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🎧 La Diagonale des Fous 2026 s’élancera jeudi 15 octobre à 22 heures de Saint-Pierre, avec près de 3 000 coureurs attendus sur un parcours d’environ 180 kilomètres et 10 200 mètres de dénivelé positif.
Comme chaque année, une bonne partie de l’attention se porte sur les grandes têtes d’affiche internationales, mais derrière Tom Evans, Jean-Philippe Tschumi, Beñat Marmissolle ou Hugo Deck, plusieurs Réunionnais peuvent nourrir de vraies ambitions sur les sentiers qu’ils connaissent mieux que personne.
L’enjeu dépasse d’ailleurs largement la simple question du premier local. Chez les hommes, aucun Réunionnais n’a remporté la Diagonale des Fous depuis Pascal Parny en 2008, soit dix-huit ans au moment de cette édition 2026. Depuis, les plus grands noms de l’ultra-trail mondial se sont progressivement approprié la course. Le dernier coureur péi à être monté sur le podium reste Nicolas Rivière, deuxième ex æquo avec Ludovic Pommeret en 2019, derrière Grégoire Curmer.
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Fabrice Payet apparaît comme la meilleure chance réunionnaise
S’il fallait désigner aujourd’hui le Réunionnais qui offre le plus de garanties pour se rapprocher du podium, Fabrice Payet partirait probablement avec une longueur d’avance. Le Bénédictin a déjà démontré à deux reprises qu’il pouvait rivaliser avec une partie du plateau international puisqu’il avait terminé sixième de la Diagonale en 2023 avant de retrouver exactement la même place en 2025.
Cette régularité est d’autant plus intéressante qu’elle s’inscrit sur une course où les abandons et les grosses défaillances bouleversent régulièrement la hiérarchie. En 2025, Payet avait terminé à un peu plus de deux heures du vainqueur Baptiste Chassagne, tout en décrochant une nouvelle fois le statut de premier Réunionnais. Il a depuis confirmé sa forme en remportant le Raid 974 et affiche pour 2026 un objectif particulièrement précis : passer sous la barre des 25 heures.
Sur le papier, passer d’une sixième place à un podium reste évidemment un saut important, surtout avec la densité du plateau annoncé. Mais parmi les locaux, Fabrice Payet est aujourd’hui celui qui a montré le plus régulièrement qu’il pouvait rester au contact des meilleurs pendant toute une Diagonale.
Judicaël Sautron sait déjà terminer dans le top 10

Judicaël Sautron possède un profil différent, mais son expérience du Grand Raid en fait lui aussi un candidat sérieux à une très grosse place. Depuis sa première participation en 2019, le Sainte-Marien a multiplié les arrivées dans le top 10 : neuvième cette année-là, huitième en 2021, neuvième en 2022 puis septième en 2024.
Sa saison 2026 renforce encore sa candidature puisqu’il a remporté le Grand Trail de l’Ouest, long de 85 kilomètres, puis le Trail du Sud Sauvage sur 62 kilomètres. Ces résultats ne garantissent évidemment rien sur les 180 kilomètres de la Diagonale, mais ils montrent qu’il arrive avec des repères solides et une dynamique positive.
Sautron possède surtout un avantage précieux : il ne découvre ni le parcours, ni les changements de rythme imposés par le terrain réunionnais, ni les longues heures pendant lesquelles la course peut se transformer. Dans une édition où plusieurs grands noms étrangers participeront pour la première fois, cette connaissance peut lui permettre de gagner progressivement des places à mesure que la fatigue s’installe.
Nicolas Rivière sait ce que signifie jouer le podium
Le cas de Nicolas Rivière est forcément particulier puisqu’il reste, sept ans plus tard, le dernier Réunionnais à avoir atteint le podium de la Diagonale. En 2019, il avait terminé deuxième en 24 h 26, exactement dans le même temps que Ludovic Pommeret, derrière Grégoire Curmer.
Cette performance constitue toujours une référence pour le trail réunionnais. Rivière avait alors réussi à accompagner les meilleurs pendant une grande partie de la course avant de rejoindre La Redoute parmi les trois premiers. Il revient en 2026 pour une troisième participation après avoir repris la compétition cette année sur les Penyagolosa Trails, où il a terminé douzième sur 106 kilomètres.
Une blessure au mollet l’a toutefois ensuite contraint à renoncer au Tchimbe Raid, ce qui laisse davantage d’incertitudes autour de son état de forme que pour Fabrice Payet ou Judicaël Sautron. Son expérience et son podium de 2019 empêchent néanmoins de l’écarter totalement : peu de coureurs au départ savent aussi concrètement ce que demande une Diagonale courue aux avant-postes.
Gérald Moutiapoullé est peut-être le Réunionnais qui progresse le plus vite
À côté de ces coureurs déjà bien identifiés, Gérald Moutiapoullé représente peut-être la candidature la plus intéressante à suivre sur le moyen terme. Pour sa première Diagonale en 2025, le Palmiplainois avait terminé 35e au scratch, un résultat encore éloigné du podium mais déjà solide pour une découverte de l’épreuve.
Depuis, sa progression est nette. Il a remporté le Trail des Anglais en février, le Speed’Goat Trail des Géants sur 132 kilomètres au mois de mai, puis la Cimasa Run fin août. Cette succession de victoires montre qu’il franchit progressivement les étapes et qu’il arrive sur sa deuxième Diagonale avec beaucoup plus d’expérience sur les longues distances.
L’objectif d’un podium dès 2026 paraît encore ambitieux compte tenu de la concurrence, mais Moutiapoullé fait partie de ces coureurs capables de changer rapidement de dimension. Une entrée dans le top 15, voire mieux si la course devient très sélective, constituerait déjà une confirmation importante.
Grégory Filain veut d’abord retrouver La Redoute
Grégory Filain fait lui aussi partie des Réunionnais à surveiller, même si son objectif affiché est plus prudent. Le pompier professionnel va prendre le départ de sa septième Diagonale et compte déjà cinq arrivées à La Redoute, avec une seizième place obtenue en 2024 comme meilleur résultat.
Son édition 2025 s’était arrêtée à La Possession à cause de problèmes gastriques. Il a donc construit sa saison 2026 autour d’une priorité : revenir au bout de la course. Peu présent en compétition afin de préserver son énergie pour octobre, il s’est néanmoins montré performant lorsqu’il a pris un dossard.
Dans une course aussi longue, où la régularité peut faire remonter très haut au classement, son expérience pourrait encore lui permettre de se rapprocher du top 10 si plusieurs favoris connaissent des difficultés.
En résumé, dix-huit ans après Pascal Parny, la victoire reste difficile mais le podium est possible
Il faut remonter à 2008 et à Pascal Parny pour retrouver la dernière victoire masculine d’un Réunionnais sur la Diagonale des Fous. Double vainqueur de l’épreuve, en 2001 puis en 2008, il reste le dernier homme de l’île à avoir réussi à devancer tous les spécialistes venus de l’extérieur.
Depuis, la Diagonale a profondément changé. L’épreuve attire désormais chaque année une partie de l’élite mondiale de l’ultra-trail, avec des athlètes professionnels capables de consacrer leur saison entière à la préparation de quelques grandes courses. Cette internationalisation explique en partie pourquoi l’avantage de connaître les sentiers réunionnais ne suffit plus à garantir une place tout en haut du classement.
Pour 2026, imaginer une victoire locale face à Tom Evans, Jean-Philippe Tschumi, Beñat Marmissolle ou Hugo Deck constituerait donc un pari audacieux. Revoir un Réunionnais sur le podium paraît en revanche beaucoup plus accessible, notamment avec Fabrice Payet et Judicaël Sautron, qui ont déjà montré leur capacité à terminer très haut sur cette course.
Sept ans après la deuxième place de Nicolas Rivière, ce serait déjà un événement majeur pour le trail péi. Et sur une Diagonale des Fous où les certitudes disparaissent souvent dès que la course entre dans Mafate, l’avantage du terrain pourrait encore réserver quelques surprises.
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