🎧 Comprendre pourquoi il ne faut pas toujours accabler le PPS.
Après le décès d’un coureur à Paris et les nombreux malaises enregistrés ce dimanche, le débat sur le PPS -Parcours Prévention Santé- ressurgit. Pourtant, le principal responsable semble surtout être la chaleur brutale et le manque d’acclimatation des organismes.
Après le décès d’un coureur de 53 ans pendant La Pyrénéenne à Paris et les nombreuses hospitalisations enregistrées à Maisons-Alfort, Menton ou encore Nancy, le débat sur le PPS est immédiatement revenu sur la table.
Certaines voix dans le monde de la course à pied estiment que le remplacement du certificat médical obligatoire par le Parcours Prévention Santé aurait affaibli la prévention des risques. L’organisatrice de La Pyrénéenne a notamment regretté que certains coureurs remplissent le PPS sur leur téléphone juste avant le départ sans réellement regarder les contenus de sensibilisation.

https://www.leparisien.fr/paris-75/cest-notre-hantise-a-paris-la-direction-de-la-pyreneenne-accablee-apres-la-mort-dun-coureur-de-53-ans-24-05-2026-O72QBRCBUZDZDJCWCLX3BTOA7E.php
Mais accuser le PPS de ce week-end dramatique paraît largement excessif.
Le vrai problème : une chaleur brutale et précoce
Le facteur principal semble surtout être la chaleur exceptionnelle qui touche actuellement la France.
Depuis plusieurs semaines, les températures restaient relativement fraîches dans une grande partie du pays. Puis, en seulement quelques jours, certaines régions ont dépassé les trente degrés. Ce changement extrêmement rapide est probablement l’élément central de ce week-end noir pour le running français.
Manque d’acclimatation
Car en course à pied comme en trail, l’acclimatation à la chaleur joue un rôle fondamental.
Quand le corps n’a pas encore eu le temps de s’adapter, il transpire moins efficacement, la fréquence cardiaque grimpe beaucoup plus vite et la déshydratation peut devenir très rapide. Le risque de coup de chaleur augmente alors fortement, même sur des distances relativement courtes comme un 10 km.
Dans les sports d’endurance, ce phénomène est bien connu des spécialistes. Un coureur peut être parfaitement entraîné cardiovasculairement, mais totalement vulnérable face à une chaleur soudaine si son organisme n’a pas encore développé les mécanismes d’adaptation nécessaires.
Même des coureurs expérimentés peuvent basculer
C’est d’ailleurs un élément important souvent oublié dans les réactions à chaud : la victime de La Pyrénéenne était décrite comme un coureur régulier et expérimenté.
Cela rappelle une réalité difficile à accepter dans le monde du running : les coups de chaleur graves ne touchent pas uniquement les débutants ou les personnes “mal préparées”.
Quand les températures montent brutalement sans phase d’adaptation progressive, même des sportifs entraînés peuvent se retrouver en difficulté physiologique.
En trail, le phénomène devient encore plus dangereux à cause du dénivelé, de la faible vitesse de progression et des portions longues sans ombre. Mais ce week-end montre qu’un simple 10 km urbain peut déjà devenir problématique dans certaines conditions.
Le PPS ne peut pas empêcher un coup de chaleur
Le PPS peut certainement être amélioré. Le débat sur la prévention, la pédagogie ou le suivi médical des coureurs est légitime.
Mais aucun certificat médical classique n’aurait permis de prédire avec certitude un coup de chaleur ou un malaise cardiaque lié à des conditions météo extrêmes.
Un médecin peut détecter certaines contre-indications, certains antécédents ou certaines pathologies. En revanche, il ne peut pas anticiper précisément la réaction d’un organisme face à une montée brutale des températures.
Le danger serait donc de désigner trop vite un faux responsable, alors que le problème principal semble avant tout climatique et organisationnel.





