Vous allez voir, les arguments avancés par Catherine Poletti se tiennent. Je suis comme vous, à priori pas fan. Dacia, la marque ne me fait pas rêver. Mais au final, quand on y réfléchit, l’association UTMB et Dacia n’est mauvaise du tout. Financièrement parlant, elle fait sens.
Par Gaël Dutigny, en Nouvelle-Zélande sur le Tarawera Ultra-Trail by UTMB.
The North Face # Dacia
Dacia, c’est moins glamour que The North Face, présent dès le départ de l’aventure UTMB, et qui avait tout de suite acheté le droit de mettre son nom à côté de celui de l’évènement.
Interview video : Catherine Poletti revient sur la polémique liée au naming « Dacia UTMB »
naming Dacia
En marketing sportif, ça s’appelle du naming. Dacia (automobile), c’est aussi ce qu’on appelle du sponsoring non-endémique, c’est à dire qui n’est pas du même univers que l’UTMB, The North Face, Colombia ou encore Hoka, toutes des marques de sports outdoor. Faites le tour des stades de vos équipes de foot préférées : vous allez voir que le glamour n’est pas la priorité number one dans ce genre de mariage : Emirates Stadium, Allianz Stadium, Groupama Stadium, Orange Vélodrome – Marseille… Plus proche de nous, on connais tous le Schneider Electric Marathon de Paris ou encore le TCS Marathon de New-York.
Tous ces noms, c’est de l’argent, beaucoup d’argent.
Ne cherchez pas plus loin les raisons de cette association entre l’UTMB Mont-Blanc et Dacia, le low cost de Renault qui fût un temps le fer de lance industriel de Nicolae Ceaușescu, le tyran roumain condamné et executé pour avoir organisé un génocide de sa population (60 000 victimes).
L’argent donc. Les euros. Les dollards. Les pépètes. La caillasse. Le pèze. Bref, le nerf de la guerre.
Les Poletti produisent une organisation extraordinaire et un superbe spectacle.
Leur event est un succès, ils créent de la richesse à tous les niveaux, notamment des emplois, ils gagnent de l’argent. Ça ne me choque pas. Au contraire…
C’est une belle réussite à la française.
70 emplois en France et nombre d’autre à l’international via Ironman qui a même sû séduire les Américains. Alors, de combien parle-t-on ? On imagine sans mal plusieurs centaines de milliers d’euros, peut-être même un million d’euros, ou deux. Par an. Oui, oui, par an. Voilà. Pas de quoi fouetter un mammouth.
On peut critiquer le modèle de développement rapide à l’international de l’UTMB Group, le thème est à la mode chez les râgeux Américains qui se prennent pour le centre du monde et se défoulent sur les réseaux sociaux. On peut ne pas aimer la personnalité des Poletti, Catherine est directe c’est le moins qu’on puisse dire, et parfois maladroite, peut-être. Très bien. On peut aussi avoir un avis sur les mesures prises par les équipes UTMB Mont-Blanc pour protéger l’environnement des pics et des vallées. D’accord.
On peut enfin se dire qu’on aurait préféré voir une marque de voiture de prestige en naming au lieu d’une low cost comme Dacia – qui se souvient comme moi des Nissan Outdoor Games de Chamonix ? On peut en discuter.
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