🎧 Casquette Verte de retour, et déjà un paradoxe : une 20e place qui ressemble furieusement à une victoire
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Casquette Verte est de retour.
On l’a laissé au mois de janvier dans les sentiers piégeux de l’Arc of Attrition, une course en pleine tempête dans le sud de l’Angleterre, une cheville en moins et un plâtre en plus.
On le retrouve aujourd’hui sur le Swiss Canyon Trail, évidemment dans la version 110 km. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Casquette Verte nous impressionne encore une fois, entre détermination, un brin de folie, et une capacité assez dingue à revenir à la course.
20e aujourd’hui, oui. Mais au vu des derniers mois, difficile de ne pas y voir bien plus qu’un simple classement.
Renouer avec la course avant de renouer avec la victoire
Remettons d’abord les choses en contexte rapidement. Alexandre Boucheix s’est fait une fracture de la fibula (cheville + péroné) au mois de janvier. Il lui a fallu garder sa cheville immobilisée jusqu’au début du mois d’avril.
Il n’est pas restĂ© totalement inactif, en particulier en apprenant Ă aimer ses bĂ©quilles. Mais bien sĂ»r, ce fut une pĂ©riode sans course Ă pied. Il a Ă©tĂ© d’ailleurs assez sage, ne jouant pas les surhommes et respectant Ă la fois la gravitĂ© de sa blessure et les conseils des mĂ©decins. Il n’a donc repris la course Ă pied que depuis le courant du mois d’avril (le 13 avril prĂ©cisĂ©ment, soit 47 jours) après la suppression du plâtre puis une nĂ©cessaire phase de rĂ©apprentissage de la marche.
Et quelques semaines plus tard, avec une reprise progressive de la course, de la distance et du dénivelé, le voilà déjà prêt à prendre le départ de la Swiss Canyon Trail en ce matin du samedi 30 mai. Et le Swiss Canyon Trail, ce n’est pas du trail couleur local. On parle de 110 km de montagne, 5300 m de D+, et surtout d’un parcours réputé pour être très technique. En somme l’endroit idéal pour se faire une cheville. Reprendre sur ce terrain-là après une cheville explosée ? Il fallait bien que quelqu’un le fasse. Évidemment, c’est tombé sur lui.
Une course d’apprentissage
Boucheix l’a expliqué lui-même dans ses divers posts sur Instagram (https://www.instagram.com/p/
Revenir sur cette course n’est absolument pas une finalité, mais plutôt une étape essentielle pour reconstruire son corps, réveiller ce que presque 6 mois d’arrêt ont permis d’enfouir loin dans le corps.
On connaît Alexandre Boucheix comme “fort en gueule”, avec la volonté affichée de faire des podiums lorsqu’il sait qu’il en a le niveau, sans se cacher derrière une langue de bois due aux enjeux de communication. Mais on a découvert à l’occasion de son retour un personnage plus posé, acceptant de venir en Suisse sur cette course, programmée depuis le tout début de 2026, sans pouvoir y faire un podium ou un temps compétitif.
Pour reprendre ses propres termes, il espère pouvoir rendre un “11/20”, une note qui ne lui convient absolument pas, mais dont il sait être le reflet de son niveau actuel.
Casquette Verte ne nous avait évidemment pas habitués à cela. Il lui est arrivé de prendre le départ d’une course diminué physiquement, mais il n’avait jamais connu un tel épisode. C’est bien donc un nouveau visage qu’il nous donne à voir, celui d’un coureur en reconstruction et qui ne cache pas grand-chose de ses enjeux, et de ses difficultés.
La place solide d’Alexandre Boucheix
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Casquette Verte a fait du Casquette Verte aujourd’hui. Là où on aurait pu imaginer que son pied ne lui permette pas encore d’aller au bout, il a fini la course, plus de 110 km pour 5300 m de D+.
On aurait pu l’imaginer tomber dans le gros du peloton, là où son statut ne l’a pas mené depuis des années. Et pourtant, il a fini la course à la 20e position en 13 h 43 m là où le vainqueur, Ramon Manetsch, a mis 10 h 31 min. On comprend vite que son temps, pour un coureur très loin de ses capacités habituelles, a fait un temps solide.
Qu’attendre aujourd’hui de Casquette Verte ?
L’enjeu de la participation aujourd’hui à ce trail est de comprendre si la blessure de janvier est désormais derrière lui ou non. Ses sensations en course, sa capacité à lire le terrain, sa facilité à s’engager là où il n’y a que des pièges pour ses pieds seront les réponses qu’il apportera sur sa capacité à oublier le traumatisme de la cheville qui craque trop violemment.
Mais si Alexandre a peut-ĂŞtre laissĂ© derrière lui la blessure, il a encore devant lui toute sa rééducation sportive. Celle mĂ©dicale, visant sa mobilitĂ© et son confort, semble avoir portĂ© ses fruits. Il lui reste aujourd’hui Ă rĂ©veiller les automatismes enfouis, Ă rĂ©veiller les instincts du coureur qui savait se faire mal, s’engager, et prendre des risques pour un podium ou dĂ©fendre une place.
Il reviendra, c’est presque une évidence. La vraie question, maintenant, est simple : est-ce qu’il saura parfois ne pas y aller à fond pour se donner plus de chances de durer ?
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