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🎧 Résultat Tahiti Moorea Ultra Trail 2026
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Yoann Lecauchois a remportĂ© le Tahiti Moorea Ultra Trail 2026, ce samedi 24 octobre, en 11 h 45 min 16 s. Le Français conserve son titre sur les sentiers de Moorea, en PolynĂ©sie française, au terme d’une course de près de 102 kilomètres et 3 530 mètres de dĂ©nivelĂ© positif. Mais derrière cette belle performance sportive se cache un paradoxe Ă©cologique : le Tahiti Moorea Ultra Trail accueille la finale de la Ligue Ultra, un circuit principalement organisĂ© en France mĂ©tropolitaine, qui oblige ses prĂ©tendants au titre Ă traverser la planète en avion pour aller courir.
Résultat : Yoann Lecauchois remporte le Tahiti Moorea Ultra Trail 2026
Yoann Lecauchois connaĂ®t dĂ©cidĂ©ment bien les sentiers de Moorea. DĂ©jĂ vainqueur de l’Ă©preuve reine en 2025, sur un parcours de 80 kilomètres, le Français s’est de nouveau imposĂ© cette annĂ©e, malgrĂ© un tracĂ© considĂ©rablement rallongĂ©.
Il a bouclé les 101,9 kilomètres en 11 h 45 min 16 s, devant Alexis Sevennec et Benoît Ribeiro.
Le podium masculin du Tahiti Moorea Ultra Trail 2026 :
| Classement | Coureur | Résultat |
|---|---|---|
| 1er | Yoann Lecauchois | 11 h 45 min 16 s |
| 2e | Alexis Sevennec | À 20 min 51 s |
| 3e | Benoît Ribeiro | À 29 min 51 s |
La victoire de Yoann Lecauchois s’est construite progressivement. Quatrième au dĂ©but de l’Ă©preuve, il a remontĂ© ses adversaires avant de prendre la tĂŞte au kilomètre 53,8, dans la montĂ©e des Trois Cocotiers.
Ă€ partir de ce moment, le Français n’a plus quittĂ© la première place.
Il s’impose sur un terrain particulièrement exigeant, entre racines, rochers, boue et pentes escarpĂ©es, sous un climat tropical caractĂ©risĂ© par une chaleur et une humiditĂ© importantes.
Au moment du relevé des résultats, plusieurs dizaines de concurrents étaient encore sur le parcours.
Les classements actualisés sont disponibles sur LiveTrail.
Le Tahiti Moorea Ultra Trail, une course spectaculaire au milieu du Pacifique
Le Tahiti Moorea Ultra Trail, ou TMUT, se dĂ©roule du 23 au 25 octobre 2026 sur l’Ă®le de Moorea, en PolynĂ©sie française.
Pour sa deuxième Ă©dition, l’Ă©vĂ©nement accueille plus de 1 300 participants, dont environ 250 Ă©trangers, selon Tahiti Nui TĂ©lĂ©vision.
Cinq distances sont proposĂ©es, du 10 kilomètres Ă l’ultra-trail de plus de 100 kilomètres.
L’Ă©preuve reine traverse les reliefs volcaniques de Moorea, au milieu d’une vĂ©gĂ©tation tropicale dense. Les coureurs doivent composer avec des sentiers particulièrement techniques, des portions boueuses et une humiditĂ© pouvant avoisiner 80 %.
Pour cette édition, près de 40 kilomètres de sentiers ont été ouverts afin de proposer de nouveaux passages.
Sur le plan sportif, le défi est incontestable. Et pour les amateurs de paysages spectaculaires, difficile de trouver plus dépaysant.
Mais c’est prĂ©cisĂ©ment cette destination exceptionnelle qui soulève une question.
Car le Tahiti Moorea Ultra Trail n’est pas simplement une course locale ouverte aux sportifs polynĂ©siens et aux visiteurs.
La Ligue Ultra envoie ses finalistes à 16 000 kilomètres de Paris
🌍 Empreinte carbone : une finale de trail qui explose le budget climatique annuel
Pour disputer la finale de la Ligue Ultra Ă Moorea, un coureur venant de Paris doit effectuer un voyage aĂ©rien d’environ 31 428 kilomètres aller-retour, hors transferts locaux.
Selon l’ADEME, un trajet en avion long-courrier reprĂ©sente en moyenne 178 grammes de COâ‚‚ Ă©quivalent par passager et par kilomètre, en tenant compte notamment des traĂ®nĂ©es de condensation.
Sur cette base, un seul aller-retour Paris–Tahiti représente environ 5,6 tonnes de CO₂e par personne.
Comparaison avec l’objectif climatique annuel
2 tonnes de COâ‚‚e
Budget carbone annuel visĂ© par personne Ă l’horizon 2050
5,6 tonnes de COâ‚‚e
Un seul aller-retour Paris–Tahiti en avion
Soit 2,8 fois le budget carbone annuel cible !
L’ADEME rappelle que, pour atteindre la neutralitĂ© carbone, l’empreinte individuelle devrait ĂŞtre ramenĂ©e Ă environ 2 tonnes de COâ‚‚e par an d’ici 2050, toutes activitĂ©s confondues : transports, logement, alimentation et consommation.
Autrement dit, un coureur mĂ©tropolitain qui prend l’avion pour disputer la finale de la Ligue Ultra Ă Moorea consomme, avec ce seul voyage, près de trois fois le budget carbone annuel visĂ© pour 2050.
Et cela sans compter son hébergement, son alimentation ou ses déplacements sur place.
Ă€ titre d’illustration, si dix athlètes effectuent cet aller-retour, leurs seuls voyages reprĂ©sentent environ 56 tonnes de COâ‚‚e.
Un paradoxe pour une discipline qui revendique son attachement Ă la nature : les qualifications ont lieu en France, mais la finale impose aux prĂ©tendants mĂ©tropolitains un dĂ©placement jusqu’au milieu du Pacifique.
Sources : ADEME – Impact COâ‚‚ et ADEME – Empreinte carbone individuelle. Estimation indicative fondĂ©e sur la distance Paris–Papeete et un facteur moyen d’Ă©mission. Il ne s’agit pas du bilan carbone officiel de l’Ă©vĂ©nement. L’objectif de 2 tonnes par an est une cible pour 2050, et non une limite rĂ©glementaire actuelle.
La Ligue Ultra est un circuit de compĂ©titions d’ultra-trail qui s’appuie notamment sur quatre Ă©preuves organisĂ©es en mĂ©tropole :
- La Western Azuréenne ;
- Le Trail de Haute-Provence ;
- L’Ultra 01 ;
- Le Grand Raid Kiprun 3 Vallées-Moûtiers.
Pour accĂ©der Ă la finale, les coureurs peuvent obtenir un « golden ticket », notamment en montant sur le podium d’une manche qualificative ou en terminant les quatre courses du circuit sur les deux dernières saisons.
Les compteurs sont ensuite remis Ă zĂ©ro lors de la finale. Le premier coureur qualifiĂ© Ă franchir la ligne d’arrivĂ©e dĂ©croche le titre de champion de la Ligue Ultra.
Des athlètes invités peuvent également participer au Tahiti Moorea Ultra Trail, sans nécessairement concourir pour ce titre.
Le principe est donc assez simple : des sportifs disputent des courses en France pour tenter de se qualifier pour une finale organisĂ©e… Ă l’autre bout de la planète.
Moorea se trouve Ă environ 16 000 kilomètres de Paris Ă vol d’oiseau.
Pour les participants venant de mĂ©tropole, le voyage nĂ©cessite de longs vols internationaux, gĂ©nĂ©ralement avec escale, puis un transfert vers l’Ă®le.
Et c’est lĂ que le concept devient beaucoup plus difficile Ă dĂ©fendre sur le plan environnemental.
Pourquoi organiser une finale de trail à Tahiti est un non-sens écologique
Le problème n’est Ă©videmment pas que les PolynĂ©siens organisent des trails.
Les habitants de Moorea ont parfaitement le droit de pratiquer la course en montagne, de développer leurs compétitions et de faire découvrir leurs paysages.
Le problème est de choisir dĂ©libĂ©rĂ©ment cette destination pour accueillir la finale d’un circuit principalement mĂ©tropolitain.
Le trail est pourtant une discipline qui revendique régulièrement son attachement à la nature.
Les organisateurs multiplient les initiatives pour limiter les déchets, protéger les espaces traversés, encourager le covoiturage ou sensibiliser les coureurs aux enjeux environnementaux.
Mais quel sens donner Ă tous ces efforts lorsqu’une compĂ©tition encourage ses participants Ă effectuer un voyage aĂ©rien de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres aller-retour ?
Sur un tel dĂ©placement, le transport aĂ©rien reprĂ©sente une source majeure d’Ă©missions de gaz Ă effet de serre.
Ramasser quelques dĂ©chets sur un sentier ou utiliser un gobelet rĂ©utilisable ne compense pas les Ă©missions d’un aller-retour entre la mĂ©tropole et la PolynĂ©sie française.
Il ne s’agit pas de culpabiliser individuellement les coureurs. Yoann Lecauchois et ses adversaires participent Ă une compĂ©tition sportive dont ils n’ont pas fixĂ© les règles.
En revanche, on peut lĂ©gitimement interroger la dĂ©cision des organisateurs d’avoir installĂ© cette finale aussi loin des Ă©preuves qualificatives.
Car l’empreinte environnementale d’un Ă©vĂ©nement ne se limite pas Ă ce qui se passe sur le parcours. Elle comprend aussi les dĂ©placements nĂ©cessaires pour y participer.
Une compétition qui affiche pourtant des ambitions écologiques
Le paradoxe est d’autant plus frappant que le Tahiti Moorea Ultra Trail affiche lui-mĂŞme une dĂ©marche environnementale.
L’organisation propose notamment aux participants de contribuer Ă des opĂ©rations de nettoyage et d’entretien des espaces naturels.
Une contribution financière environnementale est Ă©galement prĂ©vue dans les modalitĂ©s d’inscription, avec des possibilitĂ©s de remboursement liĂ©es Ă la participation Ă certaines actions Ă©cocitoyennes.
Ces initiatives peuvent avoir une réelle utilité pour les habitants et les espaces naturels de Moorea.
Mais elles posent aussi la question de la cohérence globale du projet.
D’un cĂ´tĂ©, on encourage les coureurs Ă protĂ©ger les sentiers et Ă participer Ă leur entretien.
De l’autre, on organise une finale sportive qui suppose, pour les athlètes mĂ©tropolitains, un dĂ©placement aĂ©rien particulièrement important.
Selon Tahiti Nui TĂ©lĂ©vision, près de 40 kilomètres de sentiers ont Ă©galement Ă©tĂ© ouverts pour l’Ă©dition 2026. Cela ne permet pas, Ă lui seul, de conclure Ă une dĂ©gradation Ă©cologique, mais interroge sur les amĂ©nagements nĂ©cessaires au dĂ©veloppement de l’Ă©vĂ©nement.
Et surtout, aucune opĂ©ration de nettoyage ne peut faire disparaĂ®tre l’impact climatique des voyages internationaux.
Le problème dépasse donc largement la question des déchets abandonnés sur les chemins.
Il concerne le modèle même de développement du trail.
Yoann Lecauchois n’est pas responsable de ce paradoxe (mais il va tous les ans)
Il serait évidemment injuste de faire porter cette contradiction au vainqueur.
Yoann Lecauchois a rĂ©alisĂ© une performance sportive remarquable. Il a su gĂ©rer son effort sur un parcours difficile, revenir sur ses adversaires et conserver son avance jusqu’Ă l’arrivĂ©e.
Sa victoire est incontestable.
Elle intervient également face à une concurrence relevée, avec notamment Alexis Sevennec, Benoît Ribeiro, Louis Calais et Delbi Villa Gongora parmi les coureurs attendus.
Le Français n’a pas choisi la destination de la finale de la Ligue Ultra. Il a simplement pris le dĂ©part d’une compĂ©tition et remportĂ© la course.
Mais cette victoire met malgrĂ© elle en lumière une contradiction qui concerne l’ensemble du trail professionnel.
Ă€ mesure que la discipline se dĂ©veloppe, les circuits multiplient les destinations internationales. Les courses les plus prestigieuses deviennent des rendez-vous auxquels il faut parfois se rendre en avion, mĂŞme lorsqu’il existe des terrains de montagne exceptionnels beaucoup plus proches.
La logique sportive et commerciale entre alors en contradiction avec les valeurs environnementales régulièrement mises en avant par la discipline.
En rĂ©sumĂ©, la question est de savoir s’il faut vraiment traverser la planète pour courir un trail ?
Le Tahiti Moorea Ultra Trail est une belle compĂ©tition. Ses paysages sont exceptionnels, ses parcours exigeants et ses participants mĂ©ritent d’ĂŞtre saluĂ©s.
Il peut également représenter un événement important pour les sportifs polynésiens et les acteurs locaux.
Mais une question demeure : pourquoi avoir fait de Moorea la destination finale d’un circuit essentiellement organisĂ© en France ?
La course à pied possède pourtant un avantage considérable par rapport à de nombreux autres sports : elle peut se pratiquer presque partout, avec relativement peu de matériel et sans infrastructures lourdes.
Le trail permet de dĂ©couvrir des territoires, de s’immerger dans les paysages et de vivre des aventures sportives sans nĂ©cessairement parcourir la moitiĂ© du globe.
Ă€ force de vouloir proposer des destinations toujours plus spectaculaires, les organisateurs risquent de transformer cette discipline de pleine nature en une succession de voyages internationaux.
Il ne s’agit pas d’interdire aux coureurs de voyager, ni de prĂ©tendre qu’un trail doit obligatoirement se dĂ©rouler Ă proximitĂ© de chez soi.
Mais lorsqu’un circuit revendique les valeurs de la course en nature, le choix de sa finale devrait aussi pouvoir ĂŞtre interrogĂ© Ă travers le prisme de son impact environnemental.
Yoann Lecauchois mĂ©rite pleinement sa victoire. Mais cette Ă©dition 2026 du Tahiti Moorea Ultra Trail laisse un goĂ»t amer : celui d’un sport qui cĂ©lèbre la nature tout en demandant Ă ses champions de traverser la planète en avion pour aller courir.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondĂ© de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribuĂ© Ă faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dĂ©rives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidĂ©os YouTube.








