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🎧 Aurélien Dunand-Pallaz vient de réaliser une traversée exceptionnelle du GR20.
Parti jeudi 24 septembre à 5 h de Calenzana, le Savoyard a rejoint Conca ce vendredi matin en seulement 27 h 29, améliorant de 2 h 17 les 29 h 46 réalisées à peine deux mois et demi plus tôt par François D’Haene. Sur environ 166 km et plus de 12 000 m de dénivelé positif, il ne s’est pas contenté de battre le record : il a considérablement repoussé une référence qui semblait pourtant déjà immense.
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Aurélien Dunand-Pallaz pulvérise le record du GR20 en 27 h 29
Le chrono est énorme : 27 h 29 pour relier Calenzana à Conca sur l’un des sentiers les plus techniques d’Europe.
François D’Haene avait établi la précédente référence en juillet 2026 avec un temps de 29 h 46 min 20 s, devenant le premier homme à passer sous la barre symbolique des trente heures sur le GR20. Aurélien Dunand-Pallaz vient d’enlever plus de deux heures supplémentaires à cette marque.
L’écart est précisément de 2 h 17 si l’on retient les chronos arrondis de 29 h 46 et 27 h 29. À ce niveau de performance, sur un parcours aussi long et aussi exigeant techniquement, ce n’est plus une simple amélioration : c’est un changement de dimension.
Pour battre François D’Haene, Aurélien Dunand-Pallaz devait arriver à Conca avant vendredi matin 10 h 46. Il aura finalement franchi l’arrivée très largement avant cette limite.
Un projet préparé depuis cinq ans
Cette performance n’est pourtant pas sortie de nulle part. Aurélien Dunand-Pallaz travaillait sur cette traversée depuis plusieurs années et avait fait du GR20 l’un des grands projets de sa carrière.
Son opération, baptisée « Game of Stones », était mûrie depuis cinq ans. Le Savoyard avait multiplié les reconnaissances du parcours, y compris seul et de nuit, afin de connaître précisément les difficultés, les trajectoires et les secteurs où il pouvait gagner ou perdre du temps. Quelques jours avant son départ, il présentait même cette tentative comme son « projet ultime ».
Sa saison avait d’ailleurs été organisée en fonction de cet objectif. Après le MIUT, il avait recherché les terrains les plus escarpés possibles et accumulé les sorties longues et techniques. Sa participation à la Restonica, en Corse, avec ses 110 km et 7 200 m de dénivelé positif, s’inscrivait directement dans cette préparation spécifique.
Le nouveau record de François D’Haene, établi en juillet, n’avait pas modifié son projet. Aurélien Dunand-Pallaz expliquait connaître les temps de passage de son compatriote « par cœur » et vouloir simplement essayer de faire encore mieux.
Il l’a fait, et de très loin.
Dès les premières heures, Aurélien Dunand-Pallaz a placé le record sous pression
Parti de Calenzana jeudi matin à 5 h précises, Aurélien Dunand-Pallaz n’a pratiquement jamais attendu pour prendre de l’avance sur la référence de François D’Haene.
Au fil de la matinée, les écarts ont rapidement commencé à devenir significatifs. À Bocca Foggiale, il comptait déjà une bonne demi-heure d’avance. Peu après midi, à l’approche de Vergio, l’écart approchait l’heure. Puis, à l’Onda, il disposait de 1 h 27 d’avance avant d’atteindre Vizzavona avec environ 1 h 40 de marge.
À ce moment-là, une question commençait pourtant à se poser : était-il parti trop vite ?
La vitesse affichée depuis Calenzana était telle que même ses accompagnateurs semblaient parfois souffrir davantage que lui. Plusieurs pacers ont dû s’employer pour maintenir son allure, notamment dans les portions les plus techniques où Dunand-Pallaz paraissait particulièrement à son avantage.
À plusieurs reprises, l’impression était presque inversée : au lieu d’être tiré par ses pacers, c’était Aurélien Dunand-Pallaz qui ouvrait la voie, choisissait ses trajectoires et imposait le rythme.
Qui pacait vraiment qui pendant la tentative de record du GR20 ?
L’équipe réunie autour du Savoyard n’avait pourtant rien d’amateur. Neuf pacers avaient été prévus pour se relayer sur le parcours, avec notamment Théo Detienne, Diego Pazos et Arthur Joyeux-Bouillon, tandis qu’une importante organisation logistique accompagnait la tentative.
Mais le niveau affiché par Aurélien Dunand-Pallaz pendant la première moitié du GR20 a donné lieu à une situation assez inhabituelle.
Théo Detienne avait notamment expliqué avoir dû s’employer très sérieusement pour revenir sur le Savoyard après avoir concédé quelques dizaines de secondes dans une montée. Diego Pazos avait lui aussi dû composer avec la technicité du terrain et une douleur au pied.
Pendant ce temps, Aurélien Dunand-Pallaz continuait à avancer avec une étonnante facilité apparente.
Cette capacité à rester fluide sur les secteurs rocheux constitue sans doute l’une des clés de son record. Sur le GR20, certaines portions ressemblent davantage à une succession de passages d’escalade, de blocs et de franchissements qu’à un sentier de trail classique. Il faut régulièrement utiliser les mains, changer sans cesse de rythme et trouver en permanence la meilleure trajectoire.
C’est précisément sur ce terrain que Dunand-Pallaz a construit une partie de son avance.
La nuit aurait pu tout faire basculer
Après une première journée aussi rapide, la grande inconnue restait évidemment la nuit.
Aurélien Dunand-Pallaz avait lui-même identifié la section comprise entre Vizzavona et Bavella comme l’une des zones où les tentatives de record pouvaient basculer. C’est là, expliquait-il avant son départ, que plusieurs coureurs avaient commencé à faiblir lors de traversées précédentes.
Après plus de quinze heures d’effort et déjà près d’une centaine de kilomètres dans les jambes, la fatigue, le manque de sommeil et la baisse de vigilance pouvaient rapidement transformer son avance en piège.
Mais la défaillance n’est jamais vraiment venue.
À Verde, au km 110, Aurélien Dunand-Pallaz comptait encore près de deux heures d’avance. À la cabane de Laparo, autour du km 120, l’écart dépassait désormais les deux heures. Plus loin, alors qu’il avait parcouru environ les trois quarts du GR20, son avance atteignait environ 2 h 13.
Au lieu de perdre progressivement le capital accumulé pendant la journée, il l’a donc consolidé pendant la nuit.
Même à Bavella, il possédait encore plus de deux heures d’avance
Il aura fallu attendre le col de Bavella, au km 149, pour voir apparaître les premiers signes vraiment visibles de fatigue.
Après près d’une journée complète d’effort, Aurélien Dunand-Pallaz reconnaissait enfin que la traversée commençait à devenir difficile. Son ravitaillement y a également été un peu plus long que lors des précédents passages, souvent effectués quasiment sans arrêt.
Mais même à ce moment-là, le record semblait déjà extrêmement difficile à lui reprendre.
À Bavella, il possédait encore 2 h 14 d’avance sur le temps de passage de François D’Haene, alors qu’il ne restait que 17 kilomètres avant Conca.
Il pouvait désormais perdre du temps sans véritablement mettre son record en danger.
Et malgré la fatigue accumulée, il a tenu jusqu’au bout.
27 h 29 : un chrono qui repositionne complètement le record du GR20
Lorsque François D’Haene était passé sous les trente heures en juillet, la barrière semblait déjà considérable. Dix ans après sa précédente référence, il avait réussi à porter le record à 29 h 46 et à devenir le premier coureur à accomplir cette traversée en moins de trente heures.
Deux mois et demi plus tard, Aurélien Dunand-Pallaz vient donc de repousser cette limite à 27 h 29.
Ce qui rend cette performance encore plus marquante, c’est précisément la qualité de la référence qu’il vient de battre. Il ne s’attaque pas à un vieux chrono progressivement devenu accessible grâce à l’évolution du matériel, de l’entraînement ou de la connaissance du parcours.
Il bat un record établi quelques semaines auparavant par François D’Haene, l’un des plus grands ultra-traileurs de l’histoire récente, qui venait lui-même de réaliser une traversée historique.
Et il lui enlève plus de deux heures.
En résumé, Aurélien Dunand-Pallaz ajoute une ligne majeure à un palmarès déjà immense et c’est l’une des performances les plus impressionnantes de l’ultra-trail français
Aurélien Dunand-Pallaz n’avait évidemment plus besoin du GR20 pour prouver sa place parmi les meilleurs ultra-traileurs français.
Deuxième de l’UTMB en 2021, vainqueur de la Hardrock 100 et de la Diagonale des Fous en 2023, il possède depuis plusieurs années un profil particulièrement adapté aux terrains difficiles, aux longues courses et aux parcours très techniques.
En 2020, il avait également établi une référence mondiale de dénivelé positif sur 24 heures avec plus de 17 200 mètres, une marque battue depuis.
Mais il lui manquait peut-être encore cette grande performance chronométrique sur un itinéraire mythique, loin du format classique d’une course avec classement, départ collectif et adversaires directs.
Le GR20 lui offre désormais cette référence.
Et pas n’importe laquelle.
Un UTMB ne se compare pas directement à une Hardrock, pas plus qu’une Diagonale des Fous ne peut être mise sur le même plan qu’un record sur le GR20.
Mais certains chronos dépassent leur simple valeur numérique.
27 h 29 sur le GR20, seulement deux mois et demi après les 29 h 46 de François D’Haene, appartient clairement à cette catégorie.
Aurélien Dunand-Pallaz aura donné pendant pratiquement toute sa traversée une impression assez rare de maîtrise. Pas de grande crise visible, pas de longue défaillance, pas d’arrêt significatif venant remettre en question son projet. Même lorsque la fatigue a commencé à apparaître dans les derniers kilomètres, l’avance accumulée était déjà immense.
Sur environ 166 km et plus de 12 000 m de dénivelé positif, il améliore finalement le record de 2 h 17.
Ce vendredi 25 septembre 2026, Aurélien Dunand-Pallaz ne s’est donc pas simplement emparé du record du GR20.
Il a changé sa dimension.
François D’Haene avait ouvert la porte des trente heures en juillet. Aurélien Dunand-Pallaz vient de l’enfoncer en 27 h 29. La nouvelle référence du GR20 porte désormais son nom.
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