🎧 La quête du poids idéal et de la performance peut parfois mener les meilleurs athlètes dans une impasse. C’est ce qui est arrivé à Beñat Marmissolle
Vainqueur de la Diagonale des Fous en 2022, Beñat Marmissolle a raconté sans détour comment une stratégie nutritionnelle basée sur la suppression quasi totale des glucides a progressivement détruit sa santé physique et mentale. Son témoignage relance un débat essentiel : jusqu’où peut-on pousser son alimentation au nom de la performance ?
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La recherche de performance est devenue un piège pour Beñat Marmissolle
À l’époque, le trailer souhaite franchir un nouveau cap. Son entraîneur lui propose alors une stratégie radicale : adopter une alimentation très pauvre en glucides afin d’utiliser davantage les graisses comme source d’énergie et d’afficher un physique plus léger.
Sur le papier, la promesse est séduisante. En pratique, la réalité est tout autre.
Au fil des semaines, Beñat Marmissolle voit son état se dégrader. L’énergie disparaît, le sommeil devient compliqué, l’irritabilité s’installe et les performances ne progressent pas comme espéré. Ce qui devait être un levier de progression se transforme peu à peu en véritable descente aux enfers.
Des troubles alimentaires qui prennent le dessus
L’ancien vainqueur de la Diagonale des Fous raconte avoir développé des crises d’hyperphagie particulièrement violentes.
Ces épisodes le conduisent à absorber des quantités massives de nourriture, parfois juste avant des compétitions majeures. Les variations de poids deviennent spectaculaires et l’alimentation cesse d’être un outil de performance pour devenir une source permanente d’angoisse.
Cette spirale l’amène également à vivre une profonde détresse psychologique nécessitant une prise en charge médicale. Son témoignage rappelle que les troubles du comportement alimentaire peuvent aussi toucher les sportifs de très haut niveau, y compris dans les disciplines d’endurance.
Le syndrome RED-S, un danger encore sous-estimé chez les trailers
Au-delà des troubles alimentaires, cette période correspond aux symptômes d’un déficit énergétique chronique, connu sous le nom de RED-S (Relative Energy Deficiency in Sport).
Lorsque les apports alimentaires deviennent insuffisants par rapport aux dépenses d’entraînement, l’organisme commence à fonctionner au ralenti.
Les conséquences peuvent être nombreuses :
- fatigue persistante ;
- baisse des performances ;
- récupération plus difficile ;
- dérèglements hormonaux ;
- risque accru de blessures et de surentraînement.
Chez un ultra-traileur qui enchaîne plusieurs dizaines d’heures d’effort chaque semaine, ce déséquilibre peut rapidement devenir un frein majeur à la progression.
Les glucides ne sont plus considérés comme l’ennemi
Depuis plusieurs années, les connaissances scientifiques sur la nutrition en ultra-endurance ont considérablement évolué.
Aujourd’hui, la plupart des spécialistes recommandent de sécuriser les réserves énergétiques plutôt que de chercher à éliminer les glucides. Pendant les compétitions les plus longues, certains athlètes entraînent même leur système digestif — grâce au « gut training » — afin de pouvoir assimiler jusqu’à 90 grammes de glucides par heure sans inconfort digestif.
L’objectif n’est plus de supprimer un macronutriment, mais d’apprendre à l’utiliser efficacement pendant l’effort.
Les signaux qui doivent alerter un coureur
Plusieurs symptômes peuvent révéler qu’un trailer ne couvre plus suffisamment ses besoins énergétiques :
| Signal d’alerte | Pourquoi il est préoccupant |
|---|---|
| Fatigue inhabituelle | Le corps manque d’énergie pour récupérer. |
| Baisse des performances | L’entraînement ne produit plus les adaptations attendues. |
| Irritabilité et troubles du sommeil | Le déficit énergétique perturbe le fonctionnement hormonal. |
| Perte de poids rapide | Elle peut traduire un apport alimentaire insuffisant. |
| Envies alimentaires incontrôlables | Elles peuvent apparaître après des restrictions prolongées. |
| Blessures répétées | L’organisme récupère moins bien et devient plus fragile. |
Régime très pauvre en glucides ou alimentation adaptée : quelles différences ?
| Régime très restrictif | Alimentation adaptée à l’ultra-trail |
|---|---|
| Réduction importante des réserves énergétiques | Disponibilité énergétique élevée |
| Fatigue plus fréquente | Meilleure endurance sur les longues sorties |
| Récupération ralentie | Reconstruction musculaire facilitée |
| Risque accru de troubles alimentaires | Relation plus sereine avec l’alimentation |
| Performances parfois dégradées sur le long terme | Progression plus durable |
En résumé, Beñat Marmissolle a pu revenir au plus haut niveau après avoir changé d’approche
Après cette période extrêmement difficile, Beñat Marmissolle a progressivement reconstruit son équilibre avec l’aide d’une équipe médicale et d’un accompagnement nutritionnel adapté.
Son retour au premier plan, illustré notamment par sa victoire sur l’Ultra-Trail Snowdonia, montre qu’il est possible de retrouver un très haut niveau sans s’imposer des restrictions extrêmes.
Son témoignage rappelle surtout une réalité souvent oubliée dans le trail : la performance ne repose pas uniquement sur les kilomètres parcourus ou les kilos perdus. Une alimentation adaptée fait partie intégrante de l’entraînement, au même titre que le sommeil, la récupération et la préparation physique.
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