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🎧 Ce vendredi 6 novembre 2026, Clément Deffrenne, alias Clemquicourt, organise les « 25 heures qui courent », une backyard caritative réunissant une centaine de participants, des champions du trail aux influenceurs les plus populaires d’Internet. Mais pour construire cet événement, le créateur de contenu ne s’est pas contenté de réunir des coureurs et de prévoir une retransmission sur Twitch. Il a aussi développé tout un univers autour de sa course, avec des tickets d’or, des présentations de participants qui rappellent les cartes à collectionner et une communication inspirée des codes du jeu et du divertissement.
Pour les habitués de l’ultra-trail, le concept peut surprendre. Il ne s’agit plus seulement de connaître la distance, le dénivelé, le règlement ou les favoris. Les « 25 heures qui courent » invitent également leur public à entrer dans une histoire, à découvrir des personnages et à comprendre des codes qui ne viennent pas tous du sport. Une manière de raconter le trail très différente de celle des courses traditionnelles, mais qui correspond à la culture numérique dans laquelle Clemquicourt a construit sa popularité.
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Avec les « 25 heures qui courent », Clemquicourt ne se contente pas d’organiser une backyard
Sur le plan sportif, le principe reste relativement simple. Les participants doivent terminer une boucle avant le départ suivant, donné une heure plus tard. Ceux qui ne parviennent plus à respecter cette contrainte quittent progressivement la course, dans la limite des 25 heures prévues par l’organisation.
Mais la communication autour de l’événement est beaucoup plus élaborée que celle d’une compétition classique.
Depuis l’annonce du projet, Clemquicourt a multiplié les présentations, les révélations de participants et les références à l’univers du divertissement. Son objectif n’est pas uniquement de convaincre des traileurs de suivre une course : il cherche aussi à intéresser des spectateurs qui ne connaissent pas forcément la discipline.
Le casting participe à cette construction. Ludovic Pommeret, Mathieu Blanchard, Blandine L’Hirondel ou Théo Detienne partagent l’affiche avec Tibo InShape, Domingo, Baghera Jones et d’autres créateurs de contenu.
Dans un trail traditionnel, ces sportifs seraient avant tout présentés à travers leurs palmarès. Ici, leur présence devient également un élément d’un ensemble plus vaste, où chaque personnalité peut attirer sa communauté et contribuer à l’histoire de l’événement.
Le vocabulaire et les définitions des 25 heures qui courent
Les tickets d’or : quand un dossard de trail devient une récompense à décrocher
C’est l’une des idées les plus caractéristiques de l’univers imaginé par Clemquicourt : les fameux tickets d’or.
Sur les 100 places prévues au départ, 50 ont été réservées à des membres de sa communauté. Pour sélectionner ces participants, l’organisation a utilisé un système de tickets d’or, une appellation qui évoque davantage les jeux, les récompenses exceptionnelles et les univers de fiction qu’une procédure d’inscription sportive traditionnelle.
Dans une course classique, un coureur obtient généralement son dossard en s’inscrivant, en participant à un tirage au sort ou en satisfaisant à certains critères sportifs. Ici, l’accès à l’événement a aussi été présenté comme une opportunité particulière offerte à la communauté du créateur.
Le vocabulaire change donc la perception de la participation. Le dossard n’est plus seulement une inscription : il devient une récompense convoitée, qui permet de rejoindre un rassemblement exceptionnel et de courir aux côtés de personnalités connues.
Cette mécanique possède un double intérêt. Elle suscite de l’attente autour de l’événement et permet à des coureurs amateurs de vivre une expérience qu’ils n’auraient pas nécessairement pu partager dans une compétition réservée aux élites.
Elle crée aussi une dimension émotionnelle supplémentaire : obtenir sa place, découvrir les autres participants, puis se retrouver sur la même ligne de départ que ses idoles font partie intégrante du récit.
Des cartes façon Pokémon pour présenter les participants : le trail emprunte les codes du jeu
Autre élément de cet imaginaire : la présentation des participants à travers des visuels qui évoquent les cartes à collectionner, et notamment l’univers Pokémon.
Le rapprochement est parlant. Dans une compétition de trail classique, la présentation d’un favori repose généralement sur une photographie, son nom, son équipe, son indice de performance et ses principaux résultats.
Dans la culture des cartes à collectionner, un personnage est au contraire mis en scène à travers une identité visuelle immédiatement reconnaissable. Ce type de présentation donne envie de découvrir les différents profils et de comparer les personnalités, même lorsque l’on ne connaît pas leur parcours sportif.
Pour les « 25 heures qui courent », cette logique prend tout son sens. Le public réunit à la fois des passionnés d’ultra-endurance, qui connaissent les palmarès des athlètes, et des internautes venus suivre leurs créateurs préférés.
Une présentation ludique permet de faire dialoguer ces deux publics. Un spectateur habitué à Twitch peut découvrir Ludovic Pommeret, tandis qu’un amateur de trail peut s’intéresser à un vidéaste dont il n’avait jamais entendu parler.
Le procédé contribue également à transformer les participants en personnages identifiables d’un même événement. La performance reste importante, mais la personnalité et la manière de raconter chaque coureur prennent une place nouvelle.
Il ne s’agit évidemment pas de prétendre que la course fonctionne selon les règles d’un jeu de cartes. C’est son habillage et sa façon de présenter les protagonistes qui empruntent à cet imaginaire.
Un vocabulaire à mi-chemin entre trail, jeu et culture Internet
Les « 25 heures qui courent » se distinguent aussi par le mélange de plusieurs registres de langage. Les termes traditionnels de l’ultra-endurance côtoient ceux de Twitch et les expressions destinées à créer un sentiment d’appartenance à l’événement.
Pour comprendre cette rencontre entre plusieurs univers, voici les principaux mots et expressions à connaître.
Tableau récapitulatif
| Expression | Ce qu’elle signifie |
|---|---|
| Backyard | Format d’ultra-endurance dans lequel les participants doivent terminer une boucle dans l’heure avant de repartir. Les 25 heures qui courent en proposent une version adaptée. |
| Ticket d’or | Dispositif utilisé pour attribuer les places réservées aux membres de la communauté de Clemquicourt. |
| Cartes façon Pokémon | Référence visuelle aux cartes à collectionner pour présenter les personnalités associées à l’événement. |
| Live | Retransmission vidéo en direct, ici sur Twitch, permettant aux internautes de suivre la course et ses coulisses. |
| Chat | Espace de discussion sur Twitch dans lequel les spectateurs peuvent échanger pendant la retransmission. |
| Communauté | Ensemble des personnes qui suivent le créateur sur les réseaux sociaux, dont certaines ont pu obtenir une place au départ. |
| Ravito | Abréviation courante de ravitaillement. Dans ce type d’épreuve, c’est le moment où les coureurs récupèrent et s’alimentent entre deux départs. |
infographie pour retenir les définitions
Ces expressions ne constituent pas toutes un lexique inventé par Clemquicourt. Certaines appartiennent depuis longtemps au trail, d’autres au streaming ou à la culture du jeu. L’originalité réside dans leur association au sein d’un seul événement.
Pourquoi Clemquicourt construit-il un imaginaire autour de sa course ?
La réponse tient en partie à la manière dont les créateurs de contenu mobilisent aujourd’hui leurs communautés.
Un événement sportif traditionnel cherche d’abord à réunir des participants autour d’un parcours, d’un règlement et d’un classement. Les spectateurs s’y intéressent ensuite en fonction des performances, de la difficulté de l’épreuve et de la notoriété des athlètes.
Un événement imaginé pour Internet fonctionne également à travers une succession de rendez-vous : l’annonce du projet, la révélation du casting, les possibilités de participation, les contenus préparatoires et enfin la diffusion en direct.
Chaque étape entretient l’intérêt des abonnés avant même le début de la course. Les tickets d’or donnent une dimension particulière à la sélection des participants. Les présentations ludiques rendent les personnalités plus accessibles. Le vocabulaire contribue à créer un univers commun que les spectateurs peuvent s’approprier.
Cette stratégie rappelle certains mécanismes utilisés dans les grands événements de divertissement diffusés sur Internet, où le récit commence plusieurs semaines avant le rendez-vous principal.
Mais dans le cas de Clemquicourt, l’épreuve physique reste bien réelle. Les coureurs devront affronter la fatigue, l’enchaînement des boucles et les difficultés de l’ultra-endurance, indépendamment de leur popularité sur les réseaux sociaux.
Avec les 25 heures qui courent, les champions du trail deviennent aussi des personnages du spectacle
C’est peut-être là que se situe l’évolution la plus intéressante.
Pour suivre l’UTMB, la Diagonale des Fous ou la Hardrock, les passionnés s’intéressent naturellement aux performances des athlètes et aux caractéristiques des parcours. Avec les « 25 heures qui courent », les spectateurs sont aussi invités à suivre des personnalités, leurs échanges et leurs réactions dans une expérience collective.
Un champion peut être découvert par des millions de personnes qui ne connaissent pas son palmarès. À l’inverse, un influenceur très populaire peut se retrouver confronté à des difficultés sportives que son audience n’a jamais eu l’occasion d’observer.
Cette rencontre modifie la manière dont les participants sont présentés. Ils ne sont plus uniquement des noms inscrits sur une liste de départ, mais aussi des protagonistes d’un événement construit pour être raconté pendant 25 heures.
Ce changement peut interroger les amateurs attachés à une vision traditionnelle du trail, où la performance, la montagne et la simplicité occupent une place centrale. Il peut aussi contribuer à rendre cette discipline plus compréhensible et plus attractive auprès d’un nouveau public.
Un univers ludique, mais une véritable course d’ultra-endurance
Il ne faudrait toutefois pas réduire les « 25 heures qui courent » à leur habillage médiatique.
Malgré les tickets d’or, les références aux cartes à collectionner et les codes du streaming, les participants vont devoir enchaîner les efforts pendant une durée pouvant atteindre 25 heures. La fatigue, les problèmes d’alimentation et la difficulté de repartir après chaque pause feront partie intégrante de l’expérience.
La dimension caritative est également centrale, puisque l’événement soutient l’association Rêves, qui réalise les rêves d’enfants et d’adolescents gravement malades.
Clemquicourt a ainsi choisi de rendre le trail accessible à travers un langage qui dépasse celui des compétitions classiques. Son événement ne s’adresse pas seulement aux coureurs qui savent interpréter un dénivelé ou un classement. Il cherche aussi à capter l’attention de personnes qui découvrent l’ultra-endurance par le prisme du divertissement.
Finalement, l’originalité des « 25 heures qui courent » ne repose pas uniquement sur leur casting exceptionnel. Elle tient aussi à cette façon d’emprunter au jeu, à la culture Internet et à la création de contenu pour raconter une véritable aventure sportive. La frontière entre une course de trail et un grand événement de streaming n’a peut-être jamais été aussi mince.
Sources
- communications autour des « 25 heures qui courent » ;
- Le Monde, 6 novembre 2026 ;
- présentation de l’événement et de son système de tickets d’or ;
- archives u-Trail.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.










