sources préférées Google
🎧 Le pape Léon XIV est en France depuis vendredi 25 septembre 2026 pour un voyage apostolique de quatre jours qui doit le conduire à Paris, Lourdes puis Metz.
Pour cette première visite dans l’Hexagone, le souverain pontife bénéficie d’une exposition médiatique considérable, avec un programme particulièrement dense dans la capitale avant son départ vers le sud de la France.
Vendredi, il a notamment été reçu à l’Élysée, s’est rendu à l’UNESCO puis à Notre-Dame de Paris avant de participer à une grande veillée avec les jeunes au Stade de France. Ce samedi 26 septembre, son programme parisien se poursuit avec une visite à la Maison Bakhita, une rencontre à l’Institut catholique de Paris puis une grande messe place de la Concorde et sur les Champs-Élysées, avant son départ pour Lourdes.
Depuis vingt-quatre heures, le pape est donc partout. Les télévisions, les radios, les journaux et les réseaux sociaux suivent son déplacement presque minute par minute, au point de reléguer au second plan une bonne partie de l’actualité habituelle. Même dans notre petit univers du trail, cela se ressent très concrètement : alors que nous venons de vivre l’un des exploits sportifs les plus marquants de l’année avec le record du GR20 d’Aurélien Dunand-Pallaz, nos statistiques montrent clairement que l’attention du public est ailleurs.
Puisque toute la France ou presque parle du pape, autant en parler nous aussi, mais avec notre prisme habituel : celui de la course à pied.
Un curé m’a un jour expliqué que le dimanche matin, on ne courait pas
Cette actualité m’a immédiatement rappelé une discussion que j’avais eue il y a plusieurs années avec un prêtre. Je me suis fait baptiser à l’âge adulte, dans une période très particulière de ma vie, alors que je traversais un cancer du sein et que la foi avait pris une place nouvelle dans mon quotidien.
Depuis, je vais régulièrement à la messe, autant que je le peux, et ma relation à Jésus fait partie de ma vie de tous les jours, bien au-delà du seul rendez-vous dominical. C’est précisément pour cette raison que j’avais été très surprise lorsque ce prêtre m’avait expliqué, très sérieusement, que le dimanche matin était destiné à la messe et non à la course à pied.
En résumé, son idée était simple : le dimanche matin, on ne va pas courir, on va à la messe, parce que c’est le moment où l’on doit être proche de Dieu.
Cette phrase m’est restée en tête, parce qu’elle reposait sur une opposition que je n’avais jamais réellement envisagée.
Courir n’empêche pas d’être proche de Dieu
Pour moi, courir et croire n’ont jamais été deux choses contradictoires. Bien au contraire, la course à pied fait partie de ces moments où l’esprit se libère suffisamment pour laisser remonter des pensées que l’on n’a parfois pas le temps d’accueillir dans le rythme ordinaire de la journée.
Quand on court pendant une heure, deux heures ou davantage, on pense à énormément de choses. On repense à ses choix, à ses proches, à ce qui nous inquiète, à ce que l’on espère, à ce que l’on a perdu ou à ce que l’on voudrait encore construire. Il arrive même que l’on réfléchisse beaucoup plus profondément pendant une longue sortie que pendant une journée entière passée entre le travail, les rendez-vous et les obligations du quotidien.
Chez une personne croyante, ces moments peuvent naturellement devenir des temps de réflexion spirituelle, de gratitude ou même de prière. Le simple fait de courir ne met pas la foi entre parenthèses, pas plus qu’il n’empêche d’être proche de Dieu.
En trail, ces moments sont peut-être encore plus présents
Et en trail, cette dimension prend encore une autre ampleur. On passe parfois plusieurs heures au contact de la nature, loin du bruit et des sollicitations permanentes, avec pour seul décor une forêt, une montagne, un sentier ou une lumière particulière. Il suffit parfois d’un lever de soleil, d’un paysage immense ou simplement d’un moment de calme pour ressentir de l’émerveillement, de la gratitude ou le sentiment d’être face à quelque chose qui nous dépasse. Pour une personne croyante, cette contemplation peut aussi devenir une manière de se sentir proche de Dieu.
Sur un sentier, le cerveau finit d’ailleurs souvent par quitter les préoccupations très concrètes de la course. Après quelques kilomètres, on ne pense plus seulement à l’allure, au cardio ou au dénivelé : d’autres réflexions apparaissent, sur ses proches, ses choix, ses inquiétudes, ses espoirs ou simplement sur le sens que l’on donne à sa vie.
Courir peut alors devenir un véritable temps d’introspection, de réflexion spirituelle, voire de prière. Cela ne signifie évidemment pas que tout le monde vit la course de cette manière : pour certains, elle reste avant tout un sport, une recherche de performance ou une façon de se défouler. Mais pour d’autres, elle offre justement un espace de silence et de recul que l’on trouve difficilement ailleurs.
Il n’y a pas que la messe du dimanche matin
C’est aussi ce qui m’avait étonnée dans la remarque de ce prêtre : dans la pratique, la messe dominicale ne se limite pas au seul dimanche matin.
De nombreuses paroisses proposent des messes anticipées le samedi soir, tandis que d’autres célébrations ont lieu le dimanche à différents horaires, parfois jusque dans la soirée. Faire sa sortie longue le dimanche matin ne signifie donc pas automatiquement renoncer à la messe, pas plus qu’assister à une célébration n’empêche de chausser ses baskets avant ou après.
Il est tout à fait possible d’aller courir tôt puis de se rendre à la messe, d’assister à une célébration le samedi soir avant une sortie le lendemain matin, ou simplement d’adapter son emploi du temps à sa pratique religieuse et sportive.
D’ailleurs, l’idée même d’une incompatibilité entre foi et course à pied paraît aujourd’hui assez difficile à défendre lorsqu’on observe certaines initiatives de l’Église. Début septembre, le Paris Églises Tour proposait par exemple des courses de 5 et 10 km à travers plusieurs églises de la capitale, avec la participation d’une équipe de l’Athletica Vaticana, l’association sportive liée au Vatican.
Autrement dit, aujourd’hui, même le Vatican court.
En résumé, courir ou aller à la messe, le débat est ailleurs
Je repense encore régulièrement à cette phrase entendue il y a plusieurs années, parce qu’elle illustre deux façons assez différentes de vivre la foi.
Pour certains, le rendez-vous avec Dieu passe d’abord par un lieu précis, une célébration et un moment bien défini de la semaine. Pour moi, la messe reste importante, mais elle ne résume pas à elle seule toute ma relation à la foi.
Cette relation continue en dehors de l’église, dans la vie quotidienne, dans les moments difficiles comme dans les périodes plus heureuses, et aussi lorsque je cours.
Alors oui, ce week-end, des centaines de milliers de personnes vont se rassembler pour voir le pape et assister aux différentes célébrations organisées autour de sa venue en France. Mais dimanche matin, il y aura aussi des croyants sur les routes et les sentiers, en short, avec leur montre GPS et leurs chaussures de course.
Et certains d’entre eux penseront peut-être à Dieu en courant.
Lire aussi
Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
u-Trail est un média indépendant. Depuis 2012, nous parlons de trail librement, sans aucun sponsor.
🏃 Produire une information libre et accessible à tous a un coût.
⚖️ Certains de nos articles entraînent aussi des pressions ou des procédures juridiques.
❤️ Votre soutien nous aide à nous défendre et à préserver notre liberté éditoriale.





