🎧 L’ IRM de Kilian Jornet après Zegama confirme un vrai problème au genou gauche
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Kilian Jornet n’a pas seulement raté une victoire à Zegama. Il a surtout révélé un problème physique plus sérieux, confirmé quelques jours plus tard par une IRM du genou gauche.
Très attendu sur une course qu’il a déjà remportée onze fois, l’Espagnol a terminé 43e au scratch, en 4 h 19 min 23 s. À l’arrivée, il avait expliqué avoir été gêné par une douleur aux releveurs, c’est-à -dire les muscles situés à l’avant de la jambe qui permettent de relever le pied et de contrôler l’appui, notamment en descente et sur le plat. Il avait précisé avoir été dans la bataille jusqu’aux alentours du 22e kilomètre, avant de ne plus pouvoir courir à pleine intensité.
Mais le sujet principal n’est pas son classement. Quelques jours plus tard, Kilian Jornet a donné une explication plus complète dans un texte publié sur Substack. L’IRM passée après Zegama évoque un hydrops modéré, c’est-à -dire un épanchement articulaire, une rupture horizontale de la corne antérieure du ménisque latéral, un œdème marqué du coussinet graisseux de Hoffa, ainsi qu’une lésion cartilagineuse au centre de la rotule avec œdème osseux adjacent.
Kilian Jornet ne présente pas cette blessure comme une excuse. Il ne réécrit pas sa course et ne remet pas en cause la victoire d’Elhousine Elazzaoui. Il explique plutôt pourquoi son corps n’a pas répondu comme prévu, en reliant cette douleur à une vieille blessure au genou gauche, opérée après une fracture de la rotule en 2006.
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Ce que révèle l’IRM de Kilian Jornet
Un genou gauche inflammatoire
Le premier élément du compte rendu est un hydrops modéré. En clair, il s’agit d’un épanchement articulaire, donc d’une accumulation de liquide dans l’articulation du genou. Chez un coureur, ce type de signe traduit souvent une réaction inflammatoire après une contrainte importante ou une irritation interne.
Ce n’est pas forcément le diagnostic le plus spectaculaire du compte rendu, mais c’est un marqueur important. Le genou réagit. Il n’est pas simplement douloureux. Il présente un signe visible à l’imagerie.
Une rupture du ménisque latéral
L’IRM mentionne aussi une rupture horizontale de la corne antérieure du ménisque latéral. Le ménisque joue un rôle essentiel dans l’amortissement, la stabilité et la répartition des contraintes dans le genou.
Pour un coureur de trail, cette information est importante. Le genou doit encaisser des milliers d’impacts, des descentes, des relances, des changements d’appui et des terrains irréguliers. Une atteinte méniscale peut donc devenir gênante, surtout lorsque l’intensité augmente.
Une inflammation du coussinet graisseux de Hoffa
Le compte rendu évoque également un œdème marqué du coussinet graisseux de Hoffa. Cette structure se situe à l’avant du genou, sous la rotule. Lorsqu’elle est irritée ou comprimée, elle peut provoquer des douleurs à l’avant du genou, notamment lors des mouvements répétés.
Dans le cas de Kilian Jornet, cette donnée complète le tableau. Le problème ne concerne pas une seule zone isolée. Plusieurs structures du genou gauche semblent impliquées.
Une atteinte du cartilage et de l’os sous-jacent
L’IRM signale enfin une lésion cartilagineuse au centre de la rotule, accompagnée d’un œdème osseux adjacent. Cela signifie que le cartilage rotulien est touché et que l’os situé à proximité réagit lui aussi.
Pour un athlète d’endurance, cette information est probablement la plus sensible. Le cartilage a un rôle central dans le bon fonctionnement articulaire. Lorsqu’il est abîmé, la gestion de la charge devient plus délicate, surtout avec des volumes d’entraînement très élevés.
Une blessure qui ne sort pas de nulle part
La fracture de la rotule en 2006
Kilian Jornet relie cette situation à une blessure ancienne. En 2006, alors qu’il rentrait de l’école en courant avec des livres dans les bras, il chute lourdement sur des pavés et se fracture la rotule gauche.
Il est opéré, avec pose d’un cerclage. À l’époque, le pronostic n’est pas très favorable pour une carrière sportive au plus haut niveau. Pourtant, il revient, progresse, gagne, puis devient l’un des plus grands coureurs de montagne de l’histoire.
Mais cette blessure reste une partie de son histoire physique. Elle n’a pas disparu parce que les victoires se sont accumulées.
Une jambe gauche différente depuis des années
Depuis cet accident, Kilian Jornet explique vivre avec une différence importante entre ses deux jambes, notamment en force et en amplitude de mouvement. Cette asymétrie ne l’a pas empêché de performer pendant des années, mais elle fait partie de son fonctionnement.
Dans les sports d’endurance, le corps peut longtemps compenser. Il peut s’adapter, contourner une faiblesse, modifier légèrement la foulée ou la répartition des efforts. Mais ces adaptations peuvent aussi devenir plus difficiles à maintenir avec le temps, surtout lorsque la charge d’entraînement reste très élevée.
Une douleur déjà connue
Kilian Jornet précise que la douleur actuelle lui est familière. Selon lui, elle pourrait être liée à une première atteinte du ménisque apparue il y a environ trois ans. Il avait déjà ressenti ce type de douleur lors de sa préparation pour Chianti et Western States l’an dernier.
Après Western States, la douleur avait presque disparu lorsqu’il était revenu à un entraînement plus orienté montagne. Elle est revenue lorsqu’il a repris davantage de course rapide et de travail sur terrain plat.
Pourquoi le plat rapide aggrave son problème
Une contrainte mécanique plus forte
Kilian Jornet donne une explication importante : son genou gauche réagit surtout lorsqu’il court vite sur terrain plat. Ce type d’effort impose des impacts répétés, une amplitude de mouvement plus importante et une sollicitation mécanique très régulière.
Sur le plat, la vitesse augmente. Les appuis se répètent vite. Le genou encaisse une charge précise, continue, parfois plus difficile à éviter qu’en montagne.
La montagne semble mieux tolérée
À l’inverse, Kilian Jornet explique mieux supporter les entraînements verticaux. En montée, la vitesse est plus basse, l’impact au sol est différent, et l’effort repose davantage sur la force et la gestion du dénivelé.
Cela ne veut pas dire que la montagne ne sollicite pas le genou. Les descentes restent traumatisantes. Mais la contrainte n’est pas la même que sur une course rapide, roulante et longue.
Cette distinction est importante pour comprendre les incertitudes autour de son été. Une course très verticale, lente et technique ne provoque pas les mêmes contraintes qu’un ultra plus roulant. Le problème n’est donc pas seulement de savoir si Kilian Jornet peut courir. La question est de savoir quel type d’effort son genou peut encore supporter à très haut niveau.
Le facteur neuromusculaire entre aussi dans son analyse
Un système qui baisse avec l’âge
Au-delà du genou, Kilian Jornet évoque aussi l’évolution de son corps avec l’âge. Il explique que beaucoup de ses indicateurs d’endurance restent bons, voire en progression. En revanche, il identifie le système neuromusculaire comme l’un des domaines où il ressent le plus clairement le passage du temps.
Cette remarque est importante. La performance en trail ne dépend pas seulement du cardio, de l’endurance ou de la capacité à monter longtemps. Elle dépend aussi de la force, de la coordination, de la capacité à encaisser les chocs et de la stabilité articulaire.
Un enjeu majeur pour la suite
Kilian Jornet estime que cette dimension devra désormais prendre plus de place dans sa préparation. Il relie cette évolution à une fréquence plus importante de problèmes mécaniques et musculaires.
Il ne dit pas qu’il n’est plus compétitif. Il dit que son corps demande une autre attention. Pour un athlète qui a construit sa carrière sur une capacité exceptionnelle à enchaîner les efforts extrêmes, cette nuance est importante.
Western States, Hardrock et UTMB deviennent plus incertains
Western States arrive très vite
Cette blessure arrive à un moment important de sa saison. Kilian Jornet doit normalement être au départ de la Western States, le 27 juin en Californie. Il a indiqué vouloir y être, malgré une préparation désormais perturbée.
Le profil de Western States interroge forcément. L’épreuve est longue, rapide, chaude, avec de nombreuses sections courables. Or Kilian Jornet explique justement que son genou gauche réagit moins bien lorsqu’il court vite sur le plat.
Même s’il prend le départ, son niveau réel dépendra donc de sa récupération et de sa capacité à supporter les impacts pendant plusieurs heures.
Hardrock semble plus montagneuse, mais pas sans risque
Hardrock, si elle reste dans son programme, pourrait sembler plus compatible avec ses qualités de montagnard. Le profil est plus vertical, plus lent, plus technique. Sur le papier, cela correspond davantage à ce que son genou tolère actuellement.
Mais Hardrock reste une épreuve extrême. La durée, l’altitude, les descentes et la fatigue peuvent aussi mettre le genou à rude épreuve. Une course plus montagneuse ne signifie donc pas une course sans contrainte mécanique.
L’UTMB dépendra de tout ce qui se passera avant
Quant à l’UTMB, l’incertitude dépendra de l’évolution de son été. Si Kilian Jornet court Western States, puis éventuellement Hardrock, la question de l’enchaînement deviendra centrale.
Son genou devra non seulement guérir ou se stabiliser, mais aussi encaisser plusieurs objectifs majeurs en quelques semaines. C’est ce point qui rend la suite difficile à prévoir.
Pour l’instant, il serait prématuré d’annoncer un forfait. Kilian Jornet veut continuer et adapter sa préparation. Mais après sa 43e place à Zegama et les résultats de son IRM, son été ne peut plus être considéré comme totalement normal.
Western States, Hardrock et l’UTMB restent possibles. Mais ils deviennent plus incertains.
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