Quand une douleur apparaît au genou en pleine préparation trail, la panique n’est jamais loin. Surtout si l’objectif approche. La tentation est forte de chercher une solution miracle pour “guérir vite” et reprendre le plan là où on l’a laissé. Mais une tendinite, surtout au genou, ne se traite ni à la légère ni dans la précipitation. Avant toute chose, rappelons une évidence : un entraîneur ne remplace pas un professionnel de santé. Si la douleur persiste, s’aggrave ou modifie ta façon de courir, un avis médical reste indispensable. Cela posé, on peut déjà remettre un peu d’ordre dans les idées reçues.
Faut-il vraiment faire un repos total ?
Le réflexe classique, c’est l’arrêt complet. Pourtant, en course à pied et en trail, l’immobilisation stricte n’est pas toujours la meilleure option. Une tendinite du genou – souvent rotulienne ou liée au fascia lata chez les traileurs – apparaît généralement après une surcharge : augmentation du volume, travail en descente, terrain technique, changement de chaussures ou fatigue accumulée. Couper totalement plusieurs semaines sans stratégie peut entraîner une perte de tonicité musculaire et rendre la reprise plus compliquée. Dans la majorité des cas, on privilégie plutôt :
- une réduction nette du volume et de l’intensité
- la suppression temporaire des descentes et du travail explosif
- un travail de renforcement ciblé (quadriceps, fessiers, gainage)
- éventuellement du vélo doux ou de la natation pour maintenir le cardio sans impact
Le mot-clé, c’est adaptation, pas abandon.
Les dents sont-elles responsables de 90 % des tendinites ?
Non. Il existe bien des liens entre infections chroniques et inflammations à distance dans l’organisme. Une infection dentaire non traitée peut, dans de rares cas, entretenir un état inflammatoire général. Mais affirmer que la grande majorité des tendinites proviennent des dents est scientifiquement infondé. Chez les traileurs, les causes les plus fréquentes restent mécaniques :
- surcharge d’entraînement
- déséquilibres musculaires
- déficit de récupération
- mauvaise gestion des cycles charge / décharge
- biomécanique de course perfectible
Aller chez le dentiste pour un contrôle ne fera jamais de mal. Mais croire qu’une petite carie est responsable de toutes les douleurs du genou serait simpliste.
Comment guérir plus vite en restant traileur ?
Si l’objectif est de revenir rapidement sur les sentiers, la stratégie doit être intelligente. D’abord, identifier le type exact de tendinite : rotulienne, quadricipitale, bandelette ilio-tibiale. Le traitement et les exercices varient selon la localisation. Ensuite, travailler la cause plutôt que le symptôme. Un traileur qui enchaîne les descentes techniques sans renforcement spécifique des quadriceps s’expose à la tendinite rotulienne. Un coureur qui augmente brutalement son volume hebdomadaire s’expose à une inflammation par surcharge. Le vrai levier, c’est souvent la planification. Un corps n’est pas une machine. Il encaisse, compense, puis finit par envoyer un signal d’alerte. La douleur est un message, pas un ennemi.
En résumé, pour soigner un début de tendinite au genou :
- Ne pas paniquer
- Adapter l’entraînement au lieu de tout arrêter sans réflexion
- Travailler le renforcement et la mobilité
- Consulter si la douleur persiste
- Revoir la gestion de la charge
En trail, la progression durable repose sur l’équilibre. Chercher à guérir “vite” sans comprendre pourquoi la douleur est apparue, c’est souvent préparer la rechute. Et parfois, la meilleure décision pour performer plus tard… c’est d’accepter de ralentir aujourd’hui.
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