En regardant les résultats du marathon de Paris, on se rend compte que des dizaines de participants ont franchi la ligne d’arrivée après la barrière horaire. Certains chronos ne sont pas fiables à cause d’erreurs de chronométrages, mais les derniers arrivent tout de même en plus de 8h, et sont considérés comme finishers dans le classement !
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Chaque année pourtant, le marathon de Paris célèbre le dépassement
Mais à force de vouloir être inclusif à tout prix, et de voir des finishers afficher un chrono proche de 8 heures, l’évènement finit par perdre de vue ce qu’il est censé représenter : une course.
Une barrière horaire déjà très large
Officiellement, la barrière horaire du marathon est fixée à 6 heures, ce qui est déjà une durée énorme pour une distance de 42,195 km.
6 heures de course pour finir un marathon correspond à une allure accessible à des coureurs amateurs voire à des alternances course-marche.
Voir des personnes finir le marathon en près de 8 heures revient à changer la nature même de l’épreuve. Le dernier à finir la course a donc une allure de 5,2 km/h. Peut-on vraiment parler de course ? Non ! À ce rythme, on peut davantage parler de marche prolongée sur un parcours sécurisé, que de course à pied…
Une nuance à apporter
Officiellement pour l’organisation, la dernière à avoir franchi la ligne d’arrivée a couru le marathon en 6h40, et comme le veut la tradition, elle a été acclamée par le public, et a pu poser en photo avec les 2 vainqueurs de la course. Si elle a pu avoir un chrono dépassant la barrière
Tous les participants arrivés après elle n’ont bénéficié ni de l’ambiance, ni de la médaille, ni du ravitaillement d’arrivée. En revanche, ils ont tout de même pu franchir l’arche avec leur dossard, leur puce enregistrant ainsi leur temps final. Ils figurent donc comme finishers dans le classement officiel.
C’est là que se situe le problème. Comment peut-on accepter que certaines personnes s’inscrivent à un marathon censé se finir en 6 heures alors qu’elles en mettent 2 heures de plus ? Faut-il vraiment valider toutes les inscriptions sans tenir compte du niveau ou du potentiel des participants ?
Entre inclusion et perte de dimension sportive
Bien sûr, l’argument de l’inclusion revient systématiquement. Permettre à chacun de participer, quel que soit son niveau, peut être considéré comme une bonne chose. Maintenant, la distance marathon n’est plus réservée à une élite, il est devenu accessible et c’est aussi ce qui fait son succès.
Mais cette logique a des limites. À force de vouloir accueillir tout le monde, on diminue la dimension sportive de l’événement. Un marathon reste une épreuve exigeante, qui implique une préparation sérieuse et un minimum de capacité physique.
Et c’est sans doute sur ce point qu’il faudrait agir. Comme sur certains trails ou un niveau minimum est requis pour l’inscription, il serait peut-être pertinent d’exiger un temps de référence sur une course moindre (par exemple faire moins de 2h45 sur semi-marathon) avant d’autoriser le départ sur marathon. Cela permettrait de limiter certaines dérives.
Une question d’organisation et de sécurité
Au-delà du fait de considérer qu’un marathon doit être réservé aux coureurs ayant la capacité de courir sous une barrière horaire de 5 ou 6 heures, il y a aussi d’autres enjeux. Maintenir des routes fermées, mobiliser des bénévoles, assurer la sécurité et les soins pendant près de 8 heures représente une logistique supplémentaire.
Accepter des arrivées bien au-delà de la barrière officielle pose un problème de cohérence. Pourquoi fixer une limite si elle n’est pas réellement appliquée ?
Garder des règles strictes pour éviter des dérives
Plutôt que de laisser planer un flou, les organisateurs devraient clarifier les règles.
A force de banaliser la distance marathon, et de laisser finir la course au-delà des barrières horaires initiales, le marathon va finir par avoir des limites de temps de plus en plus élargies. Considérant qu’un marathon se court, finir un marathon dans ces conditions n’a plus aucun sens.
La barrière horaire initiale de 6 heures devrait être impérativement respectée pour préserver l’esprit sportif de l’épreuve. Et une fois la barrière horaire dépassée, pourquoi ne pas désactiver la puce de chronométrage afin de ne plus pouvoir enregistrer les coureurs retardataires ?
Préserver la symbolique du marathon
Le marathon est une épreuve mythique, exigeante et chargée d’histoire. Le rendre accessible ne doit pas signifier accepter d’en modifier les règles.
Comment est-ce possible de prendre un dossard pour faire l’intégralité du parcours en marchant ? Le marathon de Paris est l’un de ceux qui compte le plus de coureurs débutants sur cette distance, et on ne peut que se réjouir de voir de plus en plus de personnes se mettre au sport et se lancer sur ce genre de distances. Mais il ne doit pas donner l’impression que tout le monde peut s’aligner sur cette distance et que n’importe qui peut se dire finishers, quel que soit son niveau.
Finir le marathon de Paris en 8 heures, ce n’est pas finir une course. C’est terminer une longue balade au cœur de la capitale. Et on ne peut pas, de mon point de vue, considérer toutes ces personnes ayant franchi la ligne d’arrivée après la barrière horaire comme marathoniennes.
Tolérer des arrivées au-delà de la limite horaire donne une mauvaise image. Et il ne s’agit pas de mépriser les participants les plus lents (qui en 8 heures de marche active se sont sûrement dépassés physiquement) mais il faut protéger l’identité du marathon qui est une course d’endurance exigeante. En s’en éloignant trop, on transforme progressivement le marathon en un évènement participatif
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