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🎧 La saison 2026-2027 vient à peine de commencer dans une partie des Alpes-de-Haute-Provence qu’un drame est déjà survenu. Ce dimanche 13 septembre, un chasseur de 90 ans est mort à Saint-Paul-sur-Ubaye après une chute d’environ cinq mètres, alors qu’il participait à une partie de chasse. Les secours du PGHM de Jausiers sont intervenus dans un secteur difficile d’accès, mais l’homme n’a pas survécu à ses blessures. Une enquête de gendarmerie doit encore déterminer précisément les circonstances de la chute.
Au-delà du drame humain, un élément interpelle forcément : la victime avait 90 ans. Et cela pose une question dont on parle peu lorsqu’on évoque la chasse : jusqu’à quel âge peut-on continuer à pratiquer une activité qui combine déplacements sur terrain parfois escarpé, fatigue, manipulation d’une arme et nécessité de conserver une vigilance permanente ?
Le drame survient le jour même de l’ouverture générale
Dans les Alpes-de-Haute-Provence, l’ouverture générale de la chasse à tir est fixée au 13 septembre 2026, à 7 heures. Le décès de Saint-Paul-sur-Ubaye est donc survenu le jour même de cette ouverture.
Selon les informations rapportées par Alpes 1, le chasseur évoluait dans un secteur difficile d’accès lorsqu’il aurait chuté d’environ cinq mètres. Les circonstances restent à établir et rien, à ce stade, ne permet d’attribuer la chute à son âge, à un problème médical ou à une faute particulière.
Il faut donc être très clair : cet accident n’est pas un accident de tir. Aucun projectile n’est en cause d’après les premiers éléments disponibles. Il s’agit d’une chute survenue pendant une action de chasse.
À 90 ans, peut-on encore chasser ?
C’est là que cet accident soulève une question plus large.
En France, il n’existe pas d’âge maximal général au-delà duquel un permis de chasser deviendrait automatiquement invalide. Les textes prévoient différentes causes d’incapacité ou d’interdiction, mais le grand âge, à lui seul, n’apparaît pas comme une interdiction automatique de validation.
Autrement dit, un chasseur peut légalement continuer à pratiquer à 80, 85 ou 90 ans s’il remplit les conditions permettant de chasser.
Juridiquement, cela se comprend. Mais la question de l’aptitude physique reste entière, notamment en montagne.
La montagne ne pardonne pas les mêmes erreurs à 30 ans qu’à 90 ans
Saint-Paul-sur-Ubaye n’est pas un terrain de promenade parfaitement plat. Dans un environnement montagnard, une partie de chasse peut nécessiter de marcher sur des pentes raides, des pierres instables, des sols humides ou des chemins exposés.
Or le risque de chute augmente avec l’âge et, surtout, les conséquences d’une chute peuvent devenir beaucoup plus graves chez une personne très âgée.
Cela ne veut pas dire qu’un homme de 90 ans serait automatiquement incapable de marcher en montagne ou de chasser. Certains nonagénaires conservent une condition physique remarquable. Mais à cet âge, la question de l’évaluation individuelle de l’aptitude devient difficile à éviter, d’autant plus lorsque l’activité pratiquée comporte une arme.
Le débat ne concerne pas seulement celui qui chasse
C’est aussi là que la question dépasse la seule liberté individuelle.
Si un pratiquant de randonnée décide à 90 ans de continuer à marcher sur un sentier difficile, le risque concerne essentiellement sa propre sécurité. Dans le cas de la chasse, il existe une dimension supplémentaire : le pratiquant peut également être amené à manipuler et utiliser une arme à feu dans un espace fréquenté par d’autres personnes.
Le drame de Saint-Paul-sur-Ubaye n’a, encore une fois, aucun lien établi avec un tir. Mais il rappelle qu’au-delà des accidents impliquant directement des armes, la chasse reste une activité physiquement exigeante, dans laquelle l’état de santé, les réflexes, l’équilibre, la vision ou la fatigue ont leur importance.
Faut-il envisager un contrôle d’aptitude avec l’âge ?
C’est probablement la vraie question soulevée par ce décès.
Faut-il instaurer, à partir d’un certain âge, un contrôle médical régulier pour continuer à chasser ? Faut-il évaluer l’aptitude physique et cognitive comme on commence à le discuter pour d’autres activités à risque ? Ou faut-il considérer que la responsabilité doit rester entièrement individuelle ?
La réponse n’est pas évidente, et le décès d’un homme de 90 ans ne permet évidemment pas à lui seul de conclure qu’un âge limite aurait évité ce drame.
Mais poser la question n’a rien d’absurde.
Lorsque l’on parle autant de sécurité à la chasse, des angles de tir, des équipements fluorescents, des formations ou de la cohabitation avec les autres usagers, l’âge et l’aptitude physique des pratiquants devraient aussi pouvoir faire partie du débat.
Une saison qui commence déjà par un drame
La saison de chasse vient tout juste de reprendre dans les Alpes-de-Haute-Provence, et elle commence par la mort d’un pratiquant.
À ce stade, il serait excessif de présenter cet accident comme la conséquence de son âge. L’enquête devra déterminer ce qui s’est réellement passé.
Mais lorsqu’un homme de 90 ans trouve la mort pendant une partie de chasse en montagne, la question est difficile à éluder : jusqu’à quel âge peut-on continuer à pratiquer la chasse sans qu’une évaluation spécifique de l’aptitude ne soit nécessaire ?
Et avec le vieillissement de la population des chasseurs, ce débat risque de revenir de plus en plus souvent.
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