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Le bitume, c’est leur cauchemar. Pour certains traileurs, poser un pied sur une route goudronnée semble être une trahison. Mais d’où vient ce rejet, et que dit-il de notre manière de penser le trail ?
On les repère facilement sur les sentiers : ils râlent quand ça dure trop longtemps sur la route, dévient dès qu’ils croisent un talus, et fuient les zones urbaines comme la peste.
Mais qui sont vraiment ces traileurs qui rejettent le bitume ? Simple caprice ou vraie identité ? Enquête.
Les puristes de la montagne
Ce sont les premiers à dégainer leur rejet viscéral du goudron. Pour eux, le trail est une affaire de cailloux, de pierriers, de cols et de sommets. Courir à plat ou sur du dur ? Une hérésie. Très souvent originaires des Alpes ou des Pyrénées, ils associent l’asphalte à une trahison de l’esprit “montagnard”. Leur définition du trail est simple : si t’as pas 1000 m de D+ en 10 km, c’est que t’as couru sur une autoroute.
Les écorchés du trail urbain
Ils viennent des villes, ont débuté sur route… et en gardent un souvenir douloureux. Blessures, lassitude, saturation des trottoirs, bruit, pollution : pour eux, la route est un trauma. Depuis qu’ils ont goûté au sentier, plus question d’y revenir. Ils ne veulent plus entendre parler de kilomètres monotones ou de lignes droites sans âme. Leur rejet est une forme d’exorcisme.
Les intégristes du ratio sentiers
Chez eux, tout est mesuré : “68 % sentier, 32 % route ? C’est trop. Je m’inscris pas.” Ils analysent les traces GPX, scrutent les segments, comparent les surfaces. Ces traileurs-là veulent du 100 % nature — ou rien. Ils n’ont aucun problème avec 2 km de route… à condition que ce soit dans une course à étapes de 200 km, sinon ils crient au scandale. Pour eux, la pureté du terrain prime sur tout.
Les influenceurs du “tout naturel”
Sur Instagram, leur bio est un manifeste : “#natureaddict, #zerobitume, #100pour100sentier”. Ils courent pour “revenir à l’essentiel”, pour “se reconnecter”, et affichent un mode de vie détox. La route, c’est le système. Le goudron, c’est la société. Leur rejet est autant esthétique que politique : courir en forêt devient un acte militant. Mais parfois, ce discours cache simplement une envie de likes.
Les allergiques à l’impact mécanique
Plus pragmatiques, ceux-là invoquent les douleurs. Courir sur route, ça tape, ça use, ça casse les articulations. Leur argument est biomécanique : “j’ai mal aux genoux sur l’asphalte”. Alors ils préfèrent les sols souples, même si cela implique un terrain boueux ou accidenté. Ce rejet est souvent partagé par les vétérans, ou ceux qui sortent d’une blessure, et qui veulent ménager leur monture.
Les snobs du D+
Ils n’ont pas forcément de douleur, ni de revendication idéologique, mais ils trouvent la route… ennuyante. Plate. Facile. Courir, pour eux, doit être un effort noble, rude, exigeant. Le bitume n’offre ni défi, ni récompense. Alors ils le snobent. Pour eux, une séance sur route est une régression. Le trail est devenu un art de vivre. Pas question de s’abaisser à faire du « fractionné sur boulevard ».
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