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🎧 Le Français Thomas Cardin découvre la mythique course américaine avec une idée déjà en tête : revenir en 2027 pour viser la victoire sur la Western States
Dans quelques jours, Thomas Cardin s’élancera pour la première fois sur les sentiers de la Western States 100.
Pour beaucoup de coureurs, obtenir un Golden Ticket et se retrouver au départ de l’épreuve la plus mythique du trail américain représente déjà un accomplissement. Pour le Français, ce n’est visiblement qu’une étape. À 31 ans, le champion d’Europe de trail long possède déjà l’un des plus beaux palmarès du trail français.
Triple vainqueur de la SaintéLyon, lauréat des Templiers, champion de France et désormais vainqueur du Chianti by UTMB, il a prouvé depuis plusieurs saisons qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs sur les formats compris entre 40 et 100 kilomètres.
Pourtant, lorsqu’il évoque la Western States, son discours tranche avec l’image du compétiteur prêt à tout pour jouer la victoire dès sa première tentative. Thomas Cardin parle davantage d’apprentissage que de résultat, davantage de découverte que de classement. Une prudence qui n’est pas feinte : malgré son immense expérience du trail, il s’apprête à découvrir un territoire totalement nouveau.
La Western States est une qui correspond aux qualités de Thomas cardin… mais qui lui est encore inconnue
Sur le papier, la Western States semble pourtant avoir été dessinée pour lui. Contrairement aux ultras alpins très techniques qui dominent aujourd’hui le calendrier mondial, la course californienne privilégie les longues portions roulantes, les descentes rapides et les sections où il faut savoir courir vite pendant des heures.
Des qualités qui correspondent parfaitement au profil de Thomas Cardin. Mais la réalité est plus complexe. Le Français n’a franchi la barre des 100 kilomètres que récemment et n’a encore jamais disputé un 100 miles.
S’ajoutent à cela les températures parfois supérieures à 40 degrés dans les célèbres canyons de Californie, un facteur qui transforme souvent la course en véritable épreuve de survie. Conscient de cette difficulté, il a consacré une grande partie de sa préparation à l’acclimatation à la chaleur. Séances réalisées très couvert, passages répétés au sauna, travail spécifique avec les équipes de performance de Kiprun : tout a été mis en place pour limiter l’effet du choc thermique qui attend les Européens au mois de juin.
Mais malgré cette préparation minutieuse, une part d’incertitude demeure. La Western States est l’une de ces courses où l’expérience compte presque autant que la condition physique.
L’objectif caché se trouve déjà en 2027
Ce qui frappe dans les déclarations de Thomas Cardin, c’est qu’il parle déjà de l’année suivante.
Là où beaucoup de coureurs se concentreraient uniquement sur leur première participation, lui semble considérer cette édition 2026 comme une phase d’observation. Son ambition est simple : comprendre la course de l’intérieur, apprendre ses pièges, découvrir ses exigences et accumuler l’expérience qui lui manque encore. Cette approche n’est pas anodine.
Au fil des années, les meilleurs Français ayant brillé sur la Western States ont presque tous suivi le même chemin. François D’Haene, Ludovic Pommeret ou encore Mathieu Blanchard sont arrivés avec un solide vécu sur ultra-trail avant d’obtenir leurs meilleurs résultats. Thomas Cardin, lui, tente un raccourci. Il accepte de partir avec moins d’expérience, mais avec l’idée de progresser extrêmement vite. D’ailleurs, il évoque déjà la possibilité de se consacrer davantage à sa carrière sportive l’an prochain afin de récupérer plus efficacement et de continuer à franchir un cap.
En creux, le message est assez clair : la vraie tentative de victoire pourrait ne pas avoir lieu cette année.
En résumé, Thomas Cardin apprend aujourd’hui pour gagner demain
C’est probablement ce qui rend cette première Western States particulièrement intéressante à suivre. Bien sûr, Thomas Cardin reste suffisamment talentueux pour réaliser une énorme performance dès sa découverte du format. Son niveau actuel lui permet légitimement de viser une place dans le top 10, voire mieux si les circonstances lui sont favorables.
Mais le véritable enjeu semble ailleurs. Cette année, il ne court pas seulement contre Jim Walmsley, Kilian Jornet ou les meilleurs Américains. Il court contre les inconnues du 100 miles. Il cherche à comprendre ce qui se passe après 120 kilomètres, à découvrir comment réagit son corps après plus de dix heures d’effort et à mesurer ce qui lui manque encore pour devenir un prétendant crédible à la victoire.
Si cette mission est remplie, alors sa Western States 2026 pourra déjà être considérée comme une réussite.
Et dans ce cas, les favoris de cette édition auraient peut-être intérêt à se méfier : le véritable Thomas Cardin de la Western States pourrait n’apparaître qu’en 2027.
Source
- https://www.widermag.com/rencontre-western-states-thomas-cardin-pret-ultra-farwest
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