Clément Defrenne ne finit pas de nous étonner avec son aventure coréenne de ce début mai, la Baekdu Daegan Ridge Trail. Un retour surprise dans le monde du trail, les premiers jours de course, l’abandon de la trace officielle : chaque jour a son lot de rebondissements, autant que l’on peut en attendre d’une épopée de plus de 600 km.
La dernière en date concerne le financement de la virée asiatique de Clément Defrenne, accompagné de toute sa bande qui l’aide d’un point de vue moral et logistique. Les propos de l’équipe à propos de la gestion des coûts peuvent soulever certaines interrogations. Décryptage.
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Clemquicourt face au problème de la monétisation de ses video TikTok
Clément Defrenne a publié sur ses réseaux en début de journée un avertissement à sa communauté, expliquant que dans les prochains jours, les posts concernant cette tentative de FKT seront sponsorisés par des marques qui soutiennent l’aventure.

Jusque-là, absolument rien de surprenant. Non seulement le traileur est coutumier du fait, mais le coût logistique d’une telle aventure doit bien être couvert. Une vidéo sponsorisée ne surprend personne.
Ce qui interpelle davantage, c’est la remarque qui accompagne la publication, et qui dit ceci : “La monétisation de TikTok ne permet plus de financer les projets et Instagram ne rémunère pas. Et vous vous doutez bien que vous offrir ce suivi libre demande un petit budget”. La capture d’écran qui accompagne la publication montre un gain d’environ 84 dollars pour une vidéo du Baekdu Daegan qui cumule à ce moment-là près de 400 000 vues.
Cette publication peut toutefois soulever des questions sur la manière dont le financement du projet avait été anticipé avant le départ.
Une aventure qui chiffre vite
Il n’est pas toujours évident de se rendre compte des coûts énormes qui se cachent parfois derrière quelques minutes de contenu sur les réseaux sociaux. Et cette aventure est exactement dans ce cas-là. Le Baekdu Daegan, c’est visiblement plusieurs personnes en déplacement en Asie, avec du matériel, la location d’une voiture, l’aide d’un fixeur, l’hébergement, les repas, la location du matériel technique, ainsi que son acheminement et sûrement encore d’autres frais.
On ne parle pas de vacances à deux, mais d’une petite équipe qui part travailler avec son matériel pendant plus de 15 jours à l’autre bout du monde. Sans chiffres officiels communiqués par l’équipe, un tel déplacement pourrait représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros.
La question de la monétisation du TikTok de Clemquicourt
Oui, une aventure comme cela, ça chiffre. Et les réseaux payent mal. Que cela soit Clemquicourt pour cette aventure ou tout autre créateur de contenu, la rémunération ne se fait pas via un seul canal. La monétisation de la plateforme s’additionne à des partenariats, de l’affiliation, de la vente de produits, ainsi qu’à des dons ou des abonnements. Chacun, en fonction de son univers, mélange ces diverses solutions pour trouver l’équilibre et répondre à ses besoins.
La monétisation des vidéos courtes, illustrée dans la publication avec TikTok, est effectivement très faible (et quasiment inexistante de façon directe avec Instagram). On ne finance pas un tel déplacement avec seulement 84 dollars, même après des centaines de milliers de vues. Et sortir plusieurs vidéos par jour ne change pas fondamentalement le problème.
L’incompréhension autour du modèle Clemquicourt
Au vu de cela, certains peuvent s’étonner que la question n’ait pas été davantage anticipée, si l’on reprend les mots de la publication. Sauf qu’un doute persiste. Pour arriver jusqu’ici, il a vraisemblablement fallu mobiliser un budget conséquent, que celui-ci provienne de Clem, de partenaires ou d’autres sources de financement. Et ce problème de monétisation faible des vidéos courtes n’a rien d’une nouveauté.
Donc,
– d’un côté, Clemquicourt annonce que les contenus seront désormais sponsorisés, contrairement à ceux proposés sur la première moitié du parcours.
Alors, la question est surtout de savoir pourquoi cette communication intervient maintenant. Clemquicourt et son équipe sont-ils simplement en train d’adapter leur stratégie de financement en cours d’aventure ? Difficile à dire avec certitude. Mais dans les faits, beaucoup auraient probablement compris dès le départ qu’un projet aussi ambitieux nécessite des partenaires pour être viable économiquement.
Tout cela peut toutefois donner une impression de communication un peu ambiguë. Non pas parce que des sponsors apparaissent en cours de route — ce qui semble parfaitement logique — mais parce que le timing de cette annonce peut surprendre, alors même que les limites de la monétisation des vidéos courtes sont déjà largement connues des créateurs de contenu.
Évidemment, l’annonce de la sponsorisation des prochaines vidéos s’inscrit aussi dans une logique de communication de la part de Clemquicourt. Lorsqu’un créateur est suivi par des centaines de milliers de passionnés, et que des marques souhaitent s’associer à cette visibilité, chaque publication est forcément réfléchie.
Mais cette évolution dans la communication autour du projet peut laisser certains abonnés plus partagés sur la frontière entre spontanéité, storytelling et logique commerciale. Et c’est sans doute là que se situe aujourd’hui la vraie question.
Les éléments financiers évoqués dans cet article proviennent exclusivement d’informations rendues publiques par Clément Defrenne et son équipe sur leurs propres réseaux sociaux.
uTrail ne révèle aucun document privé, contrat, revenu global ou donnée confidentielle concernant le créateur de contenu. L’article traite uniquement de la monétisation affichée publiquement d’une vidéo TikTok précise et rappelle explicitement que les revenus d’un influenceur peuvent également provenir d’autres sources comme les partenariats, sponsors, affiliations, abonnements ou collaborations commerciales.






