🎧 Les incendies se multiplient et que Bordeaux est menacé.
Écouter le résumé de l’article — Durée totale : 0:41
Les fumées peuvent être transportées sur plusieurs dizaines de kilomètres et dégrader la qualité de l’air bien au-delà du front de feu. Pour un coureur, le problème est accentué par l’effort : la ventilation augmente fortement, tout comme la quantité de particules fines inhalées. Avant de partir courir ou de maintenir une sortie trail, plusieurs indicateurs permettent d’évaluer objectivement le niveau d’exposition.
Regarder les indices officiels de qualité de l’air
Regarder d’abord les indices officiels de qualité de l’air, avant même de regarder le ciel. Il faut aller sur les sites de référence ou les applis de sa région pour consulter les concentrations de particules fines (PM2,5 et PM10). Ça donne la mesure exacte de la pollution invisible qui stagne sur la zone, bien au-delà de ce que les yeux peuvent voir. La règle est simple : si les seuils sont dépassés ou indiquent une mauvaise qualité d’air, la séance est zappée ou annulée.
Analyser la direction et la trajectoire du vent
Analyser ensuite la direction et la trajectoire du vent. Il ne faut pas seulement regarder où est le feu sur une carte, mais regarder où va le vent car les fumées voyagent sur des dizaines de kilomètres selon les flux d’air et le relief. Deux coureurs situés à la même distance d’un incendie ne respirent pas la même chose selon qu’ils sont sous le vent ou protégés par une crête. Si les prédictions météo envoient le panache de fumée directement sur le parcours de trail, il faut changer de secteur ou rester au chaud.
Utiliser le repère visuel de la visibilité
Utiliser le repère visuel de la visibilité s’il n’y a pas de données sous la main en faisant au jugé et en testant la portée de la vue. Il faut repérer un sommet ou un point lointain dont la distance exacte est connue, car plus un voile de fumée réduit la distance à laquelle on voit net, plus la concentration de particules est dense dans l’atmosphère. Si le paysage est voilé ou que l’horizon habituel a disparu, c’est que la densité de suie dans l’air est déjà trop haute pour forcer dessus.
Écouter les signaux d’alerte de son propre corps
Écouter enfin les signaux d’alerte de son propre corps pendant la sortie en testant ses sensations aux premières foulées, une odeur de brûlé ou un pic de pollution local pouvant arriver en cours de route si le vent tourne. Les bronches et les yeux réagissent instantanément à l’agression chimique des fumées. En cas de toux inhabituelle, de gorge qui pique, d’yeux qui brûlent, de sifflements ou d’essoufflement anormal, il faut arrêter net. S’obstiner parce qu’il reste cinq kilomètres, c’est le meilleur moyen de se flinguer les poumons pour des semaines.
| Critère d’évaluation | Ce qu’il faut regarder | Quand renoncer à courir |
|---|---|---|
| Qualité de l’air | Indices officiels, concentrations en PM2,5 et PM10, alertes locales | Dès que la qualité de l’air est annoncée mauvaise ou qu’un épisode de pollution est signalé |
| Direction du vent | Sens du vent entre l’incendie et votre parcours, évolution prévue pendant la sortie | Si le vent pousse directement les fumées vers votre secteur |
| Visibilité | Présence d’un voile, horizon moins net, disparition d’un relief habituellement visible | Si la visibilité se dégrade nettement à cause des fumées |
| Odeur de brûlé | Apparition ou renforcement d’une odeur de fumée pendant la sortie | Si l’odeur devient marquée ou augmente au fil des kilomètres |
| Sensations respiratoires | Toux, gorge irritée, oppression, sifflements, essoufflement inhabituel | Arrêt immédiat dès l’apparition de symptômes respiratoires |
| Yeux et muqueuses | Picotements, yeux rouges, larmoiements, irritation du nez ou de la gorge | Si l’irritation apparaît ou s’intensifie pendant l’effort |
| Restrictions officielles | Arrêtés préfectoraux, fermetures de massifs, consignes des communes et gestionnaires | Si le secteur est fermé : aucune sortie, même si l’air semble correct |
Infographie incendies : comment évaluer s’il y a trop de fumées pour aller courir ?
Sources
Les indicateurs de pollution et les seuils sanitaires reposent sur les données de l’Anses, de Santé publique France, de l’OMS et des associations agréées de surveillance de la qualité de l’air. Pense à vérifier les interdictions d’accès auprès des préfectures avant toute sortie en milieu naturel.
Lire aussi
- Incendies : pourquoi courir même à 50 km d’un feu de forêt peut ruiner vos poumons pour des mois
- Incendies : la modification de la dernière étape du Tour de France fait craindre l’annulation des trails






