🎧 51 secondes pour comprendre pourquoi le trail féminin cartonne, tous les records tombent
Pendant des années, chaque victoire féminine marquante en ultra-trail était présentée comme une exception. Une anomalie. Une performance “incroyable” mais isolée.
Sauf qu’en 2026, le phénomène commence à devenir trop fréquent pour être ignoré.
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En quelques semaines à peine, plusieurs performances ont donné l’impression que le trail féminin était en train de changer de dimension.
Pas seulement parce que les femmes gagnent davantage. Mais parce que les records tombent désormais à une vitesse impressionnante.
Attention toutefois : parler de “preuve” reste délicat scientifiquement. Les hommes restent largement dominants statistiquement sur la majorité des courses, et les écarts physiologiques existent toujours. Mais quand on regarde les tendances récentes, il devient difficile de nier qu’il se passe quelque chose.
Preuve 1 : Rachel Entrekin a gagné le Cocodona 250 au scratch
C’est probablement l’événement qui a le plus marqué le monde du trail ces dernières semaines.
Sur le Cocodona 250, une des ultras les plus difficiles de la planète avec plus de quatre cents kilomètres de course, Rachel Entrekin n’a pas seulement remporté la course féminine. Elle a gagné le classement général absolu devant tous les hommes.
Et surtout, elle ne s’est pas imposée “par accident”. Elle a dominé la course avec une maîtrise impressionnante, bouclant l’épreuve en cinquante-six heures, neuf minutes et quarante-huit secondes, tout en pulvérisant le record du parcours.
Ce qui frappe aujourd’hui, c’est que ce type de scénario devient moins rare. Pendant longtemps, une femme capable de battre tous les hommes sur une ultra restait un événement exceptionnel. Désormais, beaucoup d’observateurs commencent à considérer que ce genre de performance pourrait se reproduire plus souvent sur les formats extrêmes.
Pourquoi ? Parce que sur des efforts aussi longs, certaines différences physiologiques classiques semblent perdre de leur importance. La puissance maximale ou l’explosivité comptent moins que la gestion de course, la résistance à la fatigue ou la stabilité mentale.
Et dans ces domaines, les meilleures ultra-traileuses atteignent désormais un niveau absolument monstrueux.
Preuve 2 : Tove Alexandersson a détruit le record de Zegama
Quelques jours après le Cocodona, un autre signal fort est arrivé depuis le Pays basque.
Pour sa première participation à Zegama-Aizkorri, Tove Alexandersson a littéralement explosé le record féminin de l’épreuve. Et pas dans des conditions faciles. La boue, la pluie et les sentiers glissants rendaient cette édition particulièrement difficile.
Malgré cela, la Suédoise a terminé en quatre heures, huit minutes et neuf secondes, abaissant l’ancien record de plus de huit minutes.
Huit minutes sur Zegama, c’est gigantesque.
Ce qui est intéressant ici, ce n’est pas seulement le chrono. C’est la vitesse à laquelle les records féminins tombent actuellement. Certains temps qui semblaient presque intouchables il y a quelques années commencent soudainement à paraître “attaquables”.
Et ce phénomène ne concerne pas uniquement le trail.
Preuve 3 : le marathon féminin progresse à une vitesse folle
Le plus impressionnant, c’est peut-être que cette tendance dépasse largement l’ultra-trail.
En mars dernier, Fotyen Tesfay a signé à Barcelone la deuxième meilleure performance féminine de l’histoire du marathon dès son premier essai sur la distance.
Puis en avril, Tigst Assefa a encore battu le record du monde féminin à Londres.
Et dans le même temps, les records européens féminins sur dix kilomètres tombent eux aussi beaucoup plus rapidement qu’avant.
Autrement dit, ce n’est plus seulement une histoire d’ultra-endurance. Le running féminin dans son ensemble est en train d’accélérer.
Oui, mais attention aux limites scientifiques
Dire que “les femmes progressent plus vite que les hommes” reste une formulation à manier avec prudence.
D’abord parce que le niveau masculin continue lui aussi de progresser. Ensuite parce que les densités de plateau restent souvent différentes entre les courses masculines et féminines.
Il faut aussi rappeler une réalité importante : le sport féminin a longtemps bénéficié de beaucoup moins de moyens, de visibilité et de professionnalisation. Une partie de cette progression spectaculaire correspond donc aussi à un rattrapage.
Aujourd’hui, les meilleures traileuses disposent enfin :
- de sponsors importants,
- de structures d’entraînement professionnelles,
- d’un suivi scientifique,
- d’une médiatisation mondiale.
Forcément, cela fait exploser le niveau global.
Enfin, les chercheurs restent prudents. Certaines études suggèrent effectivement que les femmes possèdent des avantages physiologiques intéressants sur les efforts très longs : meilleure résistance à la fatigue, meilleure gestion énergétique, fatigue neuromusculaire parfois moins marquée, pacing plus régulier.
Mais cela ne signifie pas que les femmes vont “dominer” le trail ou l’ultra dans toutes les situations.
Ce qui change vraiment dans le trail en 2026
La vraie révolution est peut-être ailleurs.
Pendant longtemps, quand une femme remportait une ultra ou battait des hommes, on parlait immédiatement “d’exploit exceptionnel”. Aujourd’hui, ces performances commencent à s’accumuler tellement vite que le regard change.
Et c’est probablement ça, la vraie news.
Le trail féminin n’est plus en train d’émerger. Il est en train d’entrer dans une nouvelle époque.
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