Onze ans après ses grandes années à La Palma, la Suédoise Emelie Forsberg a signé un très beau podium avec une troisième place sur la Transvulcania… et ce malgré les blessures, les nuits hachées, la vie de mère de trois enfants et d’épouse de grand champion bien remplie.
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Emelie Forsberg termine troisième femme de la Transvulcania en 8:14:40
Il y a des podiums qui valent plus qu’une victoire. Et sur cette Transvulcania 2026, celui d’Emelie Forsberg fait probablement partie des performances les plus fortes du week-end.
Parce qu’au-delà de la troisième place et du chrono, il y avait surtout tout ce qu’on ne voit pas dans un classement. Les mois compliqués. Le manque de sommeil. Les douleurs au pied. Les années loin du très haut niveau. Les grossesses. Les enfants à élever. Et cette sensation, parfois injuste, d’être devenue dans l’imaginaire collectif “la femme de Kilian Jornet” alors qu’elle fut elle-même l’une des plus grandes figures du trail mondial.
Onze ans plus tard, elle revient au plus haut niveau
La Transvulcania n’est pas une course comme les autres dans l’histoire d’Emelie Forsberg. C’est là qu’elle avait construit une partie de sa légende au début des années 2010, à une époque où le trail international ressemblait encore à un sport beaucoup plus artisanal, moins marketé, moins codifié.
Onze ans plus tard, le décor a changé. Le niveau s’est densifié. Les jeunes générations arrivent avec des préparations ultra structurées et des équipes complètes autour d’elles. Pendant ce temps-là, la vie d’Emelie Forsberg a pris une direction très différente.
Elle a progressivement disparu des grands circuits internationaux. Son quotidien s’est éloigné du rythme permanent des compétitions élites. Et forcément, beaucoup se demandaient ce qu’il lui restait réellement sportivement avant ce retour à la Transvulcania.
La réponse est tombée ce week-end : énormément.
Derrière le podium, il y a une réalité beaucoup moins glamour
Ce qui rend cette troisième place aussi forte, c’est surtout le contexte dans lequel elle a été obtenue.
Depuis plusieurs mois, Emelie Forsberg évoquait des douleurs persistantes au pied qui avaient largement perturbé sa préparation. À cela s’ajoute une réalité dont parlent beaucoup de mères sportives de haut niveau : le sommeil fractionné et la fatigue chronique.
La veille même de la course, elle expliquait encore sur ses réseaux sociaux qu’elle n’arrivait quasiment jamais à avoir des nuits complètes avec suffisamment d’heures de sommeil.
Dans un sport où les détails font souvent la différence, où tout le monde parle récupération, optimisation et charge d’entraînement, cette précision change énormément la lecture de sa performance.
Parce qu’on ne parle pas ici d’une athlète qui revient après plusieurs mois passés dans une bulle entièrement consacrée à la performance.
On parle d’une femme qui jongle entre sa vie de famille, ses enfants, les blessures, la montagne et un retour progressif vers la compétition.
Et malgré cela, elle termine troisième d’une des courses les plus dures et les plus symboliques du calendrier mondial.
Être “la femme de” quand on a soi-même marqué l’histoire du trail
Il y a aussi un autre sujet plus discret derrière cette performance.
Depuis des années, le couple formé par Emelie Forsberg et Kilian Jornet fascine le monde du trail. Mais comme souvent dans le sport, l’exposition médiatique finit parfois par déséquilibrer la perception du grand public.
Kilian Jornet est devenu une figure presque hors norme, omniprésente dans les médias, les documentaires et les grands projets d’aventure. Et forcément, autour de lui, tout le reste finit parfois par passer au second plan.
Sans jamais le dire frontalement, beaucoup de commentaires autour d’Emelie Forsberg ont progressivement glissé vers une image de compagne, de mère, de présence discrète en arrière-plan.
Comme si sa carrière était devenue une parenthèse derrière celle de Jornet.
Sauf qu’il suffit de regarder son histoire pour comprendre à quel point cette vision est réductrice. Bien avant d’être associée à Kilian Jornet, Emelie Forsberg faisait déjà partie des athlètes qui ont profondément transformé le trail féminin moderne.
Et ce podium à la Transvulcania agit presque comme un rappel.
Même Kilian Jornet a tenu à la féliciter publiquement
Le symbole est d’ailleurs fort : après la course, Kilian Jornet lui-même a publié un message public pour saluer sa performance.
Il évoque une athlète capable de retrouver son meilleur niveau malgré “un hiver difficile avec une blessure”, onze ans après ses grandes performances à La Palma et après trois grossesses.
Le message a énormément circulé parce qu’il résume assez bien ce que beaucoup ont ressenti ce week-end : cette troisième place dépasse largement le simple résultat sportif.
Dans les commentaires, les réactions parlent d’ailleurs presque toutes de la même chose. Beaucoup de femmes expliquent à quel point cette performance leur paraît immense lorsqu’on connaît la réalité de la maternité, du manque de sommeil et des transformations physiques après plusieurs grossesses.
D’autres parlent d’inspiration. De résilience. D’admiration.
Et il faut reconnaître qu’il est difficile de ne pas être impressionné.
En résumé, sur le papier, une troisième place reste une troisième place. Mais dans le contexte actuel du trail féminin mondial, ce résultat a une valeur immense.
Parce qu’il ne raconte pas seulement une performance chronométrique. Il raconte aussi le temps qui passe, les carrières qu’on croit terminées trop vite, la maternité, les blessures, le doute et la capacité à revenir malgré tout.
Dans un trail moderne obsédé par la nouveauté permanente, les jeunes prodiges et les annonces spectaculaires, le retour d’Emelie Forsberg apporte autre chose. Une forme de profondeur. Presque une autre manière d’envisager la performance.
Et au fond, c’est peut-être pour cela que son podium sur la Transvulcania vaut de l’or.
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