Depuis le 18 juillet 2026, elle s’attaque à la Grande Traversée des Alpes sur le GR5, entre Thonon-les-Bains et Nice. Un monstre d’environ 630 kilomètres et 35 000 mètres de D+, qu’elle espère boucler assez vite pour faire tomber le temps de référence féminin, fixé à 7 jours, 20 heures et 23 minutes.
Au-delà de la performance, c’est un projet de vie pour celle qui a fait de la montagne son terrain de jeu quotidien. Mais à l’approche de la Méditerranée, la montre dicte sa loi. Ce samedi 25 juillet à 20 h 32, son GPS affichait 587 bornes au compteur et près de 32 000 mètres de dénivelé positif. Reste à savoir si elle ralliéra Nice avant la limite fatidique de 4 h 22 dimanche matin.
Nouchka Simic est dans le dur sur les dernières heures de la Grande Traversée des Alpes
Après une semaine dans les cailloux et les sentiers alpins, la septième journée confirme ce que l’on redoutait : le vrai juge de paix n’est plus le profil de l’étape, mais l’accumulation d’une fatigue monumentale.
Samedi matin, son clan signalait son passage au kilomètre 540 vers 6 h 15, au terme d’une fin de nuit cauchemardesque, plombée par « beaucoup de fatigue » et des douleurs de partout. S’en est suivie une petite heure de pause salvatrice pour repartir vers 7 h 15.
Les derniers visuels partiqués en disent long sur l’état de l’athlète. Vers le kilomètre 550, elle confiait être « l’ombre d’elle-même » et « au bout du rouleau », ce qui ne l’a pas empêchée de continuer à grignoter du terrain vers le Sud.
Cette abnégation lui a permis d’avancer encore un bon paquet de kilomètres dans la journée. À 20 h 32, OpenRunner pointait 587 kilomètres pour 31 980 mètres de D+ en 7 jours, 12 heures et 37 minutes.
Sur la trace officielle de 614 kilomètres, la délivrance est donc théoriquement à environ 27 kilomètres de là.
Le topo chrono : boucler ça avant 4 h 22 dimanche
Le calcul est limpide. Le record à battre est de 7 jours, 20 heures et 23 minutes. Partie de Thonon le samedi 18 juillet à 7 h 59, Nouchka doit couper la ligne avant 4 h 22 ce dimanche 26 juillet pour s’emparer de la marque.
À 20 h 32 samedi, il lui restait 7 h 50 sur sa montre. Avec 27 kilomètres à avaler selon la trace, elle doit tenir une moyenne d’environ 3,45 km/h, arrêts compris.
Une allure tout à fait jouable, même après près de 600 bornes dans les jambes. Pas besoin de miracles ni de sprint final, juste de garder le rythme. Vu ce qu’elle encaisse depuis le matin, Nouchka tient la baraque et peut clairement aller chercher ce record.
À quelle heure va arriver Nouchka Simic à Nice ?
C’est la grande question qui agite la fin de ce périple. Difficile de donner une heure pile : après une semaine pareille, la vitesse oscille constamment selon les descentes, les ravitaillements express ou le besoin urgent de s’asseoir deux minutes.
D’après les éléments de samedi soir,
une arrivée au cœur de la nuit semble le scénario le plus crédible. En gardant son petit 3,5 km/h de moyenne, elle en a pour un peu moins de huit heures, ce qui l’amènerait à Nice autour de 4 heures du matin.
Rien n’est gravé dans le marbre pour autant. Si le terrain s’ouvre et qu’elle retrouve un second souffle, elle pourrait devancer l’horaire. À l’inverse, la machine grince : un coup de pompe, une pause un peu trop longue ou des douleurs trop vives peuvent plomber sa marge en un rien de temps.
À ce stade, le vrai suspense n’est plus de savoir si elle sait marcher 27 bornes en moins de huit heures, mais si son corps tiendra le choc assez longtemps.
Attention aux chiffres : 614 km ou 630 km
Petite nuance tout de même avant d’enterrer les doutes. Le projet a été vendu sur une base d’environ 630 kilomètres et 35 000 mètres de D+, alors que le fichier OpenRunner affiche plutôt 614 kilomètres et 31 939 mètres de D+.
Son équipe continue d’ailleurs de tabler sur la distance initiale — l’annonce du « km 540/630 km » samedi matin en témoigne. Les 27 kilomètres restants calculés ici se basent sur l’écart avec la trace OpenRunner : c’est une estimation pure, pas la distance officielle du parcours réel.
Voilà pourquoi tout le monde reste prudent sur l’horaire exact. Le team de Nouchka prévient qu’il donnera le feu vert officiel dès que les compteurs seront formels.
En résumé, le record est au bout des baskets et Nouchka peut le faire
Quoi qu’il en soit, le bilan du moment tient en trois mots : oui, Nouchka est dans les clous.
La fatigue rend la suite imprévisible, mais le tempo requis pour pointer à Nice avant 4 h 22 reste à sa portée. Une sacrée performance pour celle que l’on venait surtout chercher pour ses conseils en nutrition et ses recettes sur les réseaux sous la casquette Nouchka Diet.
Après un tel raid au cœur des Alpes, la dimension athlétique a largement pris le pas sur le simple coup de com’ numérique. Si elle bascule sous la barre des 7 jours, 20 heures et 23 minutes, elle s’offrira ni plus ni moins que le record féminin de la traversée.
Et à quelques heures du terme, l’exploit est plus que jamais à portée de main.