🎧 Les organisateurs de trail n’ont pas honte… le mail scandaleux de France Outdoor
Cet article s’adresse tout particulièrement aux organisateurs de trail dont nous ne comprenons pas la position.
Pourquoi le mail de France Outdoor, le représentant des organisateurs de trail, est un pur scandale ?
Qui est France Outdoor ?
France Outdoor est une association professionnelle qui représente les acteurs de l’événementiel sportif outdoor en France. Elle rassemble notamment des organisateurs de trails, de courses nature, de raids, de triathlons et différents prestataires du secteur.
Son rôle est de défendre les intérêts de ses adhérents auprès des pouvoirs publics, de promouvoir les activités outdoor et d’accompagner les organisateurs sur les questions réglementaires, environnementales ou sécuritaires.
C’est précisément pour cette raison que la phrase appelant à « dissuader les autorités d’appliquer le principe de précaution » suscite aujourd’hui autant de réactions après les décès et les nombreux malaises recensés lors du week-end de Pentecôte.
Parce qu’on a déjà vu cette logique pendant le Covid
Ce passage du mail de France Outdoor rappelle inévitablement des mécanismes observés pendant la crise sanitaire.
À l’époque, l’annulation d’un événement sportif n’était jamais une décision neutre. Derrière chaque course se trouvaient des mois de préparation, des engagements contractuels, des partenaires, des prestataires, des collectivités et parfois plusieurs centaines de milliers d’euros déjà investis. Dans ce contexte, beaucoup d’organisateurs se retrouvaient dans une position délicate : annuler eux-mêmes signifiait souvent assumer seuls les conséquences financières de cette décision.
C’est la raison pour laquelle nombre d’entre eux attendaient une décision préfectorale ou gouvernementale. Lorsque l’interdiction venait de l’État, la situation changeait. La responsabilité était partagée, la notion de force majeure pouvait être invoquée et le coût de l’annulation devenait plus facile à gérer.
Bien entendu, la situation actuelle n’est pas comparable au Covid. Mais le raisonnement de fond semble parfois similaire. Face à des conditions météorologiques de plus en plus extrêmes, certains acteurs donnent le sentiment de préférer que la décision finale soit prise par les autorités plutôt que d’assumer eux-mêmes un report ou une annulation.
C’est précisément pour cette raison que la phrase de France Outdoor interpelle. Car après les événements du week-end dernier, on aurait pu s’attendre à un appel à la prudence maximale. À la place, c’est la crainte d’une application trop rapide du principe de précaution qui apparaît au premier plan.
Parce que le jour où il y aura trop de morts, tout le monde paiera l’addition
C’est probablement l’aspect le plus paradoxal de cette affaire.
À court terme, l’objectif est compréhensible : préserver les événements, éviter les annulations et permettre aux courses de se tenir malgré des conditions parfois compliquées. Mais à plus long terme, cette stratégie pourrait produire exactement l’effet inverse de celui recherché.
Car si les drames se multiplient, les pouvoirs publics finiront forcément par réagir. Les préfectures deviendront plus prudentes, les assureurs plus exigeants, les contraintes réglementaires plus lourdes et les marges de manœuvre des organisateurs plus faibles. Autrement dit, à vouloir repousser aujourd’hui l’application du principe de précaution, le secteur prend le risque de voir demain ce même principe appliqué de manière beaucoup plus stricte.
L’histoire récente montre que les grandes évolutions réglementaires arrivent rarement après le premier incident. Elles surviennent généralement lorsque plusieurs événements finissent par convaincre l’opinion publique et les autorités qu’il faut agir.
C’est pourquoi le débat ne devrait pas opposer les partisans de l’annulation aux défenseurs du maintien à tout prix. La vraie question est de savoir à partir de quel moment le risque devient suffisamment élevé pour qu’une annulation soit la décision la plus responsable.
Car lorsqu’un drame survient, il est toujours trop tard pour invoquer le principe de précaution. Son utilité consiste précisément à agir avant.
En résumé la phrase de France Outdoor est maladroite au pire moment.
Mais après un week-end marqué par des décès, des hospitalisations et des dizaines de malaises, cette phrase arrive au pire moment. Lorsqu’on écrit qu’il faut « dissuader les autorités d’appliquer le principe de précaution », on donne l’impression que la priorité est de maintenir les événements plutôt que de protéger les coureurs.Or le principe de précaution n’existe pas pour embêter les organisateurs : il existe précisément pour éviter que des drames prévisibles ne se produisent.
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