🎧 Quatre semaines après sa victoire sur l’Ultra-Terrestre de l’Océan Indien, Louis Calais n’est toujours pas complètement remis.
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Les séquelles de Louis Calais suite à sa victoire sur l’Ultra-Terrestre
1) Louis Calais révèle souffrir de deux déchirures au mollet droit et d’un œdème osseux au niveau de la rotule gauche suite à sa victoire sur l’Ultra-Terrestre de La Réunion.
Une situation qui rappelle à quel point les 224 km et 14 325 m de dénivelé positif de l’UTOI peuvent laisser des traces, même chez le vainqueur.
Derrière les photos d’arrivée et les félicitations, le corps continue parfois de payer l’addition longtemps après la course. Le témoignage de Louis Calais apporte un éclairage rare sur l’envers du décor d’une victoire en ultra-trail extrême.
Pourtant vainqueur de l’une des courses les plus exigeantes de la saison, le Savoyard continue de gérer les conséquences physiques d’un effort qui a laissé des traces bien au-delà de la ligne d’arrivée.
Dans un message publié quatre semaines après son succès, Louis Calais rappelle une réalité souvent oubliée derrière les images de victoire : certains ultras ne se terminent pas vraiment sur la ligne d’arrivée.
Le 10 mai dernier, il remportait l’Ultra-Terrestre de l’Océan Indien après 224 km et 14 325 m de dénivelé positif à travers l’île de La Réunion, devant François D’Haene et Jon Schindler.
Mais derrière cette performance impressionnante, le corps a payé l’addition. Durant plusieurs semaines, le traileur a dû concentrer ses efforts sur sa récupération et le traitement de blessures suffisamment importantes pour freiner toute reprise normale de l’entraînement.
Lui-même résume aujourd’hui son état à l’arrivée avec humour : il était arrivé à Saint-Denis « totalement en vrac ».
Dans son bilan publié cette semaine, Louis Calais explique avoir passé l’essentiel du mois à soigner plusieurs blessures importantes, notamment deux déchirures au mollet droit ainsi qu’un œdème osseux au niveau de la rotule gauche.
Des blessures suffisamment sérieuses pour repousser toute idée de reprise normale pendant plusieurs semaines.
2) Douleur persistante au genou
Un mois après la course, le constat reste donc le même : la récupération est loin d’être terminée.
Pour un athlète de haut niveau habitué à enchaîner les gros volumes d’entraînement, cette récupération prolongée illustre la violence de l’effort fourni à La Réunion.
3) Indicateurs physiologiques encore dans le rouge
Les blessures ne sont d’ailleurs qu’une partie du problème.
Louis Calais explique avoir concentré sa récupération sur plusieurs indicateurs de performance qui ne sont toujours pas revenus à leur niveau habituel : sa variabilité de fréquence cardiaque (VFC), sa vitesse ascensionnelle maximale (VAM) et sa force maximale au quart de squat.
En d’autres termes, la guérison des tissus ne signifie pas forcément que l’organisme a retrouvé son niveau de fonctionnement habituel.
Cette situation semble d’ailleurs partagée par de nombreux participants de l’Ultra-Terrestre. Dans les commentaires, plusieurs coureurs racontent vivre des difficultés similaires. L’un d’eux, finisher après 79 heures d’effort, explique avoir repris l’entraînement mais constate que sa VFC reste « en PLS », avec une fatigue persistante et des bâillements permanents plusieurs semaines après la course.
Des témoignages qui rappellent à quel point les très longues distances peuvent générer une fatigue profonde, parfois bien au-delà de ce que l’on imagine.
La suite de sa saison est en suspens
Le prochain objectif de Louis Calais devait être la Restonica Trail début juillet.
Mais le coureur reste prudent.
Il lui reste seulement deux semaines pour retrouver sa pleine puissance musculaire et sa meilleure capacité de montée. Lui-même reconnaît que le défi est ambitieux.
Si les indicateurs ne remontent pas suffisamment vite, il renoncera à prendre le départ. Son véritable objectif de la saison demeure l’Échappée Belle à la fin du mois d’août.
Une décision qui montre aussi une certaine maturité sportive. Après avoir poussé son corps jusqu’à ses limites sur 224 km, l’enjeu n’est plus de courir coûte que coûte, mais de retrouver durablement son niveau.
En résumé, l’Ultra-Terrestre relance la question du trail extrême
Le cas Louis Calais rappelle finalement une question qui revient régulièrement dans le monde de l’ultra-trail : à partir de quel moment quitte-t-on le domaine du sport santé ?
Le principal intéressé répond lui-même avec franchise lorsqu’il écrit que cette aventure était « loin du sport santé ».
La formule fait sourire, mais elle résume parfaitement la situation. Lorsque la récupération nécessite plus d’un mois, que des déchirures musculaires et un œdème osseux apparaissent, et que les principaux marqueurs physiologiques restent perturbés plusieurs semaines après l’arrivée, on comprend mieux pourquoi les formats de plus de 200 km fascinent autant qu’ils interrogent.
Au fond, on ne sait pas trop si c’est rassurant ou inquiétant. Rassurant parce que cela confirme que l’Ultra-Terrestre n’était pas une balade de santé, même pour celui qui l’a remportée. Flippant aussi, parce qu’il est toujours impressionnant de voir dans quel état certains athlètes sont prêts à se mettre pour vivre ce genre d’aventure. 😀
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