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🎧 À quelques jours de l’UTMB 2026, les participants vérifient leur veste imperméable, leur couverture de survie, leur téléphone, leurs réserves d’eau et l’ensemble du matériel obligatoire. Sur une course de montagne aussi longue, l’organisation cherche logiquement à anticiper le froid, la chaleur, les intempéries, une blessure ou l’attente des secours.
Mais un lecteur de u-Trail nous a posé une autre question : qui vérifie réellement l’état de santé du coureur avant de le laisser prendre le départ ?
La réponse est assez étonnante. Un participant peut se présenter au départ d’un ultra-trail sans qu’un médecin ait nécessairement contrôlé récemment son cœur, alors même qu’il s’apprête à fournir un effort pouvant durer plusieurs dizaines d’heures.
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L’UTMB peut contrôler votre sac, mais pas votre cœur
Les grandes courses de montagne ont considérablement renforcé leurs dispositifs de sécurité. Le matériel obligatoire répond à des scénarios très concrets : mauvais temps, froid, chaleur, attente prolongée, problème sur le parcours. Un coureur qui ne possède pas l’équipement demandé peut être sanctionné.
Sur le plan médical, la logique est aujourd’hui différente car les organisateurs comme l’UTMB se reposent sur le PPS
En France, le certificat médical a progressivement laissé la place au Pass Prévention Santé (PPS) pour les coureurs majeurs non licenciés. La Fédération Française d’Athlétisme présente elle-même le PPS comme un dispositif supprimant l’obligation du certificat médical.
Depuis janvier 2026, ce dispositif a encore évolué. Sa validité est passée à un an et il constitue désormais un titre de participation pour les coureurs concernés.
Le principe repose avant tout sur la prévention et la responsabilisation du pratiquant. Les propres conditions d’utilisation de la FFA définissent le parcours comme un outil « d’autodiagnostic, préventif et d’information » sur les risques liés à la pratique de l’athlétisme.
Autrement dit, passer par le PPS ne signifie pas qu’un médecin vous a examiné. Cela ne signifie pas davantage qu’un électrocardiogramme a été réalisé, qu’une anomalie cardiaque a été recherchée ou qu’une épreuve d’effort a évalué la réaction du cœur lorsque l’intensité augmente.
Un lecteur médecin nous a posé la question de l’ECG
Il s’interroge sur le nombre de participants ayant réalisé un ECG avant la compétition et, plus largement, sur le suivi cardiovasculaire des milliers de coureurs qui vont participer aux différentes épreuves de la semaine.
Courir est globalement bénéfique pour la santé cardiovasculaire. La Société Française de Cardiologie rappelle d’ailleurs les bénéfices de l’activité physique sur la prévention cardiovasculaire. Il serait donc absurde de présenter l’ultra-trail comme une activité intrinsèquement dangereuse pour le cœur.
En revanche, la pratique sportive peut révéler certaines pathologies jusque-là silencieuses. La Société Française de Cardiologie consacre d’ailleurs des recommandations spécifiques au bilan cardiovasculaire des personnes pratiquant une activité sportive.
Un 171 km en montagne n’a pourtant rien d’un effort banal.
Sur l’UTMB, les coureurs peuvent passer plus de 30 ou 40 heures dehors, traverser une nuit entière, subir de gros écarts de température et accumuler fatigue, manque de sommeil et déshydratation.
Et c’est là que le contraste devient frappant : plus l’épreuve est exigeante, plus le matériel obligatoire est encadré. En revanche, aucun contrôle médical individuel supplémentaire n’est exigé avant le départ.
En trail, on protège surtout le coureur contre les dangers extérieurs
Le trail moderne a énormément progressé en matière de sécurité.
Les organisations surveillent la météo, adaptent ou interrompent des parcours, imposent du matériel, mettent en place des équipes médicales et des postes de secours et peuvent prendre des décisions extrêmement lourdes lorsque les conditions deviennent dangereuses.
Cette évolution est logique. Mais elle révèle aussi notre manière de penser le risque en montagne. Nous regardons beaucoup ce qui peut arriver au coureur : un orage, une chute, le froid, la chaleur, une blessure. Nous regardons peut-être moins ce qui peut arriver à l’intérieur du coureur.
Faut-il davantage responsabiliser les ultra-traileurs ?
La suppression du certificat médical ne signifie pas que la prévention médicale a disparu. Elle traduit plutôt un changement de philosophie : le sportif devient davantage responsable de l’évaluation de sa propre situation et des signaux qui doivent l’amener à consulter.
Le PPS participe justement à cette sensibilisation.
Reste une question que le développement spectaculaire de l’ultra-trail va probablement rendre de plus en plus difficile à éviter.
Faut-il recommander plus fortement un bilan médical à partir d’un certain âge ? En fonction des antécédents familiaux ? Pour les distances de 100 miles ? Pour les coureurs présentant certains symptômes ou facteurs de risque ?
Ce sont des questions médicales auxquelles une organisation de trail ne peut évidemment pas répondre seule.
Mais elles méritent d’être posées.
Car à Chamonix, dans quelques jours, on pourra vérifier si un coureur possède bien sa veste imperméable réglementaire.
Personne ne pourra vérifier de la même manière dans quel état se trouve son cœur.
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Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
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