🎧 À moins d’un mois de la Western States, Kilian Jornet doit arrêter de courir pour soigner son genou gauche
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Kilian Jornet n’arrive pas dans la dernière ligne droite avant la Western States dans des conditions normales. À moins d’un mois du départ, l’Espagnol doit composer avec une blessure au genou gauche, confirmée après sa 43e place à Zegama.
Le problème n’est pas une simple gêne de fin de course. Kilian Jornet a expliqué avoir passé une IRM après Zegama. L’examen a montré une atteinte du ménisque externe, des œdèmes, un cartilage très aminci et une inflammation autour du genou. La conséquence est directe : il a décidé d’arrêter de courir pendant plusieurs semaines, afin de faire baisser l’inflammation avant de reprendre très brièvement avant la Western States.
Cette décision change tout. La Western States aura lieu le 27 juin en Californie. C’est un 100 miles rapide, roulant, chaud, où la répétition des impacts joue un rôle central. Or Kilian Jornet explique justement que son genou gauche réagit mal dès que le terrain devient plat ou descendant. Sa préparation n’est donc plus seulement perturbée. Elle devient une course contre la montre.
Kilian Jornet blessé : ce que l’IRM a révélé
Une atteinte du ménisque externe
Après Zegama, Kilian Jornet a passé des examens pour comprendre l’origine de sa douleur. L’IRM a mis en évidence une atteinte du ménisque externe du genou gauche.
Le ménisque joue un rôle essentiel dans l’amortissement et la stabilité du genou. Chez un coureur d’ultra-trail, cette structure est très sollicitée, notamment dans les descentes, les relances, les terrains irréguliers et les longues sections courables.
Dans le cas de Kilian Jornet, cette atteinte est d’autant plus problématique que la Western States impose précisément de courir longtemps, avec une foulée régulière et de nombreux impacts répétés.
Des œdèmes autour du genou
L’IRM a aussi révélé des œdèmes, notamment dans la partie graisseuse du genou. Cela signifie que l’articulation réagit à une irritation ou à une contrainte interne. Le genou n’est donc pas seulement douloureux. Il présente des signes visibles d’inflammation.
C’est pour cette raison que Kilian Jornet a choisi de suspendre la course à pied. L’objectif est de faire diminuer l’œdème avant de réintroduire progressivement quelques séances.
Un cartilage très aminci
L’autre élément important concerne le cartilage. Kilian Jornet a évoqué un cartilage très fin. Pour un athlète d’endurance, ce point est sensible, car le cartilage participe au bon fonctionnement de l’articulation et à la gestion des contraintes.
Quand le cartilage est fragilisé, la question n’est pas seulement de savoir si un coureur peut continuer à s’entraîner. La vraie question est de savoir quelle charge il peut encore encaisser, combien de temps, et sur quel type de terrain.
Pourquoi cette blessure tombe au mauvais moment
La Western States arrive très vite
La Western States est prévue le 27 juin. Il reste donc très peu de temps à Kilian Jornet pour faire diminuer l’inflammation, reprendre la course et retrouver des sensations spécifiques avant un 100 miles majeur.
Lui-même a résumé le problème : la situation est très courte. Son plan consiste à ne pas courir pendant plusieurs semaines, puis à replacer environ deux bonnes semaines d’entraînement avant la course. Pour une épreuve de ce niveau, c’est une préparation très réduite.
La difficulté n’est pas de maintenir sa condition générale. Avec le vélo, le travail en montée et le renforcement, Kilian Jornet peut continuer à entretenir son moteur. Le vrai problème est ailleurs : il ne peut pas reproduire complètement les impacts spécifiques de la course à pied.
Pour soigner son genou, il doit éviter ce dont il aura besoin en course
C’est le paradoxe de sa préparation. Pour calmer son genou gauche, Kilian Jornet doit limiter les impacts. Mais pour être prêt à la Western States, il doit justement être capable d’encaisser des heures de course, de descentes, de relances et de sections roulantes.
Le vélo peut préserver l’endurance. La montée peut maintenir une partie du travail musculaire. Mais ces alternatives ne remplacent pas totalement la contrainte mécanique d’un 100 miles courable.
La préparation de Kilian Jornet devient donc un équilibre fragile : assez de repos pour faire baisser l’inflammation, mais assez de charge pour ne pas arriver à la Western States sans adaptation spécifique.
Le profil de la Western States complique son retour
Une course rapide et très courable
La Western States n’est pas une course de montagne lente où l’on peut compenser longtemps par la marche rapide en montée. C’est un 100 miles où il faut courir beaucoup, longtemps, et souvent vite. La chaleur californienne ajoute une contrainte supplémentaire, mais pour Kilian Jornet, le premier sujet est mécanique.
Son genou gauche semble mieux tolérer les montées que le plat et les descentes. Or la Western States impose justement de longues portions courables, avec une répétition continue des appuis.
Sur le papier, ce n’est donc pas le profil le plus rassurant pour une blessure au ménisque et au cartilage.
Le plat et la descente sont les zones à risque
À Zegama, Kilian Jornet a expliqué qu’il se sentait plutôt bien dans les montées. Le problème apparaissait surtout dès que le terrain devenait plat ou descendant. Il décrivait alors une sensation anormale dans la jambe, comme s’il ne la contrôlait plus correctement.
Cette précision est importante. La Western States va l’obliger à affronter précisément ce type de contrainte : courir régulièrement, descendre, relancer et absorber les chocs pendant des heures.
Si la douleur revient tôt, il pourrait rapidement basculer d’une course de performance à une course de gestion.
Kilian Jornet ne cache pas que c’est un pari
Une préparation loin d’être idéale
Kilian Jornet ne présente pas la situation comme normale. Il sait que sa préparation est perturbée. Il sait aussi qu’arriver sur la Western States avec plusieurs semaines sans course à pied n’a rien d’idéal.
Mais il ne parle pas encore de forfait. Il préfère voir cette situation comme un défi. L’idée est de savoir s’il peut bien performer avec une préparation très différente : plusieurs semaines sans courir, puis une reprise très courte avant le départ.
Ce n’est pas une stratégie choisie pour optimiser sa performance. C’est une adaptation imposée par son genou.
Un défi plus médical que sportif
La Western States ne sera donc pas seulement une course contre ses adversaires. Pour Kilian Jornet, elle sera d’abord une course contre l’état de son genou gauche.
Son endurance, son expérience et son intelligence de course ne sont pas en cause. Le doute porte sur autre chose : la capacité de son articulation à supporter les impacts, la chaleur, la durée et la vitesse.
C’est ce qui rend sa situation si particulière. Kilian Jornet peut être en forme sur le plan cardiovasculaire et malgré tout être limité par une contrainte mécanique.
Western States : départ possible, performance incertaine
Il n’a pas annoncé de forfait
Pour l’instant, Kilian Jornet vise toujours la Western States. Il n’a pas annoncé qu’il renonçait. Son discours laisse même entendre qu’il veut tenter l’expérience, malgré une préparation loin d’être parfaite.
Mais sa présence au départ ne suffira pas à lever les doutes. Le vrai test commencera quand il faudra courir longtemps sur le plat, descendre sans perte de contrôle et encaisser les impacts au fil des heures.
Son genou décidera peut-être de sa course
La question n’est plus seulement de savoir où Kilian Jornet peut finir. Elle est de savoir combien de temps son genou gauche peut tenir dans un effort aussi spécifique.
Si l’œdème diminue et que la douleur reste contrôlée, il peut encore s’appuyer sur son immense expérience. Si la douleur revient, la Western States peut devenir très compliquée, même pour lui.
À moins d’un mois de la course, son statut a donc changé. Kilian Jornet reste un nom immense du trail mondial. Mais avant la Western States 2026, son principal adversaire n’est peut-être pas Jim Walmsley, ni les autres favoris.
Son principal adversaire, pour l’instant, c’est son genou gauche.
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