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🎧 L’été 2025 restera comme l’un des plus agités de l’histoire récente du trail avec Julien Lyon au centre d’une affaire de dopage.
En l’espace de quelques semaines, la Kényane Joyline Chepngeno s’impose parmi les meilleures coureuses du moment en remportant notamment le Marathon du Mont-Blanc puis Sierre-Zinal. Sa progression spectaculaire impressionne autant qu’elle interroge. Puis tout bascule. Quelques semaines après ces victoires, son contrôle antidopage positif est révélé. L’affaire fait immédiatement grand bruit dans le monde du trail, déjà marqué par plusieurs cas récents impliquant des athlètes kényans.
Très vite, le dossier dépasse le simple cadre de l’athlète contrôlée positive. Comme souvent dans les affaires de dopage, l’attention se porte sur l’entourage. Et dans ce cas précis, un nom revient sans cesse : celui de son entraîneur, Julien Lyon. Un entraîneur déjà associé quelques années plus tôt à Mark Kangogo, vainqueur de Sierre-Zinal 2022 lui aussi suspendu pour dopage par la suite. Pour beaucoup, les deux affaires semblent former un tout. Pour d’autres, il est au contraire impossible de rendre un coach responsable des actes d’un athlète. Près d’un an plus tard, une décision de justice suisse vient relancer ce débat et oblige peut-être le monde du trail à se poser une question inconfortable : avons-nous été trop loin contre Julien Lyon ?
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Tout le monde a lâché Julien Lyon
À partir du moment où le contrôle positif de Joyline Chepngeno est rendu public, Julien Lyon cesse d’être simplement l’entraîneur de l’athlète. Il devient progressivement l’un des personnages centraux de l’affaire. Le contexte n’aide pas. Le précédent Kangogo est encore dans toutes les mémoires et beaucoup considèrent qu’il est impossible d’ignorer cette répétition des événements.
Dans les semaines qui suivent, les soupçons se multiplient.
D’abord, la communauté trail lâche Julien Lyon
Une partie de la communauté trail établit rapidement un lien entre les performances des athlètes kényans entraînés par Julien Lyon et les différents cas de dopage révélés au fil des années. Les réseaux sociaux s’enflamment. Des observateurs du milieu s’interrogent publiquement.
Ensuite il perd son sponsor Salomon
Certains partenaires prennent leurs distances.
Puis la presse spécialisée le lache
Plusieurs médias, dont uTrail, couvrent largement l’affaire en s’intéressant non seulement à l’athlète contrôlée positive mais aussi à son environnement sportif.
Enfin il est accablé par Sierre Zinal où son athlète s’est faite contrôler positive
Puis vient la réaction de Sierre-Zinal. Marqués par le précédent Kangogo, les organisateurs de la célèbre course suisse décident de franchir un pas inédit. Ils introduisent dans leur règlement un mécanisme permettant de rendre les entraîneurs financièrement solidaires en cas de contrôle positif d’un athlète. Une initiative quasiment sans équivalent dans le monde du trail et plus largement dans le sport d’endurance.
Dans ce contexte, Julien Lyon se retrouve progressivement isolé. Son nom est associé à l’affaire bien au-delà du simple rôle d’entraîneur. Dans l’opinion, pour beaucoup, le procès semble déjà rendu.
Mais Julien Lyon a contre-attaqué sur le plan judiciaire
Dès l’automne 2025, Julien Lyon engage une bataille judiciaire contre Sierre-Zinal.
- Une première décision lui permet d’obtenir la suppression de son nom dans certaines communications de l’organisation.
- Puis, en juin 2026, une nouvelle décision favorable intervient. Comme l’a révélé Spe15, le tribunal de Sierre a donné raison à l’entraîneur sur plusieurs aspects procéduraux et condamné l’organisation aux dépens.
Attention toutefois : l’affaire n’est pas terminée. Les juges ne se sont pas encore prononcés sur le fond du dossier.
Julien Lyon réclame désormais environ 160 000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral et pertes financières, tandis que Sierre-Zinal continue de défendre sa position.
Mais cette décision judiciaire change malgré tout quelque chose d’essentiel. Elle rappelle qu’entre le soupçon, l’opinion publique et la responsabilité juridique, il existe une différence fondamentale.
C’est précisément là que le débat devient intéressant.
En résumé, l’affaire Julien Lyon révèle peut-être une difficulté plus large du sport moderne. Lorsqu’un athlète est contrôlé positif, tout le monde cherche immédiatement à savoir qui savait, qui a fermé les yeux et qui doit payer.
L’athlète porte évidemment une responsabilité directe. Mais qu’en est-il de l’entraîneur ? Du manager ? Du médecin ? Du préparateur physique ? Du sponsor ? À partir de quel moment l’entourage devient-il lui aussi responsable ?
Sierre-Zinal a tenté d’apporter sa propre réponse à cette question en cherchant à étendre les responsabilités au-delà du seul sportif contrôlé positif. L’idée n’était pas absurde. Beaucoup dénoncent depuis des années le fait que les athlètes suspendus sont souvent les seuls à payer alors que certains entourages continuent leur activité sans conséquence particulière.
Pour autant, une telle logique soulève immédiatement un autre problème. Peut-on sanctionner une personne simplement parce qu’elle est proche d’un athlète dopé ? Faut-il prouver qu’elle savait ? Qu’elle a participé ? Qu’elle a encouragé ? Où placer la frontière ?
C’est cette frontière que la justice suisse est en train d’examiner.
Car même si la procédure judiciaire lui est aujourd’hui partiellement favorable, Julien Lyon sort profondément fragilisé de cette séquence.
Selon les informations publiées par Spe15, les conséquences du dossier dépassent largement le cadre du dopage de Joyline Chepngeno. Le groupe Milimani Runners, qu’il avait contribué à développer pour accompagner des athlètes kényans vers le haut niveau en trail, s’est progressivement disloqué. Plusieurs coureurs ont quitté la structure. Des désaccords financiers sont apparus. Des plaintes ont été évoquées au Kenya. Spe15 rapporte également que la collaboration avec Salomon se serait interrompue dans ce contexte particulièrement tendu.
Source
- https://www.spe15.fr/le-conflit-entre-julien-lyon-et-sierre-zinal-se-poursuit/
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.








