đ„ Mon avis en vidĂ©o sur YouTube : pourquoi je reste sceptique sur les exosquelettes pour faire du sport
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Vidéo originale uTrail, réalisée et présentée par Axelle Anne .
đŽ Mon avis sur les exosquelettes pour faire du sport
Je pense quâun exosquelette peut assister les jambes, mais quâil ne remplacera jamais lâentraĂźnement.
Câest ma principale rĂ©serve sur son utilisation en trail et, plus largement, pour faire du sport. Une machine peut mâaider Ă monter une cĂŽte, mais elle ne va pas dĂ©velopper Ă ma place mes muscles, mes appuis, ma technique ou ma capacitĂ© Ă redescendre correctement. Et câest prĂ©cisĂ©ment lĂ que je vois un risque : permettre Ă quelquâun dâaller plus loin ou plus haut que ce que sa condition physique rĂ©elle lui permettrait normalement.
Je distingue Ă©videmment cet usage de lâutilisation dâun exosquelette dans un cadre mĂ©dical, pour la rééducation, lâaide Ă la mobilitĂ© ou encore les secours. Dans ces situations, je comprends parfaitement lâintĂ©rĂȘt de cette technologie.
Chez uTrail, nous avons dâailleurs reçu gratuitement un exosquelette Ă tester, sans rĂ©munĂ©ration ni contrepartie Ă©ditoriale. Si notre test nâest toujours pas publiĂ© malgrĂ© les relances de lâattachĂ© de presse, câest parce que les premiers retours sont trĂšs critiques. Nous lâavons notamment confiĂ© Ă un mĂ©decin pour avoir son avis, et son retour nous oblige Ă approfondir sĂ©rieusement le sujet avant de publier quoi que ce soit.
Pour un pratiquant valide qui veut simplement aller plus vite, plus haut ou plus loin, je reste donc trĂšs sceptique : Ă mes yeux, mieux vaut investir dans son entraĂźnement que 2 000 euros dans une machine chargĂ©e de faire une partie de lâeffort Ă sa place.
Mathis Dumas teste lâexosquelette jusquâau sommet du mont Blanc
Mathis Dumas nâa pas essayĂ© l’appareil pendant quelques minutes sur un salon ou sur un chemin parfaitement roulant.
Le guide, notamment connu du grand public pour avoir accompagné Inoxtag en montagne, a choisi un terrain autrement plus sérieux : le mont Blanc par la voie normale.
Parti Ă 4 heures du matin depuis Bellevue, aux Houches, il a atteint le sommet aprĂšs environ huit heures dâeffort. Selon Le DauphinĂ© LibĂ©rĂ©, il a effectuĂ© presque la moitiĂ© du parcours Ă©quipĂ© de lâexosquelette Hypershell.
LâidĂ©e lui serait notamment venue aprĂšs avoir Ă©changĂ© avec un secouriste du PGHM. Pour les secours en montagne, une assistance permettant d’Ă©conomiser de l’Ă©nergie ou de rejoindre une victime quelques minutes plus rapidement pourrait effectivement prĂ©senter un intĂ©rĂȘt trĂšs concret.
Mais lorsqu’on quitte cet usage professionnel pour s’intĂ©resser Ă la pratique sportive, son retour devient beaucoup plus nuancĂ©.
« Ce nâest pas miraculeux, câest un peu gadget »
Le constat de Mathis Dumas rejoint directement une partie des réserves formulées par uTrail.
Le guide estime avoir Ă©conomisĂ© environ 20 Ă 25 % dâeffort au cours de son ascension. Ce chiffre est loin dâĂȘtre nĂ©gligeable, mĂȘme sâil sâagit dâune estimation empirique et non dâune mesure scientifique rĂ©alisĂ©e en laboratoire.
Surtout, lâefficacitĂ© de lâappareil dĂ©pend fortement du terrain.
Lâassistance lui paraĂźt fluide sur le plat et dans les faux plats. En revanche, son fonctionnement devient moins intuitif lorsque la pente se redresse.
C’est un dĂ©tail particuliĂšrement intĂ©ressant lorsqu’on envisage l’utilisation d’un tel appareil en trail.
Car si un exosquelette fonctionne particuliĂšrement bien lorsque le terrain est relativement roulant mais devient moins naturel dans les fortes pentes, son intĂ©rĂȘt sportif en montagne mĂ©rite forcĂ©ment d’ĂȘtre relativisĂ©.
Le test confirme surtout une chose : lâexosquelette ne remplace pas lâentraĂźnement
C’Ă©tait l’une des principales rĂ©serves formulĂ©es par uTrail le 15 juillet.
Une assistance mécanique peut diminuer le travail demandé aux jambes. Elle ne transforme pas pour autant un pratiquant insuffisamment préparé en montagnard expérimenté.
Et Mathis Dumas arrive finalement Ă une conclusion assez proche.
Selon lui, ces appareils pourront probablement ouvrir de nouvelles possibilitĂ©s, un peu comme l’a fait le vĂ©lo Ă assistance Ă©lectrique. Mais ils ne permettront pas d’emmener n’importe qui en haute montagne.
Il faudra toujours disposer d’une condition physique suffisante et, surtout, des compĂ©tences techniques nĂ©cessaires.
L’exosquelette peut assister la locomotion. Il ne donne ni l’expĂ©rience de la montagne, ni l’acclimatation, ni la capacitĂ© Ă prendre les bonnes dĂ©cisions lorsque les conditions se dĂ©gradent.
uTrail alertait déjà sur cette confusion entre assistance et capacité physique
Dans notre Ă©ditorial publiĂ© le 15 juillet, nous Ă©crivions prĂ©cisĂ©ment que le principal problĂšme n’Ă©tait pas nĂ©cessairement l’exosquelette lui-mĂȘme, mais la maniĂšre dont il pourrait ĂȘtre prĂ©sentĂ© et utilisĂ©.
Pour une personne en situation de handicap, un senior, un patient en rééducation ou un secouriste devant intervenir rapidement, cette technologie peut Ă©videmment prĂ©senter un intĂ©rĂȘt considĂ©rable.
La question devient diffĂ©rente lorsqu’un pratiquant valide utilise une assistance Ă©lectrique simplement pour monter plus vite ou compenser une condition physique insuffisante.
Le retour de Mathis Dumas au mont Blanc ne démontre évidemment pas scientifiquement que tous les exosquelettes seraient inutiles pour le sport.
Il apporte nĂ©anmoins un retour de terrain prĂ©cieux : mĂȘme entre les mains d’un professionnel de la montagne, l’appareil reste perfectible et ne supprime absolument pas les exigences physiques et techniques de l’activitĂ©.
Avantages et inconvénients des exosquelettes dans le sport
Avantages des exosquelettes
Inconvénients / limites
𩿠RĂ©duction de lâeffort musculaire : lâassistance soulage une partie du travail des jambes.
â ïž Ne remplace pas lâentraĂźnement : capacitĂ©s cardiovasculaires, musculaires et techniques restent indispensables.
â°ïž Permet dâaller plus loin ou plus haut en diminuant la fatigue locomotrice.
đ Risque de surestimer ses capacitĂ©s et de s’engager sur un parcours trop difficile.
âż IntĂ©rĂȘt majeur pour la mobilitĂ© de certaines personnes en situation de handicap ou ayant des capacitĂ©s physiques rĂ©duites.
đ Modifie la notion de performance sportive puisque la machine fournit une partie de l’assistance.
đ Potentiel pour les secours en montagne : Ă©conomiser de l’Ă©nergie et Ă©ventuellement gagner du temps pour atteindre une victime.
đïž EfficacitĂ© variable selon le terrain : Mathis Dumas a notamment trouvĂ© l’assistance moins intuitive dans les fortes pentes.
đ Assistance rĂ©glable selon les modĂšles et les besoins du pratiquant.
đ DĂ©pendance Ă une batterie et Ă l’Ă©lectronique , problĂ©matique potentielle lors d’une longue sortie en montagne.
đŠ” Peut diminuer certaines contraintes musculaires pendant la locomotion.
đŠ¶ Ne remplace pas les appuis et la technique , notamment en descente et sur terrain technique.
đŽ Peut prolonger l’accĂšs Ă la randonnĂ©e pour certains pratiquants ayant perdu une partie de leurs capacitĂ©s physiques.
đ° Prix Ă©levĂ© : certains modĂšles reprĂ©sentent un investissement de plusieurs milliers d’euros.
đŹ Technologie encore susceptible de fortement progresser avec des moteurs, batteries et algorithmes plus performants.
đ€ Technologie encore perfectible : poids, ergonomie, adaptation au mouvement et comportement sur terrain complexe restent des limites.
â€ïž Peut favoriser l’accĂšs Ă une activitĂ© extĂ©rieure pour des personnes qui pratiqueraient difficilement sans assistance.
đš L’assistance ne supprime pas les autres risques de montagne : fatigue gĂ©nĂ©rale, mĂ©tĂ©o, chaleur, orientation ou manque d’expĂ©rience restent prĂ©sents.
đŻ IntĂ©rĂȘt Ă©vident dans certains usages spĂ©cifiques : mĂ©dical, rééducation, mobilitĂ© ou secours.
â IntĂ©rĂȘt beaucoup plus discutable pour un sportif valide qui l’utilise uniquement pour augmenter ses performances.
Le rĂ©cap’
avantages et inconvénients des exosquelettes
ANALYSE uTrail : le « trail Ă©lectrique » n’est donc pas encore arrivĂ©
Il serait Ă©galement excessif d’enterrer dĂ©finitivement cette technologie.
Les exosquelettes vont progresser. Les moteurs deviendront probablement plus lĂ©gers, les batteries plus performantes et les algorithmes capables d’anticiper beaucoup plus prĂ©cisĂ©ment les mouvements du pratiquant.
Dans quelques annĂ©es, leur efficacitĂ© pourrait ĂȘtre trĂšs diffĂ©rente.
Mais en 2026, le test grandeur nature réalisé par Mathis Dumas permet au moins de remettre certaines promesses en perspective.
Oui, l’appareil apporte une assistance. Oui, Ă©conomiser 20 Ă 25 % d’effort potentiel peut ĂȘtre considĂ©rable dans certains contextes. Mais non, il ne transforme pas la montagne en promenade accessible sans prĂ©paration.
Et lorsque celui qui vient de le tester jusqu’au sommet du mont Blanc rĂ©sume lui-mĂȘme son expĂ©rience par les mots « un peu gadget », difficile de ne pas y voir la confirmation d’une partie des rĂ©serves que nous exprimions quelques jours auparavant.
L’exosquelette sportif possĂšde probablement un avenir. Pour l’instant, il ressemble davantage Ă une assistance technologique encore en construction qu’Ă la rĂ©volution annoncĂ©e du trail et de la randonnĂ©e.
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Source
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Auteur : Axelle Anne , est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondĂ© de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribuĂ© Ă faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dĂ©rives du trail.
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Mention Ă©ditoriale : Le titre de cet article relĂšve dâune analyse Ă©ditoriale de uTrail.
Il ne signifie pas que lâensemble des professionnels de la montagne considĂšre les exosquelettes sportifs comme des gadgets. Il sâappuie notamment sur le retour dâexpĂ©rience du guide de haute montagne Mathis Dumas qui, aprĂšs avoir testĂ© un exosquelette Hypershell lors dâune ascension du mont Blanc, qualifie lui-mĂȘme lâĂ©quipement dâ« un peu gadget », tout en lui reconnaissant un intĂ©rĂȘt dans certains usages spĂ©cifiques, notamment opĂ©rationnels. Son tĂ©moignage vient ainsi conforter plusieurs rĂ©serves dĂ©jĂ formulĂ©es par uTrail sur lâutilisation de ces dispositifs par des pratiquants valides Ă des fins sportives.