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🎧 La Belgique n’est pas franchement le premier pays auquel on pense lorsqu’on parle de trail de haut niveau.
Il faut dire que le décor ne joue pas vraiment en sa faveur : pas de massif alpin, pas de sommets à 3 000 mètres et un point culminant situé sous les 700 mètres. Pourtant, à mesure que les résultats s’accumulent sur les ultras internationaux, le cliché devient de plus en plus difficile à tenir.
La victoire de Logan Perin sur le KAT100 by UTMB vient encore de le rappeler. Et lorsqu’on ajoute Karel Sabbe, Charles Van Tiggelen, Siegert Lefevere ou encore l’étonnante densité belge en Backyard Ultra, on finit par se demander si ce petit pays sans grandes montagnes n’a pas développé une véritable spécialité pour les très longues distances.
Quelques grands noms belges en trail
Logan Perin vient encore de le rappeler
Le dernier exemple en date s’appelle Logan Perin. Le Belge vient de remporter le KAT100 by UTMB, dans le Tyrol autrichien, après avoir pris les commandes avant même la mi-course. Il a bouclé les 158,9 kilomètres et 8 488 mètres de dénivelé positif comptabilisés sur sa course en 21 h 53.
Cette victoire n’arrive d’ailleurs pas comme un résultat isolé dans sa saison. Quelques mois plus tôt, il s’était déjà imposé sur le GT160 du Grand Trail des Lacs et Châteaux, en Belgique, sur 169 kilomètres. Deux succès sur des formats très longs en l’espace de quelques mois commencent forcément à dessiner autre chose qu’un simple coup d’éclat.
Surtout, le KAT100 apporte une dimension supplémentaire. Cette fois, Logan Perin est allé gagner sur un terrain alpin, loin de ses bases, dans une course intégrée aux UTMB World Series. De quoi rappeler qu’en matière d’ultra-trail, les Belges ne se contentent plus forcément de briller à domicile.
Karel Sabbe reste évidemment la référence
Lorsqu’on cherche le traileur belge le plus connu à l’international, le nom de Karel Sabbe s’impose immédiatement. Son parcours s’est construit moins autour des podiums sur les grandes courses classiques que sur des défis d’endurance hors normes, et son actualité de l’été 2026 en donne encore une parfaite illustration.
Depuis le 20 juillet, le Belge est engagé dans une tentative de record sur l’HexaTrek, une immense traversée de la France qui relie les Vosges, le Jura, les Alpes et les Pyrénées. L’itinéraire approche les 3 000 kilomètres et traverse plusieurs des principaux massifs français. Karel Sabbe tente actuellement d’en établir un nouveau FKT.
Ce défi s’inscrit parfaitement dans la trajectoire d’un coureur devenu l’une des grandes figures mondiales de l’ultra-endurance. En 2023, Sabbe a terminé la Barkley Marathons et établi la même année un nouveau record sur le Pacific Crest Trail en 46 jours, 12 heures et 50 minutes. En 2025, il a ajouté à son palmarès le record du Te Araroa, en Nouvelle-Zélande, parcouru en 31 jours, 19 heures et 40 minutes.
Karel Sabbe appartient donc à une catégorie un peu particulière du trail. Il ne construit pas principalement sa carrière autour du circuit UTMB ou des podiums traditionnels : il choisit des traversées de plusieurs milliers de kilomètres, des FKT et des épreuves où la résistance physique et mentale finit par compter autant que la vitesse.
Et pendant que Logan Perin vient de gagner un 100 miles en Autriche, le Belge le plus célèbre de l’ultra est donc, lui, quelque part sur les sentiers français en train d’essayer de traverser le pays plus vite que tous ceux qui l’ont précédé.
Victor Richard, vainqueur et recordman du Tor des Géants
Victor Richard. Le Franco-Belge a remporté en 2025 le Tor des Géants, l’un des ultras les plus extrêmes d’Europe, avec environ 335 kilomètres et 24 000 mètres de dénivelé positif à travers la Vallée d’Aoste. Il s’est imposé en 66 h 08, en battant au passage le record de l’épreuve, et a ainsi succédé à François D’Haene au palmarès.
Une performance qui change forcément la perception du niveau belge sur l’ultra : gagner le Tor des Géants, ce n’est plus simplement être un très bon coureur national, c’est entrer dans le cercle des athlètes capables de dominer les formats les plus longs et les plus exigeants du continent.
Charles Van Tiggelen se rapproche du très haut niveau
Charles Van Tiggelen est probablement moins connu du grand public français, mais son nom apparaît de plus en plus régulièrement dans les classements de courses relevées. Son profil est d’autant plus intéressant qu’il évolue davantage dans le trail compétitif classique que Karel Sabbe.
En mars 2026, il a ainsi pris la huitième place du Chianti Ultra Trail by UTMB, sur près de 119 kilomètres et plus de 5 000 mètres de dénivelé positif. Devant lui figuraient notamment Thomas Cardin, Andreas Reiterer ou encore Vincent Bouillard, ce qui donne une idée assez claire du niveau de la course.
Quelques semaines plus tard, il s’est imposé sur le Trail du Grand Ballon, où il a bouclé les 50,5 kilomètres et 2 162 mètres de dénivelé positif en 4 h 22, avec une avance très confortable sur son premier poursuivant. L’année précédente, il avait déjà terminé quatrième du 109 km de Nice Côte d’Azur by UTMB.
Il est encore trop tôt pour le placer parmi les grandes références mondiales, mais sa progression mérite d’être suivie. Là encore, la Belgique dispose d’un coureur capable de sortir régulièrement de son cadre national pour se mesurer à des plateaux beaucoup plus relevés.
Siegert Lefevere apporte aussi de la densité
Siegert Lefevere évolue davantage sur des formats intermédiaires, mais ses résultats montrent que le niveau belge ne repose pas uniquement sur deux ou trois spécialistes de l’ultra.
En 2026, il a notamment remporté le 35 km du Castle Trail de Bouillon, puis le Trail des Sangliers sur un parcours de près de 35 kilomètres et 1 500 mètres de dénivelé positif. Quelques mois plus tard, il s’est également imposé sur l’Ohm Trail Original, une épreuve réputée exigeante.
Ces victoires ne possèdent évidemment pas le même poids international qu’un podium sur l’UTMB ou la Western States, mais elles participent à la même impression générale. Derrière les quelques noms les plus connus, la Belgique dispose aussi de coureurs capables de maintenir un niveau élevé sur des formats plus rapides et plus techniques.
Matthieu Bonne, plus loin que le trail
Matthieu Bonne n’est pas un traileur au sens strict, et il serait artificiel de le présenter comme tel. Son parcours mérite néanmoins d’être cité lorsqu’on parle de la relation particulière entre la Belgique et l’endurance extrême.
En juin 2025, il a parcouru 485,099 kilomètres en 48 heures en Pologne, améliorant l’ancien record de Yiannis Kouros, qui résistait depuis près de trente ans.
On quitte ici les sentiers pour entrer dans l’ultrafond pur, mais le parallèle reste intéressant. Les profils changent, les terrains aussi, mais la Belgique continue de produire des athlètes capables de tenir des volumes d’effort qui dépassent très largement ceux de la course traditionnelle.
Ces épreuves où les belges cartonnent
En Backyard Ultra, la Belgique est carrément devenue une référence
C’est peut-être dans la Backyard Ultra que le phénomène belge devient le plus spectaculaire. La discipline consiste à parcourir une boucle de 6,706 kilomètres toutes les heures, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un seul coureur capable de repartir.
En octobre 2024, Merijn Geerts, Ivo Steyaert et Frank Gielen ont chacun réalisé 110 boucles lors du championnat du monde par équipes organisé à Retie. Ils ont ainsi parcouru plus de 737 kilomètres chacun, établissant à l’époque une nouvelle référence mondiale dans la discipline.
La performance aurait déjà été exceptionnelle avec un seul coureur. Le fait que trois Belges aient atteint simultanément ce niveau montre surtout la profondeur de cette culture de l’endurance extrême. La Belgique avait d’ailleurs remporté le classement mondial par équipes devant l’Australie et les États-Unis.
On commence alors à s’éloigner sérieusement de la simple coïncidence. Quand un pays sans grandes montagnes place régulièrement des coureurs parmi les meilleurs mondiaux dès que les distances deviennent absurdes, il y a forcément quelque chose à observer.
La Barkley attire elle aussi les Belges
Cette présence belge dans les disciplines extrêmes se retrouve jusque sur la Barkley Marathons. En 2026, Séverine Vandermeulen est devenue la première femme belge sélectionnée pour participer à cette course mythique et particulièrement fermée.
Avant elle, plusieurs Belges avaient déjà été invités, parmi lesquels Karel Sabbe, Merijn Geerts, Wouter Hamelinck ou encore Raphaël Daco.
Une sélection à la Barkley ne constitue évidemment pas un résultat sportif en soi. Elle témoigne néanmoins d’une certaine reconnaissance dans le petit monde de l’ultra, où les invitations sont loin d’être distribuées au hasard.
Les principaux traileurs belges à suivre, tableau récapitulatif
| Traileur belge | Spécialité | Référence marquante |
|---|---|---|
| Victor Richard | Ultra-trail XXL | Vainqueur et recordman du Tor des Géants 2025 : 335 km, 24 000 m D+ en 66 h 08 |
| Logan Perin | Ultra-trail / 100 miles | Vainqueur du KAT100 by UTMB 2026 après avoir déjà remporté le GT160 |
| Karel Sabbe | FKT / ultra-endurance | Finisher de la Barkley Marathons ; actuellement engagé sur une tentative de record de l’HexaTrek |
| Charles Van Tiggelen | Ultra-trail | 8e du Chianti Ultra Trail by UTMB 2026, vainqueur du Trail du Grand Ballon |
| Siegert Lefevere | Trail long / formats intermédiaires | Plusieurs victoires en Belgique en 2026, notamment sur le Trail des Sangliers et l’Ohm Trail |
| Merijn Geerts | Backyard Ultra | 110 boucles et plus de 737 km lors du championnat du monde par équipes 2024 |
| Ivo Steyaert | Backyard Ultra | 110 boucles également lors du mondial 2024 |
| Frank Gielen | Backyard Ultra | 110 boucles lors du mĂŞme championnat, dans le trio belge recordman |
| Séverine Vandermeulen | Ultra extrême | Première femme belge invitée à la Barkley Marathons en 2026 |
| Matthieu Bonne | Ultrafond | 485,099 km en 48 h en 2025 ; à citer en marge car il n’est pas traileur au sens strict |
Infographie, la Belgique a plus d’un traileur capable de faire parler de lui
En résumé, la Belgique n’a pas les Alpes, mais elle a visiblement trouvé autre chose
Il serait exagéré de présenter aujourd’hui la Belgique comme une grande nation du trail au même niveau que la France, l’Espagne ou les États-Unis. Elle ne possède ni leur densité de pratiquants, ni leur profondeur de vivier, ni leurs terrains d’entraînement.
Mais c’est précisément ce qui rend ses résultats aussi intéressants.
Karel Sabbe est devenu l’une des figures mondiales de l’ultra-endurance. Logan Perin vient de gagner un 100 miles by UTMB. Charles Van Tiggelen se rapproche progressivement des meilleurs sur des ultras internationaux. Siegert Lefevere apporte de la densité sur les formats plus courts, tandis que Merijn Geerts, Ivo Steyaert et Frank Gielen ont transformé la Backyard Ultra en quasi-spécialité nationale.
Pour un pays dont le point culminant reste sous les 700 mètres, cela commence à faire beaucoup de coïncidences.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondĂ© de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribuĂ© Ă faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dĂ©rives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidĂ©os YouTube.








