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🎧 Jim Walmsley ne prendra finalement pas le départ de l’UTMB 2026.
L’Américain, vainqueur à Chamonix en 2023, a disparu de la liste des partants à une semaine de la course et l’organisation a confirmé son forfait, sans en communiquer la raison. Son genou, qui l’avait déjà contraint à abandonner la Western States fin juin, constitue évidemment une piste possible, mais aucune explication officielle ne permet pour l’instant de l’affirmer.
Pour uTrail, ce forfait a une saveur particulière, parce que Jim Walmsley est notre chouchou depuis des années. Pas simplement parce qu’il a gagné l’UTMB (ce jour j’ai pleuré), ni parce qu’il possède l’un des plus beaux palmarès de sa génération. Ce qui nous attache à lui, c’est surtout tout ce qu’on a vu évoluer chez ce coureur : sa façon de courir, ses excès, ses erreurs, ses remises en question et cette capacité rare à apprendre jusqu’à devenir presque l’inverse du Jim Walmsley de ses débuts.
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Jim Walmsley forfait pour l’UTMB 2026
Le départ de l’UTMB sera donné vendredi 28 août à Chamonix et, après Kilian Jornet, un autre immense nom disparaît donc de la start-list. Walmsley faisait partie des athlètes dont la présence suffisait à donner encore davantage de relief à une édition déjà très dense.
Sa saison avait toutefois installé un doute. L’Américain souffre depuis longtemps d’un problème au genou et son abandon lors de la Western States, fin juin, avait immédiatement posé la question de sa capacité à récupérer suffisamment vite pour préparer correctement l’UTMB. À quelques jours du départ, son forfait est désormais acté, tandis que sa cause exacte reste inconnue.
Sportivement, la course conserve un plateau extrêmement relevé avec notamment Vincent Bouillard, Ben Dhiman, Baptiste Chassagne ou encore Théo Detienne. Pourtant, pour nous, l’absence de Walmsley enlève quelque chose de particulier à cette édition, parce que son histoire avec l’UTMB est aussi une histoire que l’on suit depuis longtemps.
Pourquoi Jim Walmsley est le chouchou de uTrail
On l’a déjà écrit noir sur blanc : Jim Walmsley est notre coureur préféré. Cette affection ne date pas de sa victoire à l’UTMB en 2023 et elle repose autant sur ses ratés que sur ses succès.
Quand il est arrivé sur le devant de la scène internationale, Walmsley incarnait presque à lui seul une certaine manière américaine de courir l’ultra. Il partait vite, parfois beaucoup trop vite, imposait des rythmes énormes et donnait souvent l’impression d’aborder cent miles avec la même agressivité qu’une course beaucoup plus courte. Cette façon de courir produisait des performances spectaculaires, mais aussi des explosions qui l’étaient tout autant.
C’est précisément ce mélange de talent brut, de confiance presque excessive et d’imprévisibilité qui nous l’a rendu attachant. Avec Jim, on avait rarement une course neutre. Il pouvait être phénoménal pendant plusieurs heures avant de payer brutalement ses choix, et c’est cette fragilité derrière un moteur hors norme qui rendait ses courses si passionnantes à suivre.
On l’a vu se tromper, puis apprendre
Ses premières grandes tentatives racontent bien cette évolution. À la Western States comme sur l’UTMB, Walmsley a longtemps semblé posséder toutes les qualités physiques pour gagner, sans encore maîtriser totalement la gestion nécessaire sur des épreuves aussi longues.
Lors de son premier UTMB en 2017, il avait accompagné François D’Haene aux avant-postes pendant une grande partie de la course avant de connaître un énorme passage à vide autour de Champex-Lac. Il avait néanmoins réussi à terminer cinquième, ce qui montrait déjà l’étendue de ses capacités.
Aux États-Unis, ses premières Western States avaient suivi une trajectoire comparable. Walmsley pouvait prendre la tête, faire exploser le peloton, puis tout perdre sur une erreur ou une gestion trop agressive. Il s’était notamment égaré alors qu’il menait en 2016, avant de connaître d’autres désillusions.
Avec les années, quelque chose a changé. Walmsley a appris à accepter les temps faibles, à mieux gérer son alimentation, à laisser parfois les autres courir devant et à comprendre qu’un ultra peut se gagner très tard. Il a progressivement ajouté de la patience à son immense vitesse.
On l’a parfois adoré, parfois engueulé
Notre histoire avec Jim Walmsley n’a jamais ressemblé à celle d’un fan-club qui applaudit tout.
En 2019, uTrail avait même publié un éditorial intitulé « Jim : je suis déçue, tu ne me fais plus rêver ».
Le texte racontait l’attente autour de sa course, l’envie de le voir attaquer et la frustration de suivre un Walmsley qui semblait alors avoir perdu une partie de ce qui faisait son caractère.
Avec le recul, cet épisode résume assez bien pourquoi on a continué à le suivre. Walmsley pouvait nous enthousiasmer une année et nous agacer la suivante, mais il donnait toujours le sentiment que quelque chose était en train de se construire.
La suite a montré qu’il était justement capable de prendre ses échecs au sérieux et de s’en servir.
Pour gagner l’UTMB, il a changé sa vie
Walmsley aurait pu rester aux États-Unis, continuer à dominer sur ses terrains préférés et construire sa carrière autour des courses qu’il connaissait parfaitement. Il a choisi une autre voie.
Pour comprendre l’UTMB, il est venu vivre en France et s’est installé à Arêches-Beaufort, dans le Beaufortain. L’objectif était clair : s’immerger dans les Alpes, travailler les longues montées, les descentes techniques et tout ce qui différencie profondément les ultras européens des courses américaines.
Ce choix nous l’a probablement rendu encore plus attachant. Derrière l’athlète au talent physique exceptionnel, on découvrait un champion capable d’admettre qu’il lui manquait quelque chose et suffisamment déterminé pour aller l’apprendre sur place.
Il a couru sur les sentiers alpins, participé à des épreuves locales, passé des mois à adapter son entraînement et modifié progressivement sa manière de courir. Ce n’était plus simplement Jim Walmsley qui venait tenter de battre les Européens sur leur terrain. Il cherchait à comprendre ce terrain.
La victoire de 2023 avait une autre saveur
Lorsqu’il gagne enfin l’UTMB en 2023, cette victoire raconte donc beaucoup plus qu’un simple résultat.
Il lui aura fallu plusieurs tentatives pour y parvenir, mais surtout plusieurs années pour devenir le coureur capable de gagner cette course. Le Walmsley vainqueur à Chamonix était plus patient, plus calculateur et beaucoup plus capable de traverser un passage difficile sans considérer que sa course était terminée.
Pour ceux qui le suivaient depuis ses premières tentatives, cette victoire avait quelque chose de très particulier. On avait vu le prodige américain arriver avec sa vitesse et ses certitudes, puis échouer, revenir, changer de pays, modifier sa préparation et finir par résoudre l’équation.
C’est aussi pour cette raison que uTrail lui avait consacré un éditorial à la fin de l’année 2023 en le présentant comme l’un de nos grands coups de cœur de la saison. Son succès à Chamonix ressemblait à l’aboutissement d’une histoire que l’on suivait depuis longtemps.
Et il a continué à montrer qu’il savait tout faire
La victoire à l’UTMB aurait pu suffire à définir la suite de sa carrière. Walmsley a pourtant continué à élargir son registre.
En 2025, il devient champion du monde de trail long à Canfranc, confirmant qu’il reste capable de performer au plus haut niveau sur des terrains très différents.
Puis, en mars 2026, il participe au semi-marathon de Paris et boucle les 21,1 kilomètres en 1 h 04 min 56 s. Une performance particulièrement impressionnante pour un athlète connu avant tout pour ses résultats sur 100 miles et qui avait déjà conduit uTrail à défendre une idée simple : Walmsley est probablement l’un des traileurs les plus complets de sa génération.
C’est aussi cette polyvalence qui explique pourquoi on continue à le regarder courir avec autant d’intérêt. Il peut passer d’un ultra de montagne à un semi-marathon sur route et rester compétitif à des niveaux qui dépassent largement la simple spécialisation.
Cette saison 2026 a pourtant rappelé les limites du corps
L’année 2026 a aussi montré une autre facette de sa carrière. Walmsley n’est plus le jeune coureur capable d’accumuler les kilomètres sans donner l’impression de payer le moindre prix physique.
Son genou le gêne depuis longtemps et la Western States s’est terminée par un abandon. À l’approche de l’UTMB, son état physique constituait donc déjà une inconnue importante, même si sa présence sur la start-list laissait encore espérer qu’il pourrait tenter sa chance à Chamonix.
Ce ne sera finalement pas le cas.
La raison exacte de son forfait n’a pas été communiquée, et il faut donc rester prudent sur son origine. Son historique récent permet simplement de comprendre pourquoi cette décision ne constitue pas une surprise totale.
En résumé, son absence nous touche davantage que celle d’un simple favori
Un média sportif doit raconter les résultats avec exactitude, mais cela n’empêche pas d’avoir des athlètes que l’on prend davantage de plaisir à suivre. Jim Walmsley fait partie de ceux-là chez uTrail.
On l’a vu arriver avec son talent immense et sa manière presque déraisonnable de courir. On l’a vu se tromper, perdre des courses qu’il semblait avoir gagnées, recommencer, modifier son approche et aller jusqu’à changer de pays pour comprendre ce qui lui échappait encore.
Puis on l’a vu entrer dans Chamonix en vainqueur.
C’est cette évolution qui explique pourquoi son forfait pour l’UTMB 2026 nous touche davantage que celui d’un simple favori. Il enlève à la course l’un de ses grands noms, mais il prive surtout ceux qui suivent Walmsley depuis longtemps d’un nouveau chapitre d’une histoire sportive devenue particulièrement attachante.
Cette année, le chouchou de uTrail ne sera pas au départ de l’UTMB. Et oui, ça nous fait franchement chier.
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