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🎧 Claire Bannwarth fait partie de ces traileuses dont le nom revient presque en permanence dans l’actualité de l’ultra-trail.
La raison est simple : la Française ne construit pas sa saison autour de quelques grands objectifs espacés de plusieurs mois. Elle enchaîne au contraire les très longues distances, souvent avec des délais de récupération extrêmement courts, au point d’avoir fait de cette accumulation une véritable marque de fabrique.
Son prochain programme résume parfaitement ce qui la distingue. Après les 180 km de la Diagonale des Fous à La Réunion, qu’elle doit courir à la mi-octobre, Claire Bannwarth est annoncée début novembre au départ de la 360º The Challenge Gran Canaria, un ultra d’environ 260 km disputé aux Canaries sur un parcours non balisé, avec navigation GPS et plusieurs jours d’effort.
En à peine plus de deux semaines, elle pourrait donc passer d’un des ultra-trails les plus exigeants de La Réunion à une épreuve d’aventure de 260 km en semi-autonomie. Un enchaînement spectaculaire, mais finalement assez cohérent avec la manière dont Claire Bannwarth aborde l’ultra depuis plusieurs saisons.
Claire Bannwarth vient d’ajouter une nouvelle folie à un calendrier 2026 qui en compte déjà beaucoup. La Française est annoncée au départ de la 360º The Challenge Gran Canaria, organisée du 4 au 8 novembre aux Canaries. Problème, ou plutôt détail lorsqu’on s’appelle Claire Bannwarth : elle doit auparavant courir la Diagonale des Fous, dont le départ sera donné le 15 octobre à La Réunion. Deux ultra-trails parmi les plus exigeants du calendrier mondial, séparés par à peine plus de deux semaines.
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Claire Bannwarth va passer de la Diagonale des Fous à plus de 240 km en autonomie
La comparaison des deux courses donne une idée de l’enchaînement.
La Diagonale des Fous débutera le jeudi 15 octobre à 22 heures à Saint-Pierre, dans le cadre du Grand Raid de La Réunion organisé du 15 au 18 octobre. Puis, dès le 4 novembre, Claire Bannwarth devra repartir pour la 360º The Challenge Gran Canaria.
L’épreuve espagnole annonce cette année plus de 240 km et plus de 12 000 mètres de dénivelé positif, avec un départ à Gáldar. Surtout, il ne s’agit pas d’un ultra classique : le parcours est non balisé et se dispute en autonomie, avec navigation GPS et bases de vie. La gestion du sommeil, de l’alimentation et de la fatigue fait directement partie de la difficulté.
Autrement dit, Claire Bannwarth devrait disposer d’environ deux semaines et demie seulement entre la fin de son Grand Raid et le départ aux Canaries, selon son temps passé sur la Diagonale.
Ce délai suffit à peine à absorber les dégâts musculaires et la fatigue profonde laissés par un ultra de cette dimension. Chez la plupart des coureurs, la période serait consacrée à la récupération. Chez Claire Bannwarth, elle servira donc aussi à préparer le suivant.
Faire la 360º, c’est courir dans son jardin
Cet enchaînement prend encore davantage de sens lorsqu’on regarde l’histoire de Claire Bannwarth avec la course canarienne.
L’organisation la présente comme six fois finisheuse et cinq fois gagnante de la 360º The Challenge. Son retour en 2026 ressemble donc moins à une découverte qu’à une tentative de reconquête d’une épreuve qu’elle connaît parfaitement.
En 2024, elle avait notamment remporté la course sur un parcours de 258 km en 2 jours, 9 heures, 56 minutes et 13 secondes.
La 360º possède cependant une particularité : même connaître parfaitement le terrain ne garantit rien. L’absence de balisage, le kilométrage, les longues périodes sans sommeil et l’autonomie transforment la course en épreuve de gestion autant qu’en compétition pure.
Après la Diagonale, la principale inconnue concernera donc probablement moins son expérience que son niveau de récupération.
Chez Claire Bannwarth, l’enchaînement des ultras est presque devenu une discipline
Son calendrier 2026 montre déjà à quel point la Française fonctionne différemment de la majorité des athlètes d’ultra.
Ces derniers mois, elle a notamment couru le Trail Verbier Saint-Bernard, le Monte Rosa WalserWaeg, l’Ultra des 3 Vallées, le Swiss Alps 100, l’Échappée Belle et encore la SwissPeaks.
Sur l’Ultra des 3 Vallées, long de 170 km, elle avait d’ailleurs remporté la course féminine tout en terminant dans le top 10 du classement général.
C’est précisément ce qui rend son cas si particulier. Là où l’ultra-trail moderne pousse de nombreux élites à sélectionner quelques grands objectifs dans la saison, Claire Bannwarth accumule les longues distances, parfois avec seulement quelques semaines — voire moins — de récupération.
Le choix de courir la Diagonale des Fous puis la 360º The Challenge s’inscrit complètement dans cette logique.
En résumé, sur le papier, Claire Bannwarth possède évidemment l’expérience nécessaire pour les deux courses. Mais l’état dans lequel elle quittera La Réunion changera complètement la donne.
Une Diagonale courue à haute intensité peut laisser des traces pendant plusieurs semaines : fatigue musculaire, dommages aux quadriceps liés aux descentes, dette de sommeil, inflammation et difficulté à retrouver une alimentation normale. Et quelques jours plus tard, il faudra déjà remettre le sac, gérer les nuits dehors et repartir pour plus de 240 km à Gran Canaria.
C’est peut-être là que se trouve le véritable intérêt de cet enchaînement : voir jusqu’où Claire Bannwarth peut pousser cette capacité à récupérer en courant presque continuellement des ultras.
À Gran Canaria, elle retrouvera en tout cas une course qu’elle connaît mieux que presque toutes les autres. Et après cinq victoires, l’objectif annoncé par l’organisation est limpide : reprendre sa couronne.
Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
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