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Comment les petites organisations de trail montrent l’exemple
L’exemple du le Grand Raid 73
Ce week-end, j’ai couru un trail dans les Bauges, le Grand Raid 73. Une Ă©preuve simple, sans chichi, qui m’a rappelĂ© ce qu’on a parfois tendance Ă oublier : quand on court, on a juste besoin de l’essentiel, rien d’autre. Une Ă©vidence qui pose pourtant question lorsqu’on observe les dysfonctionnements et les manques de certaines grosses organisations qui sont pourtant censĂ©es ĂŞtre millimĂ©trĂ©es. Finalement, ne faudrait-il pas revenir aux fondamentaux pour ĂŞtre sĂ»r de garantir la sĂ©curitĂ© que chaque traileur est en droit d’attendre, sans s’égarer dans le superflu ?

L’essentiel au cœur des Bauges
Pour moi, ce Grand Raid 73 cochait toutes les cases du parfait week-end de trail, mais il avait aussi un objectif prĂ©cis, servir d’entrainement et de prĂ©paration idĂ©ale pour un ultra-trail technique qui m’attend Ă la fin du mois d’aoĂ»t. Et du costaud, j’en ai eu. Le massif des Beauges m’a offert un tracĂ© de 75km avec 5300 mètres de dĂ©nivelĂ© positif, dans un dĂ©cor magnifique, avec des montĂ©es aussi raides qu’accidentĂ©es. Les vues au sommet se mĂ©ritent, avec des passages parfois Ă©quipĂ©s oĂą il faut ranger les bâtons et s’aider des mains. Bref, un parcours exigeant et casse-pattes, mais c’est exactement ce que je cherchais.
Pour ajouter un peu de difficulté, une grosse chaleur était annoncée sur le massif.
Dès le dĂ©part, obligation a Ă©tĂ© faite Ă tous les coureurs d’embarquer au minimum 1,5L d’eau. Et surtout, l’équipe a su anticiper en ajoutant des points d’eau supplĂ©mentaires sur le parcours, en plus des ravitaillements officiels. RĂ©sultat, on a eu chaud, très chaud mĂŞme, mais nous n’avons jamais manquĂ© d’eau ce qui nous a permis de moins subir la chaleur. Ce sans-faute logistique fut gage de sĂ©curitĂ© et de sĂ©rĂ©nitĂ© pour nous coureurs.
Quand les grosses organisations se loupent sur l’essentiel
Cette bonne gestion locale saute aux yeux lorsqu’on le compare aux manquements de plus en plus frĂ©quents sur les grands Ă©vĂ©nements payĂ©s au prix fort. Manque d’eau aux ravitos, rupture de stocks de nourriture, dotations finishers au rabais… les exemples sont nombreux.
Le mauvais exemple du Trail du Ventoux by UTMB
Pour ma part, il me suffit de regarder un mois en arrière.
Fin avril, sur le Trail du Ventoux by UTMB, une forte chaleur était déjà présente. Mais aux deux premiers ravitaillements, c’était le chaos. Nous étions des dizaines de coureurs agglutinés, contraints de nous partager un unique bidon pour remplir nos flasques, sans ajout de points d’eau supplémentaires malgré les fortes températures.
Ces dernières annĂ©es, on a vu des scènes similaires sur d’autres gros trails, oĂą des barrières horaires serrĂ©es combinĂ©es Ă des pannes d’eau en plein après-midi ont transformĂ© des courses en calvaires. Cela aurait pu ĂŞtre facilement Ă©vitĂ© si anticipĂ©. Cherchez l’erreur !
En résumé on a le spectacle face à la réalité du terrain
Qu’on ne s’y trompe pas, j’aime tout autant les “grosses courses”. Le cĂ´tĂ© Ă©vènementiel, l’effervescence des salons exposants, l’ambiance et le frisson d’ĂŞtre des milliers sur une ligne de dĂ©part Ă Ă©couter une musique Ă©pique… Tout cela fait partie du folklore et de la magie d’un trail devenu plus moderne. C’est un spectacle unique.
Mais parfois, revenir Ă la source fait un bien fou. Est-ce qu’on a vraiment besoin de toute cette surcouche marketing ? Finalement, pouvoir rĂ©server une navette accompagnant, s’offrir un pack photo souvenir, ou acheter un sweat marquĂ© de son prĂ©nom, c’est bien beau mais si c’est pour manquer d’eau au premier ravito, ça perd tout de suite en intĂ©rĂŞt.
L’essentiel pour nous coureurs est tellement plus simple : une belle ligne de dĂ©part, un tracĂ© magnifique, une vue Ă couper le souffle au sommet d’une crĂŞte, une sĂ©curitĂ© irrĂ©prochable et de quoi subvenir aux besoins primaires du coureur (boire et manger). Point. En voulant trop Ă©toffer l’expĂ©rience des coureurs, les gros Ă©vĂ©nements font parfois moins bien que des comitĂ©s de bĂ©nĂ©voles passionnĂ©s.
Cette 23ème Ă©dition du Trail des Bauges aura Ă©tĂ© une rĂ©ussite totale. Les bĂ©nĂ©voles se sont dĂ©vouĂ©s pour prendre soin de nous Ă chaque instant, avec des sourires et une chaleur humaine qui ne s’achètent pas. On y trouve tout ce que l’on est venu chercher, et c’est bien lĂ le plus important.
Et puis, comme l’organisation a le sens du dĂ©tail et du terroir, une petite surprise finale est venue rĂ©compenser les efforts de la journĂ©e. En guise de cadeau finisher, pas de textile made in China qui prendra la poussière, mais un couteau Opinel gravĂ©, fabriquĂ© localement en Savoie. Un souvenir utile, durable et authentique, tout comme cette course.
Alors je ne dis pas que les grosses courses mettent en danger les athlètes, ni que les petites organisations sont parfaites et ne font pas d’erreur, mais parfois rester simple permet de se concentrer sur l’essentiel nécessaire aux traileurs. Le Grand Raid 73 nous a offert ce week-end une belle leçon de savoir-faire.
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