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🎧 Le 20 août 2026, à quelques jours du début de l’UTMB Mont-Blanc, l’organisation a annoncé que le nombre de contrôles antidopage serait doublé cette année et que le dispositif serait étendu à l’ensemble des courses et à davantage de catégories de participants. La question du dopage UTMB est donc plus que jamais d’actualité.
Quelques heures plus tard, Kilian Jornet annonçait son forfait pour l’UTMB. Jim Walmsley a suivi, puis Beñat Marmissolle. Mardi 25 août, Tove Alexandersson a renoncé à l’OCC. Mercredi 26 août, enfin, Ruth Croft, tenante du titre de l’UTMB et grande favorite à sa propre succession, a annoncé qu’elle ne prendrait pas le départ vendredi.
Forcément, la succession interpelle. uTrail a été l’un des premiers médias français à poser publiquement la question dès le 21 août, lorsque les annonces de l’UTMB et de Kilian Jornet se sont télescopées, puis lorsque Jim Walmsley a disparu à son tour de la start-list. Depuis, le rapprochement a largement dépassé notre site : sous nos publications, les commentaires évoquant les contrôles antidopage se comptent désormais par dizaines.
Mais une chronologie troublante n’est pas une preuve. Nous avons donc laissé de côté les insinuations pour aller regarder ce que disent réellement le règlement 2026, la politique antidopage de l’UTMB World Series et les communications publiées depuis 2023.
Et la réalité est beaucoup plus intéressante que la rumeur.
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Le 20 août, l’UTMB annonce que les contrôles antidopage seront doublés
Pour son édition 2026, le HOKA UTMB Mont-Blanc a annoncé un renforcement conséquent de son dispositif : les contrôles seront deux fois plus nombreux et pourront toucher l’ensemble des courses de la semaine, y compris les trois Finales UTMB World Series que sont l’OCC, la CCC et l’UTMB.
Le changement important concerne également l’élargissement du périmètre. Le contrôle antidopage ne doit plus être regardé comme une affaire exclusivement réservée aux quelques coureurs qui jouent la victoire : le dispositif peut également concerner les catégories d’âge et donc des participants qui ne sont pas des professionnels. L’International Testing Agency, l’ITA, reste chargée du programme antidopage.
En revanche, une donnée essentielle manque toujours : combien de contrôles représente exactement ce doublement ?
L’organisation n’a pas communiqué publiquement le nombre de tests effectués à Chamonix en 2025, ni le nombre exact prévu en 2026, ni leur répartition entre l’UTMB, la CCC, l’OCC, la TDS et les autres épreuves.
Un doublement peut signifier passer de 15 à 30 tests comme de 60 à 120. Sans chiffre de départ, impossible d’en mesurer réellement l’ampleur.
En 2024, UTMB World Series communiquait pourtant beaucoup plus concrètement : le circuit annonçait 100 000 euros consacrés à l’antidopage et environ une centaine de contrôles sur l’ensemble de l’UTMB World Series. Attention toutefois à ne pas comparer directement ce chiffre au doublement annoncé en 2026 : ces quelque 100 tests concernaient le circuit mondial, et pas seulement la semaine de Chamonix.
Puis les forfaits ont commencé à tomber les uns après les autres
C’est évidemment leur calendrier qui nourrit aujourd’hui la suspicion.
Kilian Jornet, quelques heures après l’annonce
Le 20 août, Kilian Jornet a annoncé qu’il ne reviendrait finalement pas sur l’UTMB. La proximité temporelle avec l’annonce antidopage a immédiatement fait parler.
Mais dans son cas, les éléments médicaux existaient bien avant le 20 août. Son genou gauche l’a handicapé à Zegama, il a abandonné la Western States après environ 50 kilomètres, puis renoncé à Sierre-Zinal afin d’essayer de récupérer. Après une nouvelle sortie longue, le problème a persisté et Jornet a expliqué s’orienter vers une opération.
Autrement dit, on peut relever le timing. On ne peut pas sérieusement transformer ce timing en preuve de dopage.
Jim Walmsley, le lendemain
Le 21 août, Jim Walmsley disparaît à son tour de la liste de départ. Vainqueur de l’UTMB en 2023, l’Américain représentait évidemment une autre énorme tête d’affiche.
Là encore, sa saison apporte du contexte. Son genou l’a déjà contraint à abandonner la Western States et sa participation à Chamonix était devenue moins certaine au fil des mois. Lors de l’annonce initiale de son forfait, la raison exacte n’avait toutefois pas été officiellement détaillée par l’organisation.
Deux énormes noms en vingt-quatre heures : à ce moment-là, la question posée sur uTrail commence logiquement à devenir une vraie discussion sur les réseaux.
Beñat Marmissolle : un cas qui oblige justement à être prudent
Le 22 août, Beñat Marmissolle annonce lui aussi son forfait. Il explique qu’une blessure au pied contractée lors d’une sortie longue le gêne depuis environ trois semaines et l’empêche finalement de prendre le départ. Son cas est particulièrement intéressant dans le débat actuel, parce qu’il constitue presque un contre-exemple parfait aux raccourcis.
Beñat Marmissolle s’est publiquement engagé sur la question du dopage et a expliqué en 2026 avoir lui-même demandé, plusieurs années auparavant, à intégrer le dispositif de contrôle de l’AFLD. L’accuser aujourd’hui de fuir un contrôle simplement parce que son forfait arrive après l’annonce de l’UTMB serait donc particulièrement hasardeux, en plus de ne reposer sur aucun élément.
Tove Alexandersson renonce à l’OCC
Mardi 25 août, la Suédoise Tove Alexandersson, immense favorite de l’OCC, renonce à son tour.
Elle souffre encore des conséquences d’une infection bactérienne à l’estomac contractée quelques semaines auparavant. Plusieurs médias spécialisés ont rapporté son forfait pour maladie deux jours avant la course.
Là encore, le forfait intervient après l’annonce du renforcement des contrôles. Là encore, aucun élément ne permet de relier les deux.
Ruth Croft, enfin, change complètement la nature du débat
Le forfait de Ruth Croft, annoncé mercredi 26 août, est celui qui a probablement fait exploser la rumeur.
La Néo-Zélandaise a gagné l’UTMB en 2025, après avoir terminé deuxième en 2024, et figurait encore parmi les toutes premières favorites de l’édition 2026.
Surtout, elle ne dit pas être blessée.
Elle affirme au contraire que sa condition physique n’a probablement jamais été aussi bonne, mais explique que son cœur et son esprit veulent être ailleurs. Elle préfère donc ne pas repartir pour un nouvel effort de 100 miles.
Deux jours avant le départ, après tous les forfaits précédents et dans le contexte du doublement des contrôles, il était pratiquement inévitable que les commentaires repartent.
Mais, encore une fois, l’inévitable question n’est pas une preuve.
Le détail qui change beaucoup de choses : les podiums étaient déjà contrôlés avant 2026
C’est probablement le point le plus important de notre recherche.
Une partie des commentaires repose sur l’idée suivante : les grands favoris auraient appris au dernier moment qu’ils risquaient désormais d’être contrôlés s’ils terminaient sur le podium.
Ce n’est pas ce que montrent les documents de l’UTMB.
Dès 2023, UTMB Group explique avoir effectué lors des Finals et des Majors des contrôles systématiques sur les podiums, auxquels s’ajoutent des tests aléatoires. En 2024, cette politique a été poursuivie avec l’ITA.
Surtout, une communication officielle publiée le 27 novembre 2025 va encore plus loin. L’UTMB World Series y écrit que les contrôles indépendants et systématiques existent depuis 2023 et précise en français qu’ils « concernent systématiquement les podiums ».
C’est fondamental.
Cette politique existe et est publiquement annoncée depuis plusieurs saisons.
Est-ce que cela signifie que les trois premiers hommes et les trois premières femmes de toutes les courses sont obligatoirement contrôlés ?
C’est ici qu’il faut être extrêmement rigoureux.
Dans le vocabulaire sportif, un « podium finisher » désigne normalement un athlète classé premier, deuxième ou troisième. La version anglaise de la politique UTMB dit bien que le contrôle est obligatoire pour les « podium finishers ».
On peut donc raisonnablement comprendre que les athlètes composant les podiums concernés sont testés.
Mais nous n’avons pas trouvé, dans le règlement 2026 du Mont-Blanc, une phrase détaillant noir sur blanc :
« Les trois premiers hommes et les trois premières femmes de chacune des courses et de chacune des catégories d’âge sont tous obligatoirement contrôlés. »
Cette distinction compte.
Le texte de 2023 parlait explicitement des podiums des Finals et des Majors. Le document de novembre 2025 parle plus largement des podiums de l’UTMB World Series. L’annonce 2026 explique, quant à elle, que le dispositif sera étendu à toutes les courses et aux différentes catégories.
Mais « les catégories d’âge peuvent être contrôlées » ne signifie pas nécessairement « tous les podiums de toutes les catégories d’âge seront systématiquement contrôlés ».
C’est une nuance que l’UTMB pourrait d’ailleurs facilement lever en publiant le protocole exact de sélection.
Le règlement 2026 permet en réalité d’aller beaucoup plus loin que le seul podium
Le règlement du HOKA UTMB Mont-Blanc 2026 précise que tous les athlètes inscrits acceptent les règles antidopage de l’UTMB.
Ils peuvent être sélectionnés pour des contrôles en compétition ou hors compétition et doivent, lorsque cela leur est demandé, fournir les informations nécessaires à leur localisation et se rendre disponibles pour un contrôle. Le refus de se soumettre à un contrôle fait lui-même partie des violations prévues par le dispositif.
La politique antidopage de l’UTMB précise par ailleurs qu’un athlète relevant de sa juridiction peut être testé sans préavis, avec prélèvement urinaire ou sanguin.
Autrement dit, le podium n’est qu’une partie du dispositif.
Il existe d’un côté une logique systématique sur les podiums et, de l’autre, une logique de sélection ou de contrôle aléatoire qui permet théoriquement de tester quelqu’un qui termine beaucoup plus loin.
Doubler les contrôles ne signifie pas qu’une nouvelle substance vient soudain d’être interdite
C’est une autre idée apparue dans les commentaires.
Certains imaginent que des athlètes auraient découvert qu’un produit jusque-là toléré serait désormais recherché par l’UTMB.
Là encore, attention au raccourci.
L’UTMB s’appuie sur le Code mondial antidopage et la liste des substances et méthodes interdites de l’Agence mondiale antidopage. Cette liste est mise à jour au moins une fois par an et sa nouvelle version entre normalement en vigueur le 1er janvier.
L’annonce du 20 août porte sur le nombre et l’extension des contrôles, pas sur la création soudaine par l’UTMB d’une nouvelle liste de produits interdits.
Cela ne signifie pas que tous les contrôles recherchent nécessairement exactement les mêmes substances selon les circonstances : les stratégies analytiques des agences antidopage sont plus complexes que cela. Mais aucun élément public de l’annonce 2026 ne permet d’affirmer que l’UTMB aurait soudain ajouté une substance spécifique quelques jours avant la course.
Et un contrôle positif ne suppose même pas forcément une volonté de tricher
Le règlement rappelle également le principe de responsabilité stricte : ce qui se trouve dans le corps de l’athlète relève de sa responsabilité, qu’il y ait ou non intention de tricher.
C’est pourquoi l’UTMB insiste notamment sur les médicaments, les compléments alimentaires et les risques de contamination.
Cela permet aussi de comprendre pourquoi l’organisation parle autant de prévention auprès des amateurs : prendre un médicament courant ou un complément sans vérifier sa conformité peut exposer un coureur à une situation antidopage sans qu’il se considère lui-même comme un « dopé ».
Alors, tous ces forfaits après l’annonce des contrôles : coïncidence ou pas ?
La réponse, aujourd’hui, doit rester extrêmement claire.
Nous n’avons trouvé aucun élément permettant d’établir que Kilian Jornet, Jim Walmsley, Beñat Marmissolle, Tove Alexandersson ou Ruth Croft ont renoncé à leur course pour éviter un contrôle antidopage.
Aucun contrôle positif connu lié à ces forfaits, aucune procédure annoncée, aucun document, aucun témoignage et aucune déclaration officielle ne permettent d’établir ce lien.
Et plusieurs éléments vont même dans le sens contraire.
La blessure de Kilian Jornet est documentée depuis des mois. Beñat Marmissolle annonce une blessure au pied qui le gêne depuis trois semaines et s’est lui-même engagé publiquement en faveur des contrôles. Tove Alexandersson souffre d’une infection. Jim Walmsley sort d’une saison déjà perturbée physiquement. Ruth Croft explique de son côté qu’elle est physiquement prête mais qu’elle ne souhaite pas puiser une nouvelle fois dans ses ressources mentales pour un 100 miles.
Il faut également rappeler que d’autres forfaits majeurs existaient avant même l’annonce du 20 août, notamment Tom Evans et Mathieu Blanchard. Toute l’« hécatombe » des favoris ne peut donc pas être présentée comme une conséquence chronologique du renforcement antidopage.
En revanche, l’UTMB a créé les conditions parfaites pour que la rumeur explose
C’est probablement là que se situe le vrai sujet.
L’organisation annonce spectaculairement, six à huit jours avant ses principales courses, que les contrôles vont être doublés.
Elle ne dit pas combien il y en avait auparavant.
Elle ne dit pas combien il y en aura cette année.
Elle ne détaille pas leur répartition par course.
Elle ne précise pas combien concerneront les podiums, combien seront aléatoires et combien viseront les catégories d’âge.
Puis plusieurs énormes favoris annoncent leur forfait dans les jours qui suivent.
À partir de là, le rapprochement était presque inévitable.
uTrail a posé la question très tôt parce que le calendrier la rendait journalistiquement impossible à ignorer. Les réactions publiées depuis montrent qu’une partie importante de nos lecteurs se pose désormais exactement la même question.
Mais fouiller les textes permet aussi de rétablir un fait majeur que la rumeur oublie : les meilleurs savaient déjà depuis plusieurs années qu’un podium sur les grandes courses de l’UTMB pouvait signifier un contrôle systématique.
En résumé : on peut poser la question, mais les faits ne permettent pas d’accuser
Le renforcement antidopage de l’UTMB 2026 est réel. Le doublement annoncé est réel. L’élargissement des contrôles est réel. La succession de forfaits de grands favoris est également réelle.
Le rapprochement mérite donc d’être observé et expliqué.
Mais aujourd’hui, il n’existe aucune preuve permettant de transformer cette succession en scandale de dopage.
Et l’examen du règlement apporte même une information essentielle : le contrôle systématique des podiums n’est pas une surprise apparue en 2026. UTMB World Series affirme l’avoir mis en place dès 2023 et l’a encore rappelé officiellement fin 2025.
La vraie nouveauté de 2026 est ailleurs : davantage de contrôles et un périmètre beaucoup plus large.
C’est largement suffisant pour changer l’environnement antidopage de l’UTMB.
Ce n’est pas suffisant pour désigner les absents comme des coupables.
Sources et liens sur dopage UTMB
Nous avons consulté la politique antidopage officielle de l’UTMB World Series publiée le 27 novembre 2025, le règlement HOKA UTMB Mont-Blanc 2026, la politique antidopage complète de l’UTMB, les précédentes communications d’UTMB Group sur les contrôles systématiques et aléatoires, ainsi que les informations publiées sur les forfaits des différents athlètes.
- Politique antidopage UTMB World Series, 27 novembre 2025
- Règlement HOKA UTMB Mont-Blanc 2026
- Politique antidopage complète UTMB World Series
- (RUN247)
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