toute la difficulté du dopage : une violation peut être juridiquement terminée depuis des années, tout en continuant à suivre un athlète chaque fois que son nom est associé à une performance exceptionnelle.
Dans le cas de Maude Mathys, rappeler le clomifène de 2015 est un fait. En déduire que son record de Sierre-Zinal est le produit du dopage en serait un autre — et rien, aujourd’hui, ne permet de franchir cette ligne.
Lire aussi sur Sierre-Zinal
- Sierre-Zinal sans Kilian Jornet : pourquoi la course risque de perdre une partie de sa magie
- Séparer les femmes pour mieux les montrer : Sierre-Zinal se trompe de combat
- Trail : la course Sierre-Zinal va réaliser des travaux d’un montant de 2 millions d’euros
- Avant Sierre-Zinal, Elhousine Elazzaoui vient de battre deux de ses principaux rivaux
- Sierre-Zinal 2026 : sans Kilian Jornet, qui sont les grands favoris
Lire encore sur Maude Mathys
- Maude Mathys renonce à Sierre-Zinal : le reste de sa saison est incertaine(S’ouvre dans un nouvel onglet)
- Maude Mathys : partout où va la traileuse, elle écrase la concurrence !(S’ouvre dans un nouvel onglet)









