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đ§ Le Trail Verbier Saint-Bernard, disputĂ© ce week-end dans les Alpes suisses, est au cĆur d’une vive polĂ©mique.
Ăcouter le rĂ©sumĂ© de lâarticle â DurĂ©e totale : 0:43 Voici un aperçu de la problĂ©matique du Trail Verbier Saint-Bernard.
Lors du Trail Verbier Saint-Bernard, plusieurs vidĂ©os largement partagĂ©es sur les rĂ©seaux sociaux montrent des centaines de coureurs bloquĂ©s pendant de longues minutes sur un sentier de montagne, au point que certains participants Ă©voquent prĂšs d’une heure d’attente.
Ces images ont rapidement alimentĂ© les critiques contre l’organisation.
Pour beaucoup, l’explication est simple : trop de dossards, un sentier trop Ă©troit et des vagues de dĂ©part insuffisamment espacĂ©es. Mais au-delĂ des choix des organisateurs, une autre question mĂ©rite d’ĂȘtre posĂ©e. Les coureurs eux-mĂȘmes n’ont-ils pas parfois un comportement qui favorise ces bouchons ? En d’autres termes, avons-nous tendance Ă suivre le groupe sans suffisamment anticiper, comme on le fait parfois… dans la file d’attente d’un supermarchĂ© ?
Les bouchons étaient-ils vraiment inévitables ou certains coureurs se suivent-ils parfois sans suffisamment réfléchir ?
Les images du Trail Verbier Saint-Bernard ont marquĂ© les esprits. Des centaines de coureurs immobilisĂ©s sur un sentier de montagne, incapables d’avancer pendant de longues minutes, parfois prĂšs d’une heure selon plusieurs tĂ©moignages. Une situation qui a suscitĂ© de nombreuses critiques envers l’organisation.
Mais si une partie du problĂšme vient Ă©videmment de la configuration du parcours et du nombre de participants, une autre question mĂ©rite d’ĂȘtre posĂ©e : les coureurs n’ont-ils pas, eux aussi, une part de responsabilitĂ© ?
Au supermarchĂ©, c’est exactement la mĂȘme chose
Tout le monde a déjà vécu cette scÚne.
Vous arrivez Ă la caisse d’un supermarchĂ©. Trois files sont ouvertes. Deux sont bondĂ©es, la troisiĂšme est presque vide. Que fait la majoritĂ© des clients ?
Elle rejoint naturellement l’une des deux longues files, sans vraiment regarder ce qui se passe autour.
Les psychologues parlent d’ailleurs de comportement grĂ©gaire, ou plus simplement d’un rĂ©flexe consistant Ă considĂ©rer que si tout le monde fait la mĂȘme chose, c’est probablement la bonne dĂ©cision.
En trail, il arrive parfois exactement la mĂȘme chose.
Suivre le coureur de devant est un réflexe
Sur les premiers kilomĂštres d’une course, beaucoup de participants se contentent de suivre celui qui les prĂ©cĂšde.
On emprunte la mĂȘme trajectoire, on reste dans la mĂȘme file et l’on reproduit les choix du groupe sans forcĂ©ment prendre le temps d’observer ce qui se passe quelques mĂštres plus loin.
Bien sĂ»r, sur certains passages techniques, il est matĂ©riellement impossible de dĂ©passer ou de sortir du sentier. Les images de Verbier montrent d’ailleurs plusieurs secteurs oĂč aucune alternative n’existait.
Mais avant d’arriver Ă ces points de blocage, chacun s’est-il rĂ©ellement posĂ© la question de son placement ?
Anticiper fait aussi partie de la course
En trail, savoir lire un parcours est une qualité à part entiÚre.
Observer une trajectoire, profiter d’un Ă©largissement du sentier, dĂ©passer lorsqu’il est encore possible de le faire ou accepter de fournir un petit effort supplĂ©mentaire pour Ă©viter un ralentissement font partie intĂ©grante de la stratĂ©gie de course.
Les meilleurs traileurs excellent souvent dans cet exercice. Ils ne sont pas uniquement les plus rapides ; ils savent aussi anticiper ce qui va se produire quelques dizaines de mĂštres plus loin.
Attention, il ne s’agit pas de renvoyer la faute sur les participants, l’organisation reste la premiĂšre responsable… mais le dĂ©bat mĂ©rite d’ĂȘtre posĂ©
Lorsqu’un sentier devient trop Ă©troit pour absorber le flux de plusieurs centaines de coureurs, la responsabilitĂ© incombe d’abord Ă l’organisation, qui doit adapter le nombre de dossards, les vagues de dĂ©part ou le tracĂ©.
Les embouteillages observés au Trail Verbier Saint-Bernard montrent avant tout que certains secteurs avaient atteint leur capacité maximale.
Le succĂšs du trail conduit parfois Ă oublier qu’une course est aussi un espace oĂč chacun prend des dĂ©cisions.
Choisir son allure, son ravitaillement, sa trajectoire… mais aussi son placement dans le peloton.
Au supermarchĂ©, certains regardent instinctivement quelle caisse avancera le plus vite. D’autres se mettent derriĂšre la plus longue file parce que tout le monde fait pareil.
En montagne, ce rĂ©flexe existe peut-ĂȘtre aussi. Et sans expliquer Ă lui seul les bouchons de Verbier, il mĂ©rite au moins d’ĂȘtre interrogĂ©. Car dans une discipline oĂč l’autonomie et la prise de dĂ©cision font partie de l’ADN du trail, suivre le groupe n’est pas toujours la meilleure stratĂ©gie.
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