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đ§ 49 secondes pour comprendre pourquoi pendant un trail, votre corps nâest plus vraiment capable de digĂ©rer
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Pendant des annĂ©es, le discours dominant dans le trail a Ă©tĂ© simple : il faut manger. POURQUOI C’ĂTAIT FAUX.
Beaucoup manger. TrĂšs rĂ©guliĂšrement. Des gels, des barres, des pĂątes de fruits, du fromage, des pommes de terre, des crackers salĂ©s, des compotes⊠Les ravitaillements sont mĂȘme devenus une partie de lâidentitĂ© du trail moderne.
Pourtant, certains spĂ©cialistes commencent Ă remettre en cause cette logique, au moins sur certains formats de course. Et leurs arguments sont loin dâĂȘtre absurdes.
Quand un coureur est en pleine montée, dans une intensité élevée, le sang est envoyé en priorité vers les muscles et le cerveau. Résultat : le systÚme digestif passe au second plan.
Le spĂ©cialiste explique mĂȘme que pendant lâeffort, jusquâĂ 80 % de lâintestin serait privĂ© dâoxygĂšne. Dans ces conditions, demander Ă lâorganisme de digĂ©rer une barre Ă©nergĂ©tique ou un aliment solide devient beaucoup plus compliquĂ© quâon ne lâimagine.
Câest probablement lâune des raisons pour lesquelles autant de traileurs souffrent de nausĂ©es, de lourdeurs digestives, de ballonnements ou de vomissements pendant les courses longues.
Parce que manger solide en montée peut vous faire perdre en performance
Lâimage du traileur qui mange sa barre en plein mur fait partie du folklore du sport. Pourtant, ce rĂ©flexe pourrait parfois ĂȘtre contre-productif.
Le nutritionniste rappelle un dĂ©tail trĂšs concret : manger du solide oblige Ă ralentir sa respiration. Avaler une barre Ă©nergĂ©tique dans une ascension technique nĂ©cessite souvent de fermer la bouche, de mĂącher, de dĂ©glutir et donc de diminuer momentanĂ©ment lâapport en oxygĂšne.
Cela peut sembler anodin, mais sur un effort intense, chaque perturbation compte.
Le problĂšme vient aussi de lâĂ©nergie nĂ©cessaire Ă la digestion. DigĂ©rer un aliment solide demande du travail au corps. Or pendant un trail, lâorganisme est dĂ©jĂ sous tension permanente : muscles sollicitĂ©s, frĂ©quence cardiaque Ă©levĂ©e, chaleur, dĂ©shydratation, fatigue nerveuse.
Dans ce contexte, certains experts estiment que multiplier les prises alimentaires solides peut parfois coĂ»ter plus dâĂ©nergie que cela nâen apporte rĂ©ellement.
Parce que beaucoup de traileurs mangent surtout par peur de la panne
Le trail a dĂ©veloppĂ© une vĂ©ritable culture de lâalimentation. Certains coureurs ont presque peur de rester vingt minutes sans avaler quelque chose. Cette obsession du ravitaillement est devenue normale.
Pourtant, sur des formats relativement âcourtsâ Ă lâĂ©chelle du trail â infĂ©rieurs Ă environ six heures dâeffort â certains nutritionnistes considĂšrent que lâhydratation reste bien plus importante que la nourriture elle-mĂȘme.
LâidĂ©e nâest Ă©videmment pas de dire quâil ne faut jamais manger en trail. Mais plutĂŽt que beaucoup de coureurs surconsomment des produits Ă©nergĂ©tiques par automatisme, sans toujours Ă©couter leurs sensations rĂ©elles.
Dans certains cas, cette surconsommation finit mĂȘme par provoquer exactement ce quâils cherchent Ă Ă©viter : Ă©cĆurement, troubles digestifs, impossibilitĂ© de sâalimenter en fin de course et gros coup de fatigue.
Parce que les ravitaillements de trail ne sont pas toujours adaptĂ©s Ă lâeffort
Câest presque un tabou dans le milieu, mais beaucoup de ravitaillements sont surtout pensĂ©s pour faire plaisir aux coureurs, pas forcĂ©ment pour optimiser leurs performances.
Saucisson, fromage, pain blanc, biscuits salĂ©s, fruits, chocolat⊠lâambiance conviviale fait partie du trail. Mais nutritionnellement, tout cela nâest pas toujours idĂ©al en plein effort.
Le nutritionniste suisse citĂ© dans lâarticle se montre dâailleurs trĂšs critique envers certains ravitos classiques. Selon lui, mieux vaut parfois rester autonome avec une boisson adaptĂ©e et des produits testĂ©s Ă lâentraĂźnement plutĂŽt que de manger âau hasardâ sur les tables de ravitaillement.
Cela rejoint dâailleurs ce que beaucoup de traileurs expĂ©rimentĂ©s dĂ©couvrent aprĂšs plusieurs annĂ©es : le systĂšme digestif devient souvent lâun des principaux facteurs limitants en ultra-trail.
Parce quâon a peut-ĂȘtre confondu nutrition et marketing
Lâindustrie de la nutrition sportive reprĂ©sente aujourdâhui des milliards dâeuros. Gels, boissons isotoniques, gommes Ă©nergĂ©tiques, poudres, Ă©lectrolytes, barres âspĂ©ciales ultraâ : le traileur moderne est devenu un consommateur permanent.
Le problĂšme, câest quâĂ force dâentendre quâil faut manger toutes les vingt minutes, certains coureurs finissent par croire que le corps humain est incapable de tenir sans apport constant.
Or les spĂ©cialistes rappellent que lâorganisme possĂšde dĂ©jĂ des rĂ©serves Ă©nergĂ©tiques importantes, notamment sous forme de glycogĂšne. Lâobjectif nâest donc pas forcĂ©ment de manger le plus possible, mais surtout dâĂ©viter les erreurs qui perturbent la digestion et la performance.
Dans certains cas, boire rĂ©guliĂšrement et simplement pourrait ĂȘtre bien plus efficace que dâavaler des produits solides en permanence.
đ§ En rĂ©sumĂ©
Pendant des annĂ©es, les traileurs ont appris quâil fallait manger trĂšs rĂ©guliĂšrement pendant lâeffort. Pourtant, certains nutritionnistes estiment aujourdâhui que cette stratĂ©gie peut parfois devenir contre-productive, notamment sur les formats infĂ©rieurs Ă six heures.
Le principal problÚme vient du fonctionnement du corps pendant un trail : une grande partie du flux sanguin est dirigée vers les muscles, ce qui réduit fortement les capacités de digestion. Résultat, les aliments solides peuvent provoquer nausées, lourdeurs et baisse de performance.
Les spĂ©cialistes rappellent Ă©galement que beaucoup de coureurs mangent davantage par peur de la panne que par rĂ©el besoin physiologique. Dans certains cas, une hydratation rĂ©guliĂšre et bien pensĂ©e pourrait ĂȘtre plus importante que lâaccumulation de barres et de ravitaillements solides.
đ Source
â FAQ : nutrition en trail
Pourquoi les troubles digestifs sont-ils aussi fréquents en trail ?
Pendant un effort prolongĂ©, le corps redirige une grande partie du flux sanguin vers les muscles et le cerveau. Le systĂšme digestif reçoit alors beaucoup moins dâoxygĂšne. Ce phĂ©nomĂšne rĂ©duit les capacitĂ©s de digestion et dâabsorption des aliments. Plus lâintensitĂ© est Ă©levĂ©e, plus le risque de nausĂ©es, reflux, diarrhĂ©es ou ballonnements augmente, notamment en montĂ©e ou par forte chaleur.
Pourquoi les aliments solides deviennent-ils difficiles Ă supporter en course ?
Les aliments solides demandent davantage de mastication et de digestion. Or en trail, le corps est dĂ©jĂ sous stress mĂ©canique et Ă©nergĂ©tique. Une barre Ă©nergĂ©tique ou un sandwich nĂ©cessitent du temps pour ĂȘtre assimilĂ©s. Sur des efforts intenses, cela peut ralentir la vidange gastrique et provoquer une sensation dâestomac âbloquĂ©â.
Faut-il vraiment manger toutes les 20 minutes en trail ?
Pas forcĂ©ment. Cette recommandation dĂ©pend surtout de la durĂ©e, de lâintensitĂ© et du profil du coureur. Sur des formats relativement courts, certains nutritionnistes considĂšrent quâune bonne hydratation peut suffire pendant une grande partie de lâeffort. Ă lâinverse, sur ultra-trail, les apports Ă©nergĂ©tiques deviennent indispensables pour Ă©viter lâĂ©puisement glycogĂ©nique.
Pourquoi les montées aggravent-elles les problÚmes digestifs ?
Les montĂ©es augmentent la frĂ©quence cardiaque et lâintensitĂ© respiratoire. Le corps privilĂ©gie alors encore davantage lâoxygĂ©nation musculaire au dĂ©triment de la digestion. Manger dans une ascension raide peut aussi perturber la respiration et accentuer les sensations de nausĂ©e.
Le sucre liquide est-il mieux toléré que les barres énergétiques ?
TrĂšs souvent, oui. Les boissons glucidiques permettent un apport Ă©nergĂ©tique plus rapide et plus facile Ă absorber. Elles demandent moins dâeffort digestif que les aliments solides. Câest dâailleurs pour cette raison que beaucoup dâathlĂštes privilĂ©gient les boissons Ă©nergĂ©tiques sur les formats rapides.
Pourquoi certains traileurs supportent le fromage ou le saucisson en course ?
La tolĂ©rance digestive varie Ă©normĂ©ment dâun individu Ă lâautre. Certains coureurs dĂ©veloppent une adaptation digestive aprĂšs des annĂ©es de pratique. Mais mĂȘme chez eux, ces aliments restent plus difficiles Ă digĂ©rer quâune alimentation liquide ou semi-liquide.
Le gluten peut-il poser problĂšme pendant un ultra-trail ?
Chez certaines personnes, oui. Le gluten peut ralentir la digestion ou accentuer lâinflammation digestive pendant lâeffort. Ce nâest pas systĂ©matique, mais beaucoup de nutritionnistes prĂ©fĂšrent limiter les produits riches en gluten avant et pendant les longues courses.
Pourquoi les boissons isotoniques sont-elles si utilisées en trail ?
Elles permettent dâapporter simultanĂ©ment de lâeau, du sodium et des glucides dans des concentrations proches de celles du sang. Cela favorise une meilleure absorption hydrique et limite les risques de dĂ©shydratation ou dâhyponatrĂ©mie.
Boire trop dâeau peut-il devenir dangereux ?
Oui. Une consommation excessive dâeau sans apport suffisant en sodium peut provoquer une hyponatrĂ©mie, câest-Ă -dire une dilution anormale du sodium sanguin. Cette situation peut devenir trĂšs grave sur ultra-trail.
Pourquoi les ravitaillements dâultra-trail donnent-ils parfois envie de manger du salĂ© ?
AprĂšs plusieurs heures dâeffort sucrĂ©, la fatigue gustative apparaĂźt. Le cerveau dĂ©veloppe alors une attirance pour les saveurs salĂ©es ou grasses. Cela peut aussi correspondre Ă un besoin accru en sodium.
Les gels énergétiques sont-ils vraiment efficaces ?
Oui, lorsquâils sont bien tolĂ©rĂ©s. Ils permettent un apport rapide en glucides facilement assimilables. Mais consommĂ©s en excĂšs ou sans eau, ils peuvent provoquer des troubles digestifs importants.
Pourquoi faut-il tester sa nutrition Ă lâentraĂźnement ?
Le systĂšme digestif sâentraĂźne lui aussi. Tester ses boissons, gels ou aliments permet dâidentifier les produits bien tolĂ©rĂ©s et dâĂ©viter les mauvaises surprises le jour de la course.
Peut-on courir un ultra-trail presque uniquement avec du liquide ?
Oui, certains athlĂštes le font partiellement. Les boissons Ă©nergĂ©tiques trĂšs concentrĂ©es permettent dâapporter plusieurs centaines de calories par heure. Mais sur les efforts trĂšs longs, beaucoup de coureurs ressentent malgrĂ© tout un besoin psychologique ou physiologique de mĂącher.
Pourquoi lâalcool aprĂšs un trail ralentit-il la rĂ©cupĂ©ration ?
Lâalcool augmente la dĂ©shydratation et sollicite fortement le foie et les reins, dĂ©jĂ fatiguĂ©s par lâeffort. Il peut Ă©galement perturber la resynthĂšse du glycogĂšne et ralentir la rĂ©paration musculaire.
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