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🎧 Le nouveau maire de Chamonix veut réduire l’afflux de participants, de marques et surtout de spectateurs autour de l’UTMB.
Une position qui peut sembler radicale lorsqu’on connaît l’importance économique et médiatique de l’événement pour la vallée. Pourtant, ce qui vient de se passer sur le Tour de France Femmes montre que la question du nombre de personnes présentes autour des grandes compétitions outdoor n’a plus rien de théorique.
Dans le Vaucluse, une partie de la 7e étape du Tour de France Femmes, disputée entre La Voulte-sur-Rhône et le mont Ventoux, a en effet dû se dérouler sans public en raison du risque d’incendie.
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Le maire de Chamonix veut réduire l’afflux autour de l’UTMB
Interrogé sur sa volonté de diminuer la pression exercée par l’UTMB sur la vallée de Chamonix, François-Xavier Laffin ne s’est pas seulement intéressé au nombre de coureurs.
La question qui lui était posée concernait explicitement l’afflux de participants, de marques et de spectateurs pendant la semaine de l’UTMB.
Sa réponse était particulièrement claire :
« Mais nous n’avons pas le choix ! On ne peut pas continuer à voir notre montagne se désagréger, fondre, changer, les séracs et les glaciers s’effondrer, et rester les bras croisés. Il faut être responsable. D’autant que notre vallée est contrainte, elle n’a pas la capacité d’accueillir une centaine de milliers de personnes. »
Cette déclaration pose une question rarement abordée lorsqu’on parle de la croissance du trail.
Pendant longtemps, l’impact d’une course a surtout été mesuré à travers son nombre d’inscrits. Mais une épreuve comme l’UTMB ne se résume évidemment pas aux coureurs présents sur les différentes lignes de départ.
Chaque participant peut venir avec sa famille, ses amis ou son assistance. À cela s’ajoutent les bénévoles, les équipes professionnelles, les médias, les influenceurs, les partenaires, les exposants et des milliers de spectateurs venus uniquement assister à la course.
La véritable fréquentation générée par un ultra-trail peut donc être sans commune mesure avec le nombre de dossards distribués.
Le Tour de France vient d’en donner une démonstration spectaculaire
À plusieurs centaines de kilomètres de Chamonix, le Tour de France Femmes vient précisément de se retrouver confronté à cette problématique.
Pour la 7e étape menant au mont Ventoux, la préfecture du Vaucluse a interdit l’accès au public dans le massif des Dentelles de Montmirail en raison du risque d’incendie.
La course, elle, a pu traverser la zone. Mais pas les spectateurs.
Pendant plusieurs kilomètres, aucun spectateur ni randonneur ne devait être présent le long de l’itinéraire emprunté par les coureuses.
Cette décision est évidemment liée à une situation précise de risque incendie et ne peut pas être transposée directement à Chamonix. Elle illustre néanmoins un changement profond : la présence du public autour d’une compétition sportive en milieu naturel n’est plus nécessairement considérée comme illimitée ou acquise.
Même le Tour de France, l’une des plus grandes machines sportives et populaires au monde, peut désormais devoir accepter qu’une partie de son parcours soit privée de spectateurs.
Moins de coureurs ne suffit pas forcément
C’est probablement là que la position du maire de Chamonix devient intéressante pour le trail.
Lorsqu’une organisation souhaite réduire la pression exercée sur un territoire, limiter uniquement le nombre de participants peut ne régler qu’une partie du problème.
Un coureur peut générer plusieurs déplacements et plusieurs présences supplémentaires autour de l’épreuve.
Sur l’UTMB, les assistants se déplacent parfois d’un point du parcours à l’autre pour retrouver leur coureur. Les spectateurs cherchent les meilleurs endroits pour suivre la course. Les marques organisent leurs propres animations. Les équipes occupent certains secteurs stratégiques.
Le succès d’une grande course de trail produit ainsi une fréquentation qui dépasse largement son organisation sportive.
C’est précisément cette croissance périphérique que Chamonix semble vouloir désormais maîtriser.
À Chamonix, la question pourrait devenir centrale
L’UTMB repose pourtant en grande partie sur cette atmosphère.
Les rues pleines, les spectateurs dans les villages, les encouragements au bord des sentiers et les accompagnants qui suivent les coureurs participent au prestige de l’événement.
Limiter cette fréquentation toucherait donc à une partie de ce qui fait son succès.
Mais le dilemme posé par François-Xavier Laffin est justement là : jusqu’où une vallée alpine peut-elle continuer à augmenter sa capacité d’accueil simplement parce qu’un événement est devenu mondialement populaire ?
Le Tour de France montre qu’une grande compétition peut continuer à exister même lorsque l’accès du public doit être temporairement restreint.
Pour le trail, cette réflexion pourrait prendre de plus en plus d’importance dans les prochaines années, notamment dans les territoires soumis à une forte fréquentation touristique, aux risques naturels ou à des contraintes environnementales importantes.
Le maire de Chamonix était-il en avance sur le débat ?
Il serait excessif de dire que la situation du Ventoux et celle de Chamonix sont identiques.
Dans le Vaucluse, la fermeture était motivée par un danger immédiat d’incendie. À Chamonix, le maire parle d’une problématique beaucoup plus large : capacité d’accueil de la vallée, pression touristique, évolution de la montagne et concentration exceptionnelle de population pendant l’UTMB.
Mais les deux situations convergent vers une même idée.
Organiser une grande compétition outdoor ne signifie plus nécessairement permettre à un nombre illimité de personnes de se masser autour du parcours.
Il y a encore quelques années, imaginer une portion du Tour de France volontairement privée de spectateurs aurait semblé presque contradictoire avec l’identité même de l’épreuve.
C’est pourtant devenu possible.
Lorsque le maire de Chamonix affirme aujourd’hui qu’il faudra maîtriser l’afflux autour de l’UTMB et conclut que « nous n’avons pas le choix », sa position paraît dès lors beaucoup moins théorique.
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