En gros, si vous voulez pas lire la suite : ils vous vendent un séjour au Kenya comme un produit presque touristique, pour « TOUS les coureurs ». Mais un coureur lambda ne va pas faire une semaine de course à pied (10 entrainements en altitude) sans avoir déjà un certain niveau. Le stage s’adresse donc à un certain niveau de compétence/performance en course à pied.. et pas à TOUS les coureurs.
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Les stages au Kenya : et si Iten devenait le nouveau Club Med ?
Iten, c’est la capitale mondiale du running, là où une grande majorité des athlètes internationaux viennent en stage, et LE lieu associé à l’entraînement des champions kényans. Inévitablement, il fallait bien que la destination devienne un jour où l’autre une destination presque ouverte au plus grand nombre : non plus uniquement aux élites, mais donc aussi aux coureurs amateurs de tous niveaux.
C’est en tout cas ce que propose Dorian Louvet, le médiatique marathonien, avec Run’ix. En effet, les deux sont associés pour proposer une semaine de stage, un séjour all-inclusive début 2026, accessible à TOUS les niveaux de coureurs.
Et forcément, ce terme de “TOUS” les coureurs, quand il s’agit d’un stage à Iten, interroge un peu beaucoup la pratique du sport et sa marchandisation.
Qu’est-ce qu’un séjour running (ou stage au Kenya) avec Dorian Louvet au Kenya ?
Dorian Louvet, tout le monde le connaît désormais car il a réussi l’exploit de boucler les 7 Majors du Marathon sur la même année civile, et chaque fois sous la barre des 2h30 ! Alors quand un athlète de ce calibre, de surcroît coach et ayant connu à peu près toutes les disciplines de la course à pied, parle de stage, on tend l’oreille. Ou on télécharge la brochure du stage qu’il propose pour le début de l’année prochaine. Sans entrer dans le détail, on y découvre 11 séances d’entraînement dans la semaine, 1 randonnée, mais aussi la découverte d’Iten et une journée safari, en plus des moments de convivialité entre coureurs et avec l’athlète.
Une promesse cohérente ?
Dès lors que l’on s’intéresse à la course à pied, on comprend vite à quel point Iten est la Mecque de la course à pied, l’épicentre du running mondial. Alors ça fait rêver, et pas seulement les athlètes. Tous ceux qui, de chez eux, s’entraînent avec plus ou moins d’assiduité et de réussite savent qu’un stage à Iten, le passage obligé de tous les athlètes, est une étape importante.
Et vous imaginez bien que Dorian Louvet comme l’organisateur derrière ce stage sait cela aussi bien que vous. En vous rendant en stage à Iten, vous découvrirez les lieux mythiques, vous irez courir au milieu des (futurs) athlètes les plus rapides sur piste, vous allez découvrir ce que l’altitude change concrètement à une semaine d’entraînement. En somme, vous allez toucher du doigt une image puissante, vous promettant vous aussi d’en faire partie, même si c’est juste une semaine dans votre vie.
Pour tous niveaux, vraiment ?
Courir à Iten durant un stage, ce n’est pas aller faire sa sortie longue du dimanche. Il y a tout d’abord l’altitude, soit 2400 m, presque le point le plus haut de l’UTMB. Et faire un footing dans ces conditions, ce n’est pas la même demande physique qu’en faire une dizaine dans la semaine.
Oui, on peut imaginer que chacun viendra courir à son allure, ou que les groupes sont assez nombreux pour permettre à chacun de courir à son niveau. Mais est-ce que l’on vient faire 10 entraînements/semaine quand on n‘est pas déjà soi-même d’un certain niveau en course à pied ? On se confronte aux coureurs les plus rapides de la planète, dans une émulation de groupe propice à se dépasser, et dans un contexte nouveau (chaleur et altitude) quand on n’est pas déjà capable de quelques résultats au-dessus de la moyenne ?
Le coureur du dimanche pourrait croire qu’il va changer de catégorie parce qu’il va passer une semaine à Iten, mais c’est sans tenir compte des difficultés d’adaptation.
Qu’est-ce que cache cette démocratisation des stages de haute performance ?
Cette idée de stage de running pour des coureurs de tous niveaux est complétée par une journée safari. C’est évidemment un incontournable du Kenya, l’offre y est pléthorique, l’expérience souvent inédite et les souvenirs nombreux.
Certes, mais cette journée hors cadre sportif pousse à se poser la question de ce que l’on vient vraiment chercher ? Est-il question d’un stage sportif, où l’on donne son temps et sa condition physique à l’apprentissage et l’amélioration de ses conditions sportives ? Ou est-ce que l’on y voit une façon de mélanger les raisons de faire le voyage. On vient courir, mais pas seulement, justifiant ainsi plus facilement que l’on puisse venir en couple, même si le running est plus l’affaire de l’un des deux membres.
De là à dire qu’on est la prochaine destination Club Med, c’est peut-être exagéré. Mais c’est pourtant le chemin que cela prend !
Faut-il se réjouir de ces stages de running ouverts à tous les niveaux ?
Qu’un stage de running ne soit pas un camp militaire, ça s’entend ! L’accès à un certain confort, à du divertissement, à des moments et des espaces de récupération, tout cela est à la fois normal et axé sport. Même l’inclusion d’une journée safari s’entend tout à fait. Après tout, même les athlètes ont des journées de récupération.
Néanmoins, la formule reste tendancieuse. Au-delà du coût, 940 euros par semaine et par personne sans compter les vols, on ne s’adresse tout simplement pas aux coureurs de tous niveaux, mais à ceux capables d’assumer une certaine charge d’entraînement qui ne correspond pas, justement, à tout le monde.
Le rêve est beau, l’opportunité sans doute très intéressante, mais le message aurait demandé plus de clarté. Il n’aurait pas perdu de sa crédibilité, il aurait simplement mieux ciblé son public.
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