Une course qui ne veut surtout pas devenir un grand événement comme l’UTMB
Dans le trail, la réussite d’une épreuve se mesure souvent à sa croissance : davantage de participants, davantage de formats, davantage de partenaires et parfois une internationalisation progressive.
À Vallorcine, le raisonnement est différent. La Grimpette des Posettes veut rester un rendez-vous lié à la fête du village. Romaric Gauthier, président du Chamonix-Mont-Blanc Marathon, explique au Dauphiné Libéré que l’objectif n’est pas de transformer cette épreuve en nouvelle grosse machine du trail.
La jauge restera ainsi fixée à 400 coureurs maximum.
En 2025, pour la première édition, 277 personnes avaient participé. Il resterait donc encore de la marge pour accueillir davantage de monde, mais les organisateurs ont déjà posé une limite.
Même le mot « ultra » a disparu du nom de la course
Cette volonté apparaît jusque dans le changement de nom. Lors de sa création, l’épreuve s’appelait l’Ultra montée des Posettes. Un an plus tard, elle devient simplement la Grimpette des Posettes.
Le changement pourrait sembler anecdotique. Il traduit pourtant assez bien la philosophie recherchée.
Selon Romaric Gauthier, le terme « ultra » donnait l’image d’une compétition aux ambitions beaucoup plus importantes que celles réellement poursuivies par les organisateurs. Le nouveau nom paraît presque volontairement modeste : une « grimpette », alors que l’effort proposé n’a pourtant rien d’anodin.
712 mètres de dénivelé positif en seulement 3,4 kilomètres
Les coureurs doivent grimper 3,4 kilomètres pour 712 mètres de dénivelé positif sur un sentier situé sous la télécabine de Vallorcine.
Une fois arrivés en haut, ils redescendent en télécabine avant de recommencer. Et ils peuvent répéter l’opération pendant plusieurs heures.
Quatre formats sont proposés, avec une montée sèche puis des épreuves de trois, quatre ou six heures. Une course destinée aux enfants de 7 à 14 ans, baptisée la « Grimpounette », complète le programme.
Derrière son nouveau nom très sage, la Grimpette des Posettes reste donc un sérieux exercice de dénivelé.
À quelques jours de l’UTMB, le contraste est forcément frappant
La localisation donne surtout une dimension particulière à ce choix. Vallorcine se trouve directement sur le parcours de l’UTMB et devient chaque année l’un des lieux les plus animés de la course. Lors du passage des coureurs, l’ambiance autour du ravitaillement peut être spectaculaire.
Quelques jours auparavant, le même village accueille donc une épreuve qui revendique presque l’exact opposé : peu de participants, une organisation locale et aucune volonté de changer d’échelle.
Il ne s’agit évidemment pas d’opposer artificiellement les deux événements. Ils n’ont ni la même histoire, ni le même objectif, ni le même public. Mais leur coexistence raconte assez bien les deux visages que peut aujourd’hui prendre le trail autour de Chamonix.
D’un côté, des événements devenus internationaux. De l’autre, des rendez-vous qui considèrent justement que leur réussite consiste à ne pas devenir plus gros.
Ici, la croissance n’est pas considérée comme une obligation
C’est sans doute ce qui rend cette petite course intéressante au-delà de son classement.
Dans beaucoup d’événements sportifs, dépasser rapidement plusieurs centaines de participants serait présenté comme un objectif naturel. Ici, les organisateurs posent au contraire un plafond et semblent vouloir protéger ce qui fait l’identité du rendez-vous.
Les bénéfices réalisés lors de la première édition ont notamment permis de financer un stage pour des jeunes du village.
Le modèle revendiqué reste donc très local : une course intégrée à la fête de Vallorcine, des participants qui enchaînent les montées et une journée qui se termine avec le banquet du village et un concert.
À quelques kilomètres seulement des événements les plus médiatisés du trail mondial, la Grimpette des Posettes défend finalement une idée devenue presque originale : une course n’a pas nécessairement besoin de grandir pour réussir.
Source
- article de Baptiste Savignac publié dans Le Dauphiné Libéré le 12 août 2026.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.
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