🎧 Vincent Bouillard, en remportant la Western 100 ce week-end, est le premier français à inscrire son nom sur la liste des vainqueurs de l’épreuve.
L’absence des Français au palmarès de la Western était une anomalie : dans un sport où la France pèse lourd, ce gros morceau restait obstinément hors de portée
Il y avait une sorte de plafond de verre, ou de malédiction, et voilà que Vincent Bouillard arrive, et met tout le monde d’accord.
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Référence trail sur la Western States
| Année | Coureur | Classement | Temps | Remarque |
|---|---|---|---|---|
| 2026 | Vincent Bouillard | 🥇 1er | 13 h 46 min 16 s | Victoire et record de la course, premier Français à remporter la Western States |
| 2018 | François D’Haene | 🥈 2e | 15 h 54 min 53 s | Meilleur résultat français avant Bouillard |
| 2023 | Ludovic Pommeret | 🥉 3e | 15 h 16 min 38 s | Premier podium français depuis D’Haene |
| 2023 | Mathieu Blanchard | 7e* | 16 h 30 min 41 s | Première participation à la Western States |
Pourquoi la Western fait si peur aux Français ?
Des Français qui se sont essayés à la Western, il y en a eu. On pense à François d’Haene, ou plus récemment à Ludovic Pommeret et Mathieu Blanchard en 2023.
Mais jusque-là, pas de succès tricolore. Il faut dire que cette Western ne ressemble pas beaucoup aux courses auxquelles on est habitué. Avec seulement 5500 m de D+, elle a déjà la particularité d’être roulante. Ensuite, la température dans les canyons californiens, souvent au-delà des 40°, est une véritable épreuve dans l’épreuve.
Et on sait que c’est une course qui ne pardonne pas le moindre écart parce qu’elle se court vite.
Alors oui, la Western est plutôt différente des ultra français type UTMB ou Diag’, et cela explique pourquoi elle reste inaccessible aux coureurs tricolores. Jusqu’à un certain Vincent Bouillard.
Vincent Bouillard, une approche différente
Bouillard n’a pas gagné en jouant au héros et en prenant la première place dès les premiers kilomètres. Au contraire, il a construit sa course, attendu le bon moment, puis accéléré quand il fallait, soit bien après la mi-course et les abandons de Walmsley et Jornet. Résultat : victoire en 13 h 46 min 16 s et record de l’épreuve à la clé. Ce genre de succès rappelle une chose simple : le trail récompense autant l’intelligence que la puissance.
Son succès n’est pas un hasard. Après son UTMB 2024 et une montée en puissance confirmée sur les courses suivantes, Bouillard arrive à la Western States avec une vraie maturité et une expérience de la distance qu’il n’avait même pas sur l’UTMB.
Reconnaissons aussi qu’il profite de l’abandon quasi simultané de deux prétendants majeurs, ce qui a ouvert la course et élevé encore le niveau d’exigence. Tout le monde voulait croquer le gâteau, la moyenne horaire a augmenté, et voilà 4 hommes qui battent le précédent record. L’émulation de la course, il a su la gérer de main de maître.
Vincent Bouillard a réussi là où les autres ont échoué : dans la gestion de leur course, et la capacité à saisir les opportunités au vol.
En résumé, avec cette victoire, c’est le complexe d’infériorité des Français sur cette grande course qui vient de s’envoler.
Si Vincent l’a fait, beaucoup se diront qu’il en a aussi le niveau. On pense en particulier à Thomas Cardin qui venait à la Western pour découvrir le format, et qui repart certes 4e, mais en ayant lui aussi explosé le précédent record détenu par Jim Wamsley.
Mais ce que Vincent Bouillard a aussi réussi, et sur un tout autre registre, c’est d’avoir su rester fidèle à ses valeurs, malgré le succès et ses victoires. Ses engagements politiques et sociétaux, son ouverture sur le monde, son attachement à des valeurs de respect de l’environnement, tout cela ne sonne pas chez lui comme une belle publication Instagram rémunérée, mais comme un engagement profond.
Le plus grand exploit de Vincent Bouillard n‘est peut-être pas cette victoire sur la Western, mais d’avoir su nous réconcilier avec le discours d’un traileur élite qui parle enfin d’autre choix que de ses publications sponsorisées.
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