🎧 À moins de trois semaines de la Western States 100, Kilian Jornet a choisi de prendre la parole pour donner des nouvelles de son état physique.
Depuis sa prestation inhabituelle sur Zegama, où il était apparu loin de son meilleur niveau, une question revient sans cesse dans le monde du trail : sera-t-il réellement capable de prendre le départ de la mythique course californienne le 27 juin prochain ?
La rĂ©ponse est aujourd’hui plus nuancĂ©e qu’il y a quelques jours. D’un cĂ´tĂ©, le Catalan affirme que sa situation s’amĂ©liore nettement. De l’autre, il reconnaĂ®t lui-mĂŞme qu’il n’a toujours pas repris la course Ă pied. Une rĂ©alitĂ© qui entretient forcĂ©ment une forme d’incertitude Ă mesure que le rendez-vous approche.
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A trois semaines de la Western States, Kilian Jornet se sent mieux
Le premier enseignement de cette prise de parole est sans doute le plus encourageant. Kilian Jornet explique qu’il se sent beaucoup mieux qu’avant Zegama et Ă©voque mĂŞme des progrès qu’il n’avait plus connus depuis plusieurs annĂ©es.
L’un des exemples qu’il donne est particulièrement parlant. Avant la course basque, il n’Ă©tait plus capable d’effectuer un simple squat sur sa jambe gauche. Une limitation qui durait depuis environ un an et demi. Plus surprenant encore, il rĂ©vèle que descendre des escaliers Ă©tait devenu douloureux au quotidien. Pour un athlète dont la vie consiste Ă courir en montagne, cette prĂ©cision permet de mesurer l’ampleur rĂ©elle du problème.
Aujourd’hui, cette douleur a quasiment disparu. Kilian Jornet explique qu’il peut dĂ©sormais descendre les escaliers normalement, sans ressentir cette gĂŞne qui l’accompagnait depuis longtemps. Un dĂ©tail qui peut sembler anodin pour le grand public, mais qui constitue en rĂ©alitĂ© un indicateur très positif lorsqu’il s’agit d’Ă©valuer l’Ă©volution d’une blessure chronique.
Ce qu’il s’est passĂ© Ă Zegama
Les explications du Catalan permettent Ă©galement de mieux comprendre ce qui s’est passĂ© lors de Zegama. Beaucoup avaient interprĂ©tĂ© sa performance comme une simple contre-performance sportive. Avec le recul, le problème semble avoir Ă©tĂ© bien plus profond.
Selon ses propres mots, sa prĂ©paration s’Ă©tait dĂ©roulĂ©e correctement dans l’ensemble, mais il ressentait depuis plusieurs semaines des sensations Ă©tranges au niveau de sa jambe gauche. Il Ă©voque notamment une perte de contrĂ´le musculaire et des difficultĂ©s Ă retrouver les automatismes habituels de sa foulĂ©e. Puis la douleur s’est progressivement installĂ©e.
Dans ces conditions, la performance est rapidement passĂ©e au second plan. Kilian Jornet raconte avoir terminĂ© la course en profitant de l’ambiance exceptionnelle qui règne chaque annĂ©e sur les pentes de Zegama. Après plus d’une dĂ©cennie passĂ©e Ă courir devant ces milliers de supporters, il a choisi de savourer le moment plutĂ´t que de lutter contre un corps qui ne rĂ©pondait plus comme il le souhaitait.
Ă€ l’Ă©couter aujourd’hui, on comprend que Zegama a surtout servi de rĂ©vĂ©lateur. La course a mis en lumière un problème qui existait dĂ©jĂ depuis longtemps.
Le vĂ©ritable problème s’appelle dĂ©sormais le temps
Si les nouvelles sont encourageantes, elles s’accompagnent nĂ©anmoins d’une information qui continue d’inquiĂ©ter.
Kilian Jornet n’a toujours pas repris la course Ă pied.
Ă€ moins de trois semaines de la Western States, cette phrase suffit Ă elle seule Ă rĂ©sumer toute la complexitĂ© de la situation. Car mĂŞme pour l’un des plus grands traileurs de l’histoire, prĂ©parer un ultra de 161 kilomètres nĂ©cessite normalement plusieurs semaines de travail spĂ©cifique.
Le Catalan l’admet d’ailleurs sans dĂ©tour. Il parle lui-mĂŞme d’un pari. Avec son Ă©quipe et le physiologiste JesĂşs Alvarez-Herms, il cherche actuellement les solutions qui pourraient lui permettre de retrouver suffisamment de condition neuromusculaire avant le dĂ©part.
Le terme est intĂ©ressant. Il ne s’agit pas simplement de rĂ©cupĂ©rer du cardio ou de la force musculaire. La question est aussi de retrouver les sensations de course, les automatismes techniques et la capacitĂ© du corps Ă encaisser des milliers d’impacts successifs sur un terrain exigeant.
C’est prĂ©cisĂ©ment ce type d’adaptation qui demande gĂ©nĂ©ralement du temps.
La Western States n’attend personne
Le dĂ©fi qui attend Kilian Jornet est d’autant plus complexe que la Western States possède des caractĂ©ristiques très particulières.
Contrairement à certaines courses alpines où la technicité permet parfois de compenser un déficit de vitesse, la Western States impose un rythme élevé quasiment du début à la fin. Les meilleurs coureurs y passent plus de quatorze heures à courir vite sous des températures parfois supérieures à 40 degrés dans les canyons.
Même un athlète parfaitement préparé peut y connaître une défaillance. Alors forcément, arriver avec une préparation perturbée représente un risque supplémentaire.
Cela ne signifie pas pour autant que Kilian Jornet est hors course. Son expĂ©rience, son endurance accumulĂ©e depuis des dĂ©cennies et sa connaissance de l’ultra-trail lui donnent des ressources que peu de sportifs possèdent. Mais il est difficile d’ignorer qu’une partie de son dĂ©fi se jouera dĂ©sormais avant mĂŞme le dĂ©part.
En rĂ©sumĂ©, la participation de Kilian Jornet Ă la Western States semble probable, mais rien n’est encore acquis
Ce qui ressort finalement de cette prise de parole, c’est un mĂ©lange de prudence et d’optimisme.
Kilian Jornet ne parle pas comme un athlète qui prĂ©pare son forfait. Il explique qu’il progresse, qu’il cherche des solutions et qu’il va essayer d’ĂŞtre prĂŞt. En mĂŞme temps, il ne donne aucune garantie et reconnaĂ®t lui-mĂŞme qu’il est encore trop tĂ´t pour savoir dans quel Ă©tat il se prĂ©sentera sur la ligne de dĂ©part.
Cette position intermĂ©diaire reflète parfaitement la situation actuelle. Les nouvelles sont clairement meilleures qu’elles ne l’Ă©taient avant Zegama. Les progrès observĂ©s sont rĂ©els. Mais le calendrier reste extrĂŞmement serrĂ©.
Ă€ ce stade, la question n’est plus vraiment de savoir si Kilian Jornet va mieux. La rĂ©ponse semble ĂŞtre oui. La vĂ©ritable interrogation est dĂ©sormais de savoir si cette amĂ©lioration arrivera suffisamment vite pour lui permettre de retrouver le niveau nĂ©cessaire afin de rivaliser avec Jim Walmsley, Adam Peterman ou Hayden Hawks sur l’un des parcours les plus exigeants du monde.
Et pour l’instant, personne, pas mĂŞme Kilian Jornet lui-mĂŞme, ne semble connaĂ®tre la rĂ©ponse.
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