🎧 Après plusieurs décès et malaises pendant la vague de chaleur, la suppression des bouteilles d’eau sur les courses relance un énorme débat sur l »ACCÈS L’EAU en course, marathons et trails.
Supprimer les bouteilles d’eau, compliquer les ravitaillements ou remplacer tout par des systèmes “innovants” mal adaptés au terrain alors que les épisodes de chaleur deviennent plus violents, c’est jouer avec le feu.
Ce week-end encore, plusieurs drames et malaises graves ont frappé des courses en France sous des températures exceptionnelles pour un mois de mai.
À force de vouloir faire du profit et à force de vouloir afficher une écologie de “vitrine”, certains oublient l’essentiel : quand un coureur est en hyperthermie, il faut que l’eau soit simple, rapide et accessible immédiatement.
L’écologie du running doit être intelligente, pratique et adaptée au terrain. Sinon un jour, il y aura le drame de trop… et tout le monde paiera les conséquences.
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Après plusieurs malaises et décès pendant le week-end de Pentecôte, la question des ravitaillements revient brutalement dans le débat
Le sujet était déjà polémique. Mais après les nombreux malaises recensés pendant ce week-end de Pentecôte marqué par une vague de chaleur exceptionnelle, la question revient avec encore plus de force : supprimer les bouteilles d’eau sur les courses pour des raisons écologiques est-il réellement compatible avec la sécurité des coureurs ?
Et parmi elles, une concentre désormais toutes les critiques : la disparition progressive des bouteilles d’eau individuelles sur les ravitaillements.
ASO avait déjà supprimé les bouteilles sur le Marathon de Paris
Le débat n’est pas nouveau. En 2025 puis 2026, ASO avait déjà engagé un virage écologique fort sur le Marathon de Paris avec la suppression des bouteilles plastiques sur les ravitaillements. À la place : gobelets, fontaines, remplissages manuels et incitation à venir avec son propre contenant.
À l’époque, la mesure avait déjà provoqué énormément de critiques chez les coureurs amateurs.
Beaucoup dénonçaient des ravitaillements moins fluides, des difficultés pour boire correctement en courant et surtout une réalité simple : sur un marathon populaire, tout le monde n’a pas l’habitude de courir avec une flasque ou un sac.
Les élites, elles, continuaient souvent à bénéficier de bidons personnalisés.
Le problème, c’est qu’en situation de forte chaleur, chaque seconde compte. Attraper un gobelet, renverser la moitié de l’eau, devoir ralentir brutalement ou manquer un ravitaillement peut devenir beaucoup plus problématique quand les températures dépassent les 30 degrés.
Et pourtant, le futur organisateur du Marathon de Paris veut accélérer encore davantage cette transition.
Le groupe Cadence, qui remplacera ASO à partir de 2027, a déjà annoncé vouloir aller “encore plus loin” avec une suppression complète du plastique à usage unique et des ravitaillements “sans emballage”.
Sur le papier, l’objectif écologique paraît logique. Réduire les déchets plastiques sur des événements réunissant des dizaines de milliers de personnes semble difficilement contestable.
Mais une question commence désormais à émerger chez beaucoup de coureurs : jusqu’où peut-on aller sans fragiliser la sécurité des participants ?
Car contrairement à certaines communications très théoriques, une course en plein effort sous forte chaleur n’est pas un simple événement festif. C’est une situation physiologique extrême.
Le week-end de Pentecôte a brutalement changé le débat
Ce week-end a probablement marqué un tournant.
La France a subi une vague de chaleur exceptionnellement précoce pour une fin mai, avec des températures localement supérieures de 10 à 15°C aux normales de saison selon plusieurs météorologues.
Résultat : des malaises partout en France sur des formats pourtant relativement courts.
Un coureur de 53 ans est mort sur un 10 km à Paris. Dix cas graves ont été recensés à Maisons-Alfort. Plusieurs hospitalisations ont eu lieu à Menton. Et une participante à une compétition d’Hyrox à Lyon est décédée après une hyperthermie.
Le point commun entre toutes ces situations, ce n’est pas forcément le manque d’entraînement ou l’absence de préparation. Beaucoup des victimes étaient sportives, habituées à courir et expérimentées.
Le problème principal semble surtout être la brutalité de la chaleur.
En situation de chaleur extrême, l’accès à l’eau devient vital
Dans ce contexte, certains coureurs commencent à estimer que supprimer les bouteilles d’eau sans solution réellement pratique et universelle devient une erreur.
Car en théorie, les gobelets réutilisables ou les fontaines paraissent suffisants. Mais dans la réalité d’un ravitaillement bondé avec plusieurs milliers de personnes lancées à allure élevée, la situation est différente.
Boire correctement devient plus compliqué. Certains ratent les ravitos. D’autres ralentissent brutalement. Beaucoup renversent la moitié du contenu. Et les files d’attente peuvent devenir problématiques.
Le sujet n’est donc plus seulement écologique. Il devient aussi médical et organisationnel.
Surtout quand les épisodes de chaleur extrême deviennent plus fréquents, plus précoces et plus violents.
En résumé, une écologie du sport doit rester pratique et adaptée au terrain
Le problème de fond n’est probablement pas l’écologie elle-même.
La plupart des coureurs comprennent parfaitement la nécessité de réduire les déchets, le plastique jetable ou l’impact environnemental des grands événements sportifs.
Mais beaucoup dénoncent désormais une écologie “symbolique”, pensée pour l’image, parfois déconnectée des réalités du terrain.
Parce qu’au final, supprimer quelques bouteilles visibles ne représente qu’une petite partie de l’empreinte carbone réelle d’un marathon international. Les déplacements des participants, notamment en avion, représentent souvent l’immense majorité des émissions.
Et surtout, une mesure écologique ne peut fonctionner durablement que si elle reste compatible avec la sécurité, la simplicité et les contraintes physiologiques du sport.
L’écologie du running ne pourra probablement fonctionner qu’à une condition : être pragmatique.
Sinon, le risque est simple : transformer une bonne intention environnementale en facteur supplémentaire de danger lors des épisodes climatiques extrêmes… qui deviennent justement de plus en plus fréquents.
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