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đ§ CĂ©dric Debacq est un crĂ©ateur de contenu de 45 ans, installĂ© Ă Clermont-Ferrand, qui documente depuis 2024 sa transformation par la course Ă pied.
Parti de 128 kg lorsquâil a commencĂ© Ă courir, il sâest fixĂ© un objectif particuliĂšrement ambitieux : terminer lâUTMB en 2030, lâannĂ©e de ses 50 ans, soit environ 170 km et 10 000 mĂštres de dĂ©nivelĂ© positif autour du Mont-Blanc. AprĂšs avoir bouclĂ© le Marathon de Paris 2026 en un peu plus de six heures, il construit dĂ©sormais progressivement son expĂ©rience en trail, avec des courses de plus en plus montagneuses destinĂ©es Ă le rapprocher de cet objectif.
Câest dans ce cadre quâil vient de terminer un trail de 21 kilomĂštres et 1 300 mĂštres de dĂ©nivelĂ© positif, avec un passage Ă plus de 2 700 mĂštres dâaltitude. Son temps, 8 h 30, a immĂ©diatement relancĂ© une question aussi simple quâĂ©pineuse : lorsquâun coureur avance Ă une moyenne dâenviron 2,5 km/h et marche pendant une grande partie de lâĂ©preuve, est-ce encore du trail ou est-on dĂ©jĂ dans la randonnĂ©e ?
21 km, 1 300 mĂštres de dĂ©nivelĂ© positif et 8 h 30 dâeffort.
En publiant le bilan de son premier trail exigeant en haute montagne, CĂ©dric Debacq a relancĂ© une vieille question qui revient rĂ©guliĂšrement dans le milieu : lorsque lâon marche pendant une grande partie dâune Ă©preuve et que lâallure moyenne devient trĂšs faible, pratique-t-on encore vraiment du trail ou bascule-t-on simplement dans la randonnĂ©e ?
CĂ©dric Debacq vient de terminer ce quâil prĂ©sente comme son premier vĂ©ritable trail de haute montagne, avec un parcours de 21 kilomĂštres pour environ 1 300 mĂštres de dĂ©nivelĂ© positif et un passage Ă plus de 2 700 mĂštres dâaltitude. Il lui aura fallu 8 h 30 pour rejoindre lâarrivĂ©e, un chrono quâil juge lui-mĂȘme trĂšs sĂ©vĂšrement dans son dĂ©brief publiĂ© sur Instagram, puisquâil explique quâil espĂ©rait rester dans les barriĂšres horaires et quâil considĂšre sa performance comme assez faible sur le papier.
Pourtant, rĂ©sumer cette course Ă une simple division entre la distance et le temps raconte assez mal ce qui sâest rĂ©ellement passĂ© sur le terrain.
Ă 2,5 km/h de moyenne, le chiffre peut surprendre
Sur 21 kilomĂštres parcourus en 8 h 30, la vitesse moyenne tourne autour de 2,5 km/h. Sur une route plate, une telle allure correspond effectivement davantage Ă une marche tranquille quâĂ une course Ă pied. Mais transposer ce chiffre tel quel au trail de haute montagne nâa pas beaucoup de sens, car le dĂ©nivelĂ©, lâaltitude, la technicitĂ© du terrain, les descentes difficiles et les passages trĂšs raides modifient complĂštement la maniĂšre dâavancer.
Câest prĂ©cisĂ©ment ce que raconte CĂ©dric dans sa vidĂ©o. Entre le huitiĂšme et le douziĂšme kilomĂštre, le parcours serait devenu particuliĂšrement raide, au point que certaines portions lâont obligĂ© Ă utiliser les mains pour progresser. Il explique Ă©galement que, par moments, les bĂątons devenaient eux-mĂȘmes peu utiles tant le terrain Ă©tait technique et exigeant.
Dans ce contexte, parler uniquement dâallure au kilomĂštre revient Ă regarder un trail de montagne avec les critĂšres dâun 10 km sur route.
En trail, marcher fait partie de la course
Câest probablement le point central du dĂ©bat. Le trail nâest pas une discipline dans laquelle il faut courir en permanence pour rester lĂ©gitime. En montagne, la marche est pleinement intĂ©grĂ©e Ă la pratique, notamment dans les pentes raides oĂč courir devient parfois moins efficace, voire impossible.
Les meilleurs traileurs eux-mĂȘmes alternent rĂ©guliĂšrement course et marche en fonction du profil, de la pente, de lâaltitude et de la durĂ©e de lâĂ©preuve. La diffĂ©rence entre trail et randonnĂ©e ne se rĂ©sume donc pas au simple fait de courir ou de marcher, mais tient davantage au cadre de pratique, Ă lâintensitĂ©, au chrono, aux barriĂšres horaires et Ă la logique de progression sportive.
Autrement dit, on peut parfaitement passer de longues séquences à marcher tout en étant engagé dans un trail.
Le vrai sujet se situe plutÎt du cÎté des barriÚres horaires
LĂ oĂč lâexpĂ©rience de CĂ©dric devient plus intĂ©ressante, câest lorsquâil Ă©voque les barriĂšres horaires. Il explique avoir atteint la premiĂšre avec seulement neuf minutes dâavance, avant dâentrer dans la partie la plus difficile du parcours.
Ce dĂ©tail compte davantage que sa moyenne gĂ©nĂ©rale, car il donne une indication claire sur la marge quâil possĂšde aujourdâhui sur ce type de terrain. Pour quelquâun qui affiche comme objectif Ă long terme de progresser vers des Ă©preuves beaucoup plus longues, jusquâĂ lâUTMB, la question ne sera pas simplement de rĂ©ussir Ă terminer physiquement, mais aussi de conserver suffisamment de vitesse pour rester dans les dĂ©lais imposĂ©s par les organisations.
Son 21 km peut donc ĂȘtre vu Ă la fois comme une rĂ©ussite personnelle et comme un point de repĂšre trĂšs concret pour la suite de sa progression.
Les rĂ©actions saluent surtout le fait dâĂȘtre allĂ© au bout
Dans les commentaires publiĂ©s sous sa vidĂ©o, lâimmense majoritĂ© des internautes prĂ©fĂšre retenir le fait quâil a terminĂ© une Ă©preuve exigeante plutĂŽt que son chrono. Beaucoup insistent sur les 1 300 mĂštres de dĂ©nivelĂ©, lâaltitude et la difficultĂ© du terrain, en rappelant quâun tel effort reste loin dâĂȘtre anodin pour quelquâun qui dĂ©couvre ce type de parcours.
Dâautres rĂ©actions sont plus prudentes et interrogent surtout la vitesse Ă laquelle il enchaĂźne des objectifs de plus en plus ambitieux. Plusieurs lui conseillent de passer davantage de temps sur des parcours plus roulants, de travailler sa capacitĂ© Ă relancer et de consolider progressivement son niveau avant dâaugmenter encore la distance et la technicitĂ©.
La remarque est diffĂ©rente dâune simple moquerie sur le chrono, car elle pose surtout la question de la progression et de lâadĂ©quation entre le niveau actuel, le terrain choisi et les ambitions futures.
En rĂ©sumĂ©, dans ce cas prĂ©cis, il sâagissait bien dâun trail, mĂȘme si une grande partie de lâĂ©preuve a probablement Ă©tĂ© parcourue en marchant.
Le terrain, le dĂ©nivelĂ©, lâaltitude et le caractĂšre technique du parcours suffisent Ă montrer quâun simple calcul de vitesse moyenne ne permet pas de juger correctement lâeffort fourni.
Un 21 km roulant peut se courir presque intĂ©gralement, tandis quâun autre, tracĂ© en haute montagne avec 1 300 mĂštres de D+ et des passages oĂč lâon doit poser les mains, peut demander plusieurs heures de plus sans que lâeffort soit moindre.
La vraie question pour Cédric se situe donc ailleurs : combien de marge peut-il encore gagner pour que ce type de parcours devienne une étape maßtrisée, et non plus simplement une épreuve terminée au courage, sur le chemin de ses objectifs futurs ?
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