Diagonale des Fous vs Ultra Terrestre : la Réunion a-t-elle vraiment besoin de deux monstres ?
Chaque année, courant octobre, on ne parle que de la Diagonale des Fous. Désormais, en mai, l’Ultra Terrestre de l’UTOI commence lui aussi à prendre une place importante dans le paysage du trail réunionnais.
Entre surenchère kilométrique, portions de parcours communes et approche différente de l’ultra-trail, la question de la légitimité de cette deuxième grande course peut se poser. Ou pas.
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La Diagonale des Fous est mythique
La Diag’ est devenue au fil des années un rendez-vous incontournable, une course qui fait partie des épreuves les plus emblématiques du trail mondial. Par son parcours, ses paysages, sa difficulté, ses affrontements marquants et l’empreinte qu’elle laisse sur les participants, la Diag’ s’est imposée comme une course à part à la Réunion. Elle ne laisse personne indifférent.
Mais ce n’est pas parce que la Diag’ est devenue un mythe qu’elle ne peut pas évoluer. L’UTOI, avec son Ultra Terrestre, arrive avec une approche différente, sans afficher publiquement l’ambition de concurrencer directement la course historique. Pourtant, par son format et son niveau d’exigence, l’Ultra Terrestre propose une alternative qui invite forcément à la comparaison.
Une deuxième grande course était-elle nécessaire ?
On peut imaginer que certains observateurs aient longtemps estimé qu’une deuxième grande course de ce type n’était pas indispensable. Mais du côté des pratiquants, qu’ils viennent de la Réunion, de métropole ou d’autres pays, l’intérêt d’une nouvelle épreuve semble réel.
La présence d’une deuxième grande course empruntant certains sentiers emblématiques de la Réunion peut en effet répondre à plusieurs attentes.
D’abord, il y a la question du nombre de dossards disponibles.
Chaque année, la demande dépasse largement les capacités d’accueil de la Diagonale des Fous. Une autre grande épreuve permet donc à davantage de coureurs de découvrir les sentiers réunionnais dans un cadre compétitif.
Ensuite, il y a la dimension sportive.
L’Ultra Terrestre affiche un parcours de 224 km pour plus de 14 000 m de dénivelé positif, avec une barrière horaire particulièrement exigeante. Lors de cette édition, le taux d’abandon a approché les 50 %, ce qui illustre la difficulté du format.
Il y a ceux qui prennent le départ à Saint-Pierre pour l’ambiance, pour Africa Maloya, pour la foule présente sur les premiers kilomètres. Et puis il y a ceux qui recherchent avant tout une expérience sportive différente, sur une course encore jeune et à l’organisation en construction.
L’une mise sur son histoire et son statut d’épreuve légendaire. L’autre construit progressivement sa propre identité autour d’un format particulièrement exigeant et d’une aventure encore récente.
L’Ultra-Terrestre de l’UTOI doit encore trouver sa place
La Diagonale des Fous a pris une importance considérable à la Réunion au fil des années. Son développement s’accompagne désormais d’une logistique très importante, avec toutes les contraintes que cela implique en matière d’organisation, de sécurité, de circulation et de cohabitation avec les habitants.
Dans ce contexte, l’UTOI peut chercher à proposer une approche différente, possiblement plus légère sur certains aspects, tout en devant répondre aux mêmes enjeux de sécurité et d’acceptation locale.
L’enjeu de l’Ultra Terrestre
L’objectif n’est pas forcément de faire de l’Ultra Terrestre une course de remplacement de la Diag’. Même si certaines portions de parcours peuvent se ressembler, les deux épreuves restent différentes sur de nombreux aspects : distance, dénivelé, saison, barrières horaires, format ou encore nombre de participants.
Les similitudes peuvent néanmoins alimenter une forme d’émulation entre les événements, dans un univers du trail où les grandes courses cherchent régulièrement à faire évoluer leur format et leur identité.
L’Ultra Terrestre propose ainsi une autre lecture du territoire réunionnais, avec un format qui se veut particulièrement engagé physiquement. De leur côté, les organisateurs de la Diagonale des Fous continuent eux aussi de faire évoluer leur événement d’année en année.
Une rivalité peut-être artificielle
Un même territoire peut accueillir plusieurs grandes courses, plusieurs approches et plusieurs histoires, sans qu’une épreuve efface nécessairement l’autre.
L’existence de l’UTOI peut aussi être vue comme une réponse à la forte demande autour du trail réunionnais, alors que la Diagonale des Fous atteint déjà des niveaux de participation très élevés et ne peut probablement pas augmenter indéfiniment son nombre de dossards.
En résumé, comment l’Ultra-Terrestre menace directement la Diagonale des Fous
En proposant un format encore plus extrême
Avec 224 km et plus de 14 000 m de dénivelé positif, l’Ultra-Terrestre dépasse largement la Diagonale des Fous sur le plan de l’endurance pure.
En attirant désormais de très grands noms du trail mondial
La présence de François D’Haene, Martin Perrier ou Sébastien Raichon change immédiatement le regard porté sur la course.
En occupant une autre période du calendrier
Organisée au mois de mai, l’épreuve permet à La Réunion d’exister deux fois par an dans l’actualité mondiale du trail.
En séduisant les amateurs d’aventure “brute”
L’Ultra-Terrestre mise davantage sur l’engagement, la difficulté et l’aspect sauvage que sur la dimension grand public de la Diagonale.
En proposant une alternative aux traileurs frustrés par la Diagonale
Difficulté d’inscription, saturation des dossards et médiatisation croissante poussent certains coureurs à chercher une autre expérience réunionnaise.
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