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đ§ Kilian Jornet vient dâannoncer son forfait pour lâUTMB 2026 en raison de sa blessure persistante au genou gauche.
Ă huit jours du dĂ©part, lâEspagnol explique avoir pris cette dĂ©cision avec son Ă©quipe mĂ©dicale aprĂšs une nouvelle sortie longue qui a confirmĂ© la persistance du problĂšme.
Le quadruple vainqueur de lâUTMB indique dĂ©sormais que la chirurgie constitue la prochaine Ă©tape de sa prise en charge. Depuis plusieurs mois, il suivait un traitement conservateur tout en poursuivant une partie de son entraĂźnement.
Cette annonce marque un nouveau tournant dans une saison déjà largement perturbée par son genou, entre Zegama, son abandon à la Western States et son forfait à Sierre-Zinal.
Dans son message publiĂ© ce 20 aoĂ»t, Kilian Jornet explique que son entraĂźnement avait retrouvĂ© une certaine continuitĂ© au cours des derniĂšres semaines. Une sortie longue rĂ©cente a toutefois ravivĂ© les symptĂŽmes et confirmĂ© que son genou restait incompatible avec les exigences dâun UTMB.
Son équipe médicale et lui ont donc choisi de passer à une prise en charge chirurgicale afin de rechercher une solution plus durable.
Kilian Jornet nâa pour lâinstant communiquĂ© ni la date de lâintervention ni le geste chirurgical retenu. Ces Ă©lĂ©ments dĂ©pendront du bilan complet de son genou et de la stratĂ©gie choisie par les spĂ©cialistes qui le suivent.
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Kilian Jornet va se faire opérer du genou
Dans son annonce du 20 aoĂ»t, Kilian Jornet explique avoir privilĂ©giĂ© pendant plusieurs mois une approche conservatrice. LâentraĂźnement avait pu reprendre et les sensations semblaient suffisamment bonnes pour continuer Ă envisager lâUTMB. Mais aprĂšs un effort long rĂ©alisĂ© quelques jours avant son forfait, il a constatĂ© que le problĂšme Ă©tait toujours prĂ©sent.
Avec son Ă©quipe mĂ©dicale, il a donc dĂ©cidĂ© que la chirurgie constituait dĂ©sormais la meilleure Ă©tape suivante. Jornet prĂ©cise lui-mĂȘme quâil reste encore beaucoup dâinconnues sur la suite et quâil donnera davantage dâinformations lorsquâil en saura plus. Ă ce stade, il nâa pas indiquĂ© publiquement quelle intervention sera rĂ©alisĂ©e, ni sa date, ni le protocole de rééducation prĂ©vu.
Cette prĂ©cision est importante : parler aujourdâhui dâune opĂ©ration du mĂ©nisque comme dâun fait acquis serait aller trop loin. LâIRM montre plusieurs lĂ©sions et seul son staff mĂ©dical connaĂźt lâindication chirurgicale retenue.
Les raisons du choix de la chirurgie
raison n°1 : son IRM aprÚs Zegama avait révélé plusieurs problÚmes au genou gauche
La blessure de Kilian Jornet est documentée depuis le printemps.
AprĂšs Zegama, oĂč il avait terminĂ© trĂšs loin de ses standards habituels, il avait passĂ© une IRM de son genou gauche. Dans un texte publiĂ© dĂ©but juin, il avait lui-mĂȘme rendu public une partie du compte rendu mĂ©dical.
Celui-ci faisait Ă©tat dâun Ă©panchement articulaire modĂ©rĂ©, dâune rupture horizontale de la corne antĂ©rieure du mĂ©nisque latĂ©ral, dâun ĆdĂšme marquĂ© du coussinet graisseux de Hoffa, ainsi que dâune atteinte cartilagineuse au niveau de la rotule avec ĆdĂšme de lâos sous-jacent.
Ce tableau est donc plus complexe quâune simple douleur passagĂšre au genou.
Le mĂ©nisque latĂ©ral joue notamment un rĂŽle dâamortissement et de rĂ©partition des contraintes dans lâarticulation. La lĂ©sion cartilagineuse et lâĆdĂšme osseux montrent Ă©galement que le genou rĂ©agit aux contraintes mĂ©caniques. Lâinflammation du coussinet de Hoffa peut, elle aussi, participer aux douleurs antĂ©rieures du genou.
raison n°2 : sa blessure sâinscrit dans une histoire vieille de vingt ans
Le genou gauche de Kilian Jornet possÚde aussi un passé lourd.
En 2006, alors quâil rentrait de lâĂ©cole en courant, il avait chutĂ© sur des pavĂ©s et sâĂ©tait fracturĂ© la rotule. Cette fracture avait nĂ©cessitĂ© une opĂ©ration avec cerclage. Ă lâĂ©poque, le pronostic sur sa capacitĂ© Ă retrouver le trĂšs haut niveau Ă©tait incertain.
La suite de sa carriĂšre a Ă©videmment montrĂ© quâil avait largement dĂ©passĂ© ces inquiĂ©tudes. Mais Jornet explique que cette jambe gauche est restĂ©e diffĂ©rente de la droite, notamment en force et en amplitude de mouvement.
Il estime Ă©galement que la douleur actuelle nâest pas entiĂšrement nouvelle. Selon lui, elle pourrait remonter Ă une premiĂšre lĂ©sion du mĂ©nisque apparue environ trois ans auparavant.
Autrement dit, la blessure de 2026 ne ressemble pas Ă un accident isolĂ© survenu brutalement quelques semaines avant lâUTMB. Elle sâinscrit dans un contexte mĂ©canique ancien, auquel se sont ajoutĂ©es de nouvelles lĂ©sions visibles Ă lâIRM.
raison n°3 : Zegama, Western States puis Sierre-Zinal, son genou ne lâa jamais rĂ©ellement laissĂ© tranquille
Les conséquences ont été trÚs visibles au fil de la saison.
Ă Zegama, Kilian Jornet avait terminĂ© 43e alors quâil avait lâhabitude de jouer la victoire sur une Ă©preuve quâil a remportĂ©e Ă onze reprises. AprĂšs la course, lâIRM avait permis de comprendre lâimportance rĂ©elle du problĂšme.
Il avait ensuite stoppé complÚtement la course à pied pendant deux semaines, compensant notamment avec du vélo avant de reprendre progressivement. Malgré cette préparation trÚs perturbée, il avait décidé de prendre le départ de la Western States fin juin.
LâexpĂ©rience sâest arrĂȘtĂ©e aprĂšs environ 50 kilomĂštres : les douleurs Ă©taient devenues trop importantes pour poursuivre.
Quelques semaines plus tard, il avait renoncĂ© Ă Sierre-Zinal afin de laisser davantage de temps Ă son genou et de conserver une chance de courir lâUTMB.
Cette stratĂ©gie nâa finalement pas suffi.
raison n°4 : son genou n’est plus capable de tenir les ultra-trails
Câest lâun des aspects les plus intĂ©ressants de son tĂ©moignage.
Kilian Jornet explique que ses douleurs sont plus importantes lorsquâil court vite sur terrain plat. Ă lâinverse, il les tolĂšre mieux lorsquâil privilĂ©gie un entraĂźnement trĂšs vertical.
Cela permet de comprendre pourquoi certaines sorties dâentraĂźnement spectaculaires ont pu donner lâimpression que la blessure Ă©tait presque derriĂšre lui.
Pouvoir rĂ©aliser une grosse sĂ©ance de dĂ©nivelĂ© ne signifie pas nĂ©cessairement quâun genou est capable dâencaisser plusieurs dizaines dâheures de compĂ©tition.
Sur un ultra, les contraintes sâaccumulent : impacts rĂ©pĂ©tĂ©s, descentes, fatigue musculaire, altĂ©ration progressive de la biomĂ©canique et perte de contrĂŽle neuromusculaire. LâUTMB reprĂ©sentait donc un test dâune toute autre ampleur.
La longue sortie effectuĂ©e quelques jours avant son forfait semble justement avoir jouĂ© ce rĂŽle de rĂ©vĂ©lateur : le genou pouvait supporter certains entraĂźnements, mais pas encore suffisamment de charge pour sĂ©curiser un objectif comme lâUTMB.
Quelle opération pourrait subir Kilian Jornet ?
Pour le moment, il est impossible de répondre avec certitude.
Une lĂ©sion du mĂ©nisque peut ĂȘtre traitĂ©e de diffĂ©rentes maniĂšres selon sa localisation, sa forme, sa vascularisation, son anciennetĂ© et lâĂ©tat gĂ©nĂ©ral du genou.
– la rĂ©paration du mĂ©nisque lorsque celui-ci peut ĂȘtre conservĂ©,
– ou lâablation limitĂ©e de la partie lĂ©sĂ©e lorsquâune rĂ©paration nâest pas adaptĂ©e.
La mĂ©decine du sport cherche aujourdâhui autant que possible Ă prĂ©server le tissu mĂ©niscal, car sa disparition augmente les contraintes exercĂ©es sur le cartilage et peut favoriser Ă long terme les changements dĂ©gĂ©nĂ©ratifs du genou.
Dans le cas de Jornet, la situation est dâautant plus particuliĂšre que le mĂ©nisque nâest pas la seule structure mentionnĂ©e Ă lâIRM : il existe Ă©galement une atteinte cartilagineuse de la rotule et un ĆdĂšme osseux.
On ne peut donc pas dĂ©duire de son IRM publique le geste chirurgical quâil recevra.
Les consĂ©quences d’une opĂ©ration du genou chez un athlĂšte de haut niveau comme Kilian Jornet
conséquence n°1 : entre 2 et 6 mois sans courir
Combien de temps sans courir ? Tout dépend précisément du geste réalisé.
Les données disponibles chez les sportifs montrent une différence importante entre une méniscectomie partielle et une réparation du ménisque.
AprĂšs une mĂ©niscectomie partielle, le retour au sport est gĂ©nĂ©ralement beaucoup plus rapide. Une mĂ©ta-analyse publiĂ©e en 2026 retrouve un dĂ©lai moyen dâenviron 2,1 mois chez les sportifs. AprĂšs rĂ©paration mĂ©niscale, le dĂ©lai moyen monte Ă environ 5,8 mois.
Des travaux plus anciens trouvent des ordres de grandeur comparables : environ 7 à 9 semaines aprÚs méniscectomie partielle et autour de 5 à 6 mois aprÚs réparation méniscale.
Mais ces chiffres ne permettent absolument pas de prévoir le calendrier personnel de Kilian Jornet.
Son genou prĂ©sente plusieurs lĂ©sions, son historique articulaire est ancien et son objectif nâest pas simplement de pouvoir courir quelques kilomĂštres : il doit pouvoir encaisser des charges correspondant au plus haut niveau mondial de lâultra-trail.
Le retour à la course aprÚs une chirurgie du ménisque repose de plus en plus sur des critÚres fonctionnels et pas uniquement sur un nombre de semaines.
Une revue de la littĂ©rature consacrĂ©e au retour Ă la course aprĂšs rĂ©paration mĂ©niscale retient notamment la disparition de la douleur et de lâĂ©panchement, la rĂ©cupĂ©ration complĂšte de la mobilitĂ©, le retour de la force du quadriceps et des ischio-jambiers ainsi que des tests satisfaisants de stabilitĂ©, dâĂ©quilibre et de contrĂŽle neuromusculaire.
Pour Kilian Jornet, ce dernier point sera particuliĂšrement important.
Il expliquait lui-mĂȘme en juin que, parmi ses diffĂ©rentes qualitĂ©s physiologiques, câest surtout le systĂšme neuromusculaire qui lui semble dĂ©cliner avec lâĂąge, avec davantage de problĂšmes mĂ©caniques et musculaires.
Une bonne rééducation devra donc probablement aller bien au-delà de la cicatrisation du ménisque : force, coordination, mobilité, asymétrie entre les deux jambes et capacité à supporter progressivement de trÚs gros volumes de charge feront partie des enjeux.
conséquence n°2 : le retour sur les sentiers
Kilian Jornet pourra-t-il retrouver son niveau aprĂšs lâopĂ©ration ? Oui, câest possible. Mais personne ne peut aujourdâhui garantir quâil retrouvera exactement son niveau antĂ©rieur.
Les chiffres disponibles chez les sportifs aprÚs chirurgie méniscale sont plutÎt rassurants.
La mĂ©ta-analyse publiĂ©e en 2026 rapporte un retour au sport chez environ 98 % des sportifs aprĂšs mĂ©niscectomie et prĂšs de 97 % aprĂšs rĂ©paration mĂ©niscale. Le retour au mĂȘme niveau quâavant la blessure concernait respectivement environ 84 % et 81 % des sportifs Ă©tudiĂ©s.
Une autre revue sur les réparations méniscales retrouvait également un taux élevé de retour au sport, y compris chez des athlÚtes professionnels.
Ces donnĂ©es montrent quâune chirurgie du mĂ©nisque ne signifie donc absolument pas la fin dâune carriĂšre sportive.
Mais elles doivent ĂȘtre utilisĂ©es avec prudence dans le cas de Kilian Jornet.
Dâabord parce que les populations Ă©tudiĂ©es ne ressemblent pas forcĂ©ment Ă un ultra-traileur de 38 ans ayant accumulĂ© pendant prĂšs de vingt ans des charges dâentraĂźnement extrĂȘmes. Ensuite parce que Jornet prĂ©sente Ă©galement une lĂ©sion cartilagineuse et un antĂ©cĂ©dent de fracture de la rotule.
Enfin, revenir au sport et revenir gagner un UTMB sont deux objectifs totalement différents.
Câest peut-ĂȘtre l’Ă©lĂ©ment le plus encourageant pour la suite.
Avant cette blessure, Kilian Jornet expliquait que plusieurs de ses indicateurs de performance restaient excellents et que certains continuaient mĂȘme de progresser. Son problĂšme actuel semble donc beaucoup plus mĂ©canique que cardiovasculaire.
Une pĂ©riode de plusieurs mois sans compĂ©tition ne signifie pas nĂ©cessairement une disparition complĂšte de son niveau dâendurance. Pendant une partie de sa blessure, il avait dĂ©jĂ rĂ©ussi Ă maintenir une charge importante grĂące au vĂ©lo et Ă dâautres formes dâentraĂźnement moins traumatisantes.
Chez un athlÚte possédant son historique, des années de développement aérobie ne disparaissent pas en quelques mois.
Le dĂ©fi sera plutĂŽt de reconstruire progressivement la tolĂ©rance mĂ©canique nĂ©cessaire pour courir vite, descendre longtemps et rĂ©pĂ©ter des dizaines de milliers dâappuis sans dĂ©clencher Ă nouveau douleur ou inflammation.
conséquence n°3 : il va gagner des années de carriÚre
Ă court terme, lâopĂ©ration lui coĂ»te lâUTMB 2026.
Ă plus long terme, elle pourrait au contraire lui permettre de prolonger sa carriĂšre.
Pendant plusieurs années, Jornet a réussi à gérer sa douleur et à adapter son entraßnement. Cette méthode lui a encore permis de terminer troisiÚme de la Western States en 2025 en 14 h 19 min 22 s.
Mais 2026 semble avoir marqué une limite : Zegama perturbée, plusieurs semaines sans courir, abandon à Western States, forfait à Sierre-Zinal puis abandon du projet UTMB.
Ă ce stade, continuer uniquement Ă gĂ©rer les symptĂŽmes nâĂ©tait manifestement plus suffisant.
La chirurgie reprĂ©sente donc un changement de stratĂ©gie : traiter le problĂšme pour tenter de retrouver une articulation capable dâencaisser durablement les contraintes du haut niveau.
Kilian Jornet a dĂ©jĂ rĂ©ussi une premiĂšre fois Ă revenir dâune opĂ©ration lourde du mĂȘme genou, aprĂšs sa fracture de rotule en 2006. Vingt ans plus tard, le contexte est diffĂ©rent, mais lâobjectif reste le mĂȘme : retrouver un genou suffisamment solide pour que ses capacitĂ©s dâendurance puissent de nouveau sâexprimer pleinement.
Sa prochaine grande course dépendra maintenant beaucoup moins de son cardio que de la réponse de ce genou à la chirurgie et aux mois de rééducation qui suivront.
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