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🎧 Une femme de 53 ans a été grièvement blessée ce dimanche 27 septembre 2026 lors d’une partie de chasse à Bellecombe-en-Bauges, en Savoie.
Accident de chasse en Savoie
Peu avant 9 h 30, cette membre d’une équipe de chasse a été touchée au mollet par un projectile. Les secours du groupe montagne des sapeurs-pompiers de Savoie sont intervenus avant son évacuation par l’hélicoptère Dragon 74 vers le centre hospitalier Annecy-Genevois.
Les circonstances précises du tir restent à établir : les informations disponibles ne permettent pas de savoir qui a tiré, avec quelle arme ni selon quelle trajectoire le projectile a atteint la victime.
Mais l’essentiel est déjà là : une personne participant à une chasse a été grièvement blessée par un projectile.
En trail, cet accident de chasse nous appelle à rester vigilants
parce qu’une arme de chasse peut grièvement blesser quelqu’un
Le débat autour de la chasse finit souvent par se perdre dans des comparaisons sans rapport direct avec le problème posé.
Ici, les faits sont simples. Une femme participait à une chasse. Un projectile l’a atteinte au mollet. Sa blessure a nécessité l’intervention de secours spécialisés puis un héliportage vers un hôpital.
Ce type d’accident rappelle pourquoi les autres usagers de la nature peuvent ressentir une inquiétude pendant la saison de chasse. Le risque ne repose pas uniquement sur l’intention du tireur. Il tient aussi à la trajectoire du projectile, à l’identification de la cible, à ce qui se trouve derrière elle, aux éventuels ricochets et à toutes les erreurs possibles au moment où le coup part.
Et lorsqu’un projectile touche déjà une membre de l’équipe de chasse, difficile d’expliquer ensuite aux promeneurs ou aux traileurs que leur inquiétude relèverait simplement d’une peur irrationnelle.
parce que les arguments pro chasse sont toujours les mêmes, même en cas d’accident grave
Dans les commentaires, certains ressortent immédiatement l’argument habituel : il y a aussi des morts en voiture, des cyclistes dangereux, des accidents dans d’autres sports.
Tout cela existe.
Mais cela ne répond absolument pas à la question posée.
Un traileur victime d’une crise cardiaque pendant une course subit un événement médical qui lui est propre. Un conducteur impliqué dans un accident de la route évolue dans un espace spécialement conçu pour la circulation automobile, avec un Code de la route, des voies définies et des règles communes à tous les usagers.
Un projectile tiré pendant une chasse possède une autre particularité : il peut atteindre quelqu’un qui ne participe absolument pas à l’activité à l’origine du risque.
C’est exactement ce qui inquiète les autres usagers de la nature.
Et non, « la forêt appartient aux chasseurs » ne règle pas davantage la question
Autre argument régulièrement utilisé : les coureurs devraient simplement éviter les territoires de chasse, voire êtres confinés chez eux six mois de l’année lorsque les chasseurs occupent la forêt.
La réalité foncière française est beaucoup plus complexe.
Les espaces naturels comprennent des forêts privées, des forêts communales, des forêts domaniales, des chemins ruraux, des voies publiques et une multitude de situations locales. Toutes les forêts françaises ne sont donc pas privées et, surtout, le statut foncier d’une parcelle ne transforme pas automatiquement l’ensemble d’un massif en espace réservé aux chasseurs.
Cela ne signifie évidemment pas qu’un traileur peut entrer librement sur n’importe quelle propriété privée. Les droits de passage et les conditions d’accès varient selon les lieux.
Mais la question de sécurité demeure dans tous les cas : le fait qu’une chasse se déroule sur un terrain privé ne rend pas un projectile moins dangereux et ne supprime pas les routes, chemins, habitations ou propriétés voisines.
Le débat sur la propriété ne peut donc pas remplacer celui sur la sécurité.
Les commentaires sexistes montrent aussi à quel point le débat peut déraper
L’article du Dauphiné Libéré a également déclenché plusieurs commentaires visant directement la victime parce qu’elle est une femme.
L’un d’eux affirme notamment, en substance, que les femmes devraient rester « à la cuisine » plutôt que participer à la chasse.
Au-delà du sexisme évident, le commentaire repose sur une conclusion que les faits disponibles ne permettent même pas de tirer.
Le Dauphiné indique que cette femme a été touchée par un projectile. Rien, dans les informations publiées, n’établit qu’elle aurait elle-même provoqué l’accident.
Autrement dit, certains commentateurs réussissent à transformer une chasseuse grièvement blessée en responsable présumée de son propre accident uniquement parce qu’elle est une femme.
Le problème n’est pourtant ni son sexe, ni sa présence à la chasse. Le problème est qu’un projectile a atteint une personne.
On pourrait également considérer que cet accident concerne exclusivement le monde de la chasse puisque la victime faisait elle-même partie de l’équipe.
Ce serait passer à côté de l’essentiel. La trajectoire d’un projectile ne change pas selon que la personne située sur son chemin possède ou non un permis de chasser.
C’est précisément ce qui explique notre ligne depuis le début de la saison : le débat sur la chasse ne porte pas seulement sur la liberté de chasser. Il porte aussi sur le risque que cette activité armée fait peser sur ceux qui se trouvent autour.
⚠️ Septembre 2026 : déjà plusieurs accidents et incidents liés à la chasse recensés en France
Au 27 septembre 2026, le bilan mensuel officiel de l’Office français de la biodiversité reste à venir. L’OFB publie ses statistiques à l’échelle de la saison cynégétique et utilise une définition précise : un « accident de chasse » correspond à une blessure corporelle liée à l’utilisation d’une arme de chasse, tandis qu’un tir provoquant uniquement des dégâts matériels entre dans la catégorie des incidents.
La presse française permet déjà de recenser au moins cinq événements survenus pendant des actions de chasse depuis le début du mois de septembre.
- 12 septembre, Haute-Corse : un chasseur de 18 ans est chargé par un taureau sauvage pendant une partie de chasse et sérieusement blessé.
- 13 septembre, Saint-Paul-sur-Ubaye (Alpes-de-Haute-Provence) : un chasseur de 90 ans meurt après une chute d’environ cinq mètres pendant une sortie de chasse.
- 19 septembre, Mably (Loire) : une balle tirée pendant une battue aux sangliers traverse du mobilier de jardin avant de terminer sa course dans le mur d’une maison. L’OFB classerait ce type d’événement parmi les incidents liés à un tir, puisque le projectile a provoqué des dégâts matériels.
- 22-23 septembre, secteur de Besançon (Doubs) : un chasseur de 80 ans parti chasser est retrouvé mort dans le Doubs ; les premiers éléments orientent l’enquête vers une chute dans la rivière.
- 27 septembre, Bellecombe-en-Bauges (Savoie) : une chasseuse de 53 ans est touchée au mollet par un projectile, grièvement blessée puis héliportée vers le centre hospitalier Annecy-Genevois.
Un autre accident s’ajoute à ce bilan élargi : le 6 septembre au Fleix, en Dordogne, deux chasseurs préparant une installation destinée à la chasse à la palombe chutent d’une dizaine de mètres depuis une nacelle. Un homme de 74 ans est grièvement blessé et un homme de 45 ans blessé à la jambe. Cet événement s’est produit pendant la préparation d’un poste de chasse, avant l’action de chasse elle-même.
Le bilan provisoire de septembre atteint donc au moins cinq événements survenus pendant des actions de chasse, dont deux décès, deux blessés et un tir ayant atteint une habitation, auxquels s’ajoute l’accident de Dordogne ayant fait deux blessés lors de la préparation d’une installation.
La statistique officielle de l’OFB sera plus restrictive, puisqu’elle comptabilise spécifiquement les accidents corporels causés par une arme. Pour les usagers de la nature, le bilan de terrain raconte cependant une réalité plus large : chutes, tirs, blessures et incidents se succèdent dès les premières semaines de la saison.
En résumé, demander davantage de sécurité, ce n’est stigmatyser les chasseurs
Chaque accident déclenche presque mécaniquement les mêmes camps : ceux qui réclament l’interdiction totale, ceux qui défendent la chasse quoi qu’il arrive, puis ceux qui répondent avec les voitures, les cyclistes ou les accidents de montagne.
Entre les deux, il existe pourtant une question beaucoup plus simple.
Comment réduire au maximum le risque qu’un projectile atteigne une personne ?
À Bellecombe-en-Bauges, ce dimanche matin, une femme de 53 ans a été grièvement blessée au mollet pendant une chasse.
Ce fait suffit à rappeler pourquoi les règles de sécurité, le contrôle des armes, la formation, l’organisation des battues et la cohabitation avec les autres usagers ne constituent pas des sujets accessoires.
Pour un traileur qui court plusieurs heures dans les forêts et les montagnes pendant près de la moitié de l’année de chasse, la question reste très concrète : personne ne souhaite apprendre qu’un projectile a quitté la trajectoire prévue au moment précis où il passait sur le chemin.
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