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🎧 Clément Deffrenne, plus connu sous le pseudonyme Clemquicourt, est devenu en quelques années l’un des créateurs de contenu les plus populaires du trail français. En racontant ses aventures sportives sur Instagram et YouTube, puis en diffusant en août 2026 son documentaire sur la traversée du Baekdu Daegan en Corée du Sud, il a fédéré une communauté de plusieurs centaines de milliers de passionnés. Ce vendredi 6 novembre 2026, il organise dans les Pyrénées-Orientales les « 25 heures qui courent », une backyard caritative réunissant une centaine de coureurs, dont des champions du trail, des influenceurs et 50 membres de sa communauté.
Le départ est annoncé à 15 h, avec une retransmission sur Twitch. Mais à quelques heures de l’événement, son communiqué officiel fait apparaître un paradoxe : alors qu’il rassemble certaines des personnalités les plus populaires d’Internet, Clemquicourt demande expressément à ses supporters de ne pas venir assister à la course.
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Le principe des 25 heures qui courent est simple
Pendant un maximum de 25 heures, les participants doivent terminer une boucle d’environ 6 km avant le départ suivant, donné une heure plus tard.
Ceux qui ne parviennent plus à repartir sont éliminés. L’événement, inspiré du format backyard, se déroule au profit de l’association Rêves, qui accompagne des enfants et adolescents gravement malades en contribuant à réaliser leurs rêves.
Pour faire découvrir le trail à un public plus large, difficile d’imaginer une meilleure vitrine. Les champions vont partager leur effort avec des personnalités d’Internet qui, à leur tour, pourront transmettre à leurs abonnés une partie des émotions propres à l’ultra-endurance.
Et Clemquicourt n’a pas oublié les coureurs anonymes. Sur les 100 places prévues, 50 ont été réservées aux membres de sa communauté, sélectionnés grâce à un système de tickets d’or. Cette initiative permet à des passionnés de courir aux côtés de leurs idoles et mérite d’être saluée.
Mais une question demeure : qu’en est-il de tous ceux qui ne font pas partie de ces 100 privilégiés et qui souhaiteraient simplement venir applaudir les participants ?
Clemquicourt réunit sur les 25 heures qui courent les plus grandes stars du trail et les influenceurs les plus populaires du moment
Il faut commencer par reconnaître la performance.
Pour cette première édition des « 25 heures qui courent », Clément Deffrenne est parvenu à réunir un plateau qui dépasse largement le cercle habituel des amateurs de trail. Son événement rassemble des personnalités suivies par des millions d’internautes, des champions reconnus de l’ultra-endurance et des coureurs amateurs qui auront la possibilité de partager la même expérience.
créateurs de contenu
Parmi les créateurs de contenu annoncés figurent notamment Tibo InShape, Domingo, Baghera Jones, Zack Nani, Hugo Tout Seul ou encore Joggeuse. Des personnalités issues de communautés différentes, dont certaines n’ont pas fait de la course en montagne leur spécialité, mais qui disposent d’une audience considérable sur les réseaux sociaux.
sportifs
Du côté des sportifs, le casting est tout aussi impressionnant. Mathieu Blanchard, Ludovic Pommeret, Blandine L’Hirondel, Théo Detienne, Hugo Deck, Mathieu Delpeuch ou encore Aurélien Sanchez font partie des athlètes annoncés. L’ultrafondeuse Stéphanie Gicquel et d’autres personnalités du sport viennent compléter ce rassemblement.
Le communiqué de Clemquicourt
Voir cette publication sur Instagram
Clemquicourt exclut du parcours les supporters qui ont fait son succès… et la colère couve
À la veille du départ, Clemquicourt a publié un communiqué officiel dans lequel il s’adresse directement à sa communauté. Sa demande est particulièrement explicite :
« Aujourd’hui, je vous demande une chose très importante : n’essayez surtout pas de vous rendre sur le lieu de la course. »
L’organisateur explique que cette décision répond à sa conception de la backyard, qu’il considère avant tout comme une expérience intimiste. À ses yeux, la présence de spectateurs pourrait modifier l’atmosphère de l’événement et compliquer son organisation.
Il insiste également sur les questions de sécurité, dans un contexte où la présence simultanée de nombreuses personnalités connues pourrait attirer un public difficile à gérer sur un parcours de montagne.
Ces arguments peuvent parfaitement s’entendre. Il serait irresponsable d’encourager des centaines de personnes à rejoindre un site qui n’a pas été conçu pour les accueillir. Les contraintes de circulation, de stationnement, de sécurité et de respect des habitants sont réelles.
Mais le communiqué ne présente pas uniquement cette fermeture comme une obligation technique. Clemquicourt revendique également une préférence personnelle :
« Ne pas avoir de public sur le parcours est donc un choix personnel et assumé. »
Et c’est précisément cette formulation qui interroge.
Une communauté qui a contribué à faire grandir Clemquicourt
Le succès de Clemquicourt ne s’est pas construit uniquement sur ses performances sportives. Il repose aussi sur les personnes qui regardent ses vidéos, commentent ses publications, partagent ses aventures et s’intéressent à ses projets.
La projection de son documentaire consacré à la Corée du Sud, organisée notamment au Grand Rex à Paris en août 2026, avait illustré cet attachement. Des milliers de personnes s’étaient déplacées pour découvrir son film et rencontrer celui dont elles suivaient les aventures derrière leur téléphone.
Ce lien entre un créateur et sa communauté constitue justement l’une des particularités de son succès. Ses abonnés ne s’intéressent pas seulement aux kilomètres parcourus ou aux records réalisés. Ils suivent une personne, son entourage, ses projets et les émotions qu’il partage.
Dans ce contexte, il est compréhensible que certains supporters puissent regretter de ne pas être autorisés à vivre sur place un événement présenté comme l’un des grands rendez-vous de l’année.
Certes, 50 membres de la communauté ont obtenu un dossard. Mais tous les autres doivent se contenter de la retransmission. Ils pourront regarder, commenter, partager et contribuer à la dynamique caritative, sans pouvoir librement se rendre au bord du parcours.
Cette distinction entre les participants sélectionnés et les spectateurs est parfaitement claire. Elle révèle aussi une différence importante entre la culture du trail traditionnel et celle des grands événements conçus pour Internet.
Sur les grands trails, les supporters font partie du spectacle
L’une des particularités du trail est de permettre à des athlètes professionnels et à des amateurs de vivre une même aventure sportive. Mais son identité ne repose pas uniquement sur cette proximité entre coureurs.
Elle se construit également autour de ceux qui viennent les encourager.
À l’UTMB, par exemple, les villages traversés par les participants deviennent de véritables lieux de rassemblement. Les habitants, les familles et les passionnés se retrouvent au bord des sentiers ou dans les espaces accessibles au public pour soutenir les coureurs, qu’il s’agisse des favoris ou des derniers concurrents.
Cette présence populaire contribue directement à l’ambiance. Elle donne à la course une dimension collective qui dépasse la seule performance sportive.
Les spectateurs ne sont pas uniquement des personnes venues regarder. Ils participent à l’événement par leurs encouragements, leur enthousiasme et les émotions qu’ils partagent avec les athlètes.
Bien entendu, tous les secteurs d’un ultra-trail ne sont pas librement accessibles. Des restrictions sont nécessaires pour préserver les espaces naturels, protéger les coureurs ou garantir la sécurité du public. Mais la place des supporters reste généralement intégrée à l’organisation.
Avec les « 25 heures qui courent », le modèle est différent. L’expérience est pensée d’abord pour les participants et pour sa retransmission audiovisuelle. L’ambiance doit être partagée avec les spectateurs à travers les caméras, les commentaires et les images diffusées en direct sur Twitch.
Ce choix peut produire un spectacle remarquable. Il ne remplace pourtant pas totalement la possibilité d’assister physiquement à un événement sportif.
Une fan zone uniquement envisagée pour la dernière boucle
Clemquicourt a néanmoins prévu une ouverture vers le public. Dans la seconde partie de son communiqué, il annonce vouloir organiser une fan zone à l’occasion de la 25e et dernière boucle.
L’objectif est notamment de permettre aux habitants de la région et aux supporters qui souhaitent encourager les derniers participants de prendre part à la fête.
Le lieu, les modalités d’accès et les consignes doivent être communiqués pendant la course, au moment jugé opportun par l’organisation.
C’est une proposition intéressante, mais qui laisse une interrogation : pourquoi attendre la toute dernière boucle pour associer les spectateurs à un événement qui se déroule sur 25 heures ?
Tout le monde ne pourra pas nécessairement se déplacer au dernier moment. Et selon la manière dont se déroulera la course, de nombreux participants auront déjà quitté la compétition lorsque cette fan zone sera ouverte.
On peut donc comprendre la frustration que cette organisation est susceptible de provoquer chez les personnes qui espéraient venir encourager leurs personnalités préférées.
En résumé, on est entre un événement sportif et une production pour Internet
Les « 25 heures qui courent » illustrent finalement une évolution importante du trail : l’arrivée de formats conçus autant pour être vécus que pour être diffusés.
Les moyens de production, la diversité des invités et l’importance accordée à la retransmission montrent que Clemquicourt ne cherche pas simplement à organiser une compétition supplémentaire. Il souhaite créer un grand rendez-vous audiovisuel autour de la course à pied.
Ce modèle possède de nombreux atouts. Il peut attirer vers le trail des personnes qui ne se seraient jamais intéressées à une compétition de montagne, faire connaître ses champions à de nouveaux publics et contribuer à une cause caritative.
Mais il pose aussi une question sur la place laissée aux spectateurs.
Lorsqu’un événement sportif rassemble des personnalités très populaires, faut-il nécessairement choisir entre une production audiovisuelle maîtrisée et une expérience accessible au public ? Ne serait-il pas possible, à l’avenir, d’imaginer des espaces d’encouragement sécurisés, sans compromettre la tranquillité des participants ni celle des habitants ?
La question mérite d’être posée, précisément parce que le projet de Clemquicourt possède un potentiel fédérateur considérable.
Il ne s’agit pas de contester les mesures de sécurité, mais d’interroger la place du public dans une manifestation qui revendique une dimension communautaire.
En conclusion, il est possible d’admirer sincèrement le projet de Clemquicourt, de saluer son engagement pour l’association Rêves et de se réjouir de voir autant de champions réunis, tout en regrettant que les supporters n’aient pas davantage leur place sur le terrain.
La réussite du créateur de contenu repose aussi sur cette communauté qui a suivi ses aventures, partagé ses vidéos et contribué à sa notoriété. La présence de 50 abonnés sur la ligne de départ témoigne de sa volonté de les associer au projet, mais elle ne répond pas entièrement aux attentes de ceux qui auraient simplement aimé venir encourager les coureurs.
Car le trail ne se résume pas à une performance ni à des images diffusées sur un écran. Il se vit aussi dans les rencontres, les applaudissements, les échanges improvisés au bord des chemins et les émotions partagées entre des inconnus.
Les « 25 heures qui courent » promettent un formidable spectacle. Mais pour un événement qui veut faire rayonner le trail bien au-delà de ses frontières habituelles, il est dommage que la majorité des supporters ne puisse en partager l’ambiance que derrière un écran.
Espérons que cette première édition ouvrira la voie à une réflexion sur la place du public dans les futures manifestations de ce type. Ce serait une manière supplémentaire de faire grandir le trail, sans perdre ce qui fait sa force : sa dimension populaire et collective.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.










