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đ§ Respirer en trail semble naturel, mais pourtant… Ăcouter le rĂ©sumĂ© de lâarticle
Depuis quelques annĂ©es, la respiration nasale est devenue une vraie tendance dans le trail et la course Ă pied. Certains coureurs expliquent quâil faudrait presque courir bouche fermĂ©e pour mieux gĂ©rer son effort, amĂ©liorer son endurance ou Ă©viter de « monter dans les tours ».
La rĂ©alitĂ© est un peu plus nuancĂ©e. Car si le nez joue effectivement un rĂŽle important pour filtrer, humidifier et ralentir naturellement lâair inspirĂ©, la bouche reste indispensable dĂšs que lâintensitĂ© augmente. En montĂ©e raide, sur une relance ou pendant une sĂ©ance rapide, le corps demande simplement davantage dâoxygĂšne.
En trail, le plus efficace nâest donc pas forcĂ©ment de choisir entre le nez ou la bouche, mais plutĂŽt dâapprendre Ă utiliser intelligemment les deux. Et câest probablement lĂ que se situe la vraie erreur de beaucoup de coureurs : transformer une mĂ©thode intĂ©ressante en vĂ©ritĂ© absolue.
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Pourquoi la respiration est si importante en trail
Respirer ne sert pas uniquement Ă apporter de lâoxygĂšne aux muscles. La respiration influence aussi directement le stress, la frĂ©quence cardiaque et la perception de lâeffort. Câest particuliĂšrement visible en trail, oĂč lâintensitĂ© varie en permanence selon le terrain, la pente, lâaltitude ou la fatigue accumulĂ©e.
Quand un traileur commence Ă subir une montĂ©e ou Ă paniquer dans un passage difficile, sa respiration devient souvent plus courte, plus rapide et plus dĂ©sordonnĂ©e. Les Ă©paules se crispent, le haut du corps se verrouille et le diaphragme perd en efficacitĂ©. Ă partir de lĂ , la sensation dâĂ©touffement sâinstalle vite, parfois mĂȘme avant que les jambes ne soient rĂ©ellement Ă bout.
Ă lâinverse, une respiration mieux maĂźtrisĂ©e permet souvent de retrouver une forme de calme intĂ©rieur. Sur les longues distances, cette capacitĂ© Ă rester relĂąchĂ© peut faire une Ă©norme diffĂ©rence, car chaque tension inutile finit par coĂ»ter de lâĂ©nergie. Certains ultra-traileurs expliquent mĂȘme quâils utilisent consciemment leur respiration dans les longues ascensions pour Ă©viter de se mettre trop tĂŽt dans le rouge.
Pourquoi la respiration nasale intéresse autant les coureurs
Si la respiration par le nez sĂ©duit autant aujourdâhui, câest parce quâelle apporte plusieurs bĂ©nĂ©fices assez logiques sur les efforts modĂ©rĂ©s.
Le nez filtre lâair, le rĂ©chauffe et lâhumidifie avant quâil nâarrive dans les poumons. Respirer par le nez pousse aussi naturellement Ă ralentir lĂ©gĂšrement le rythme respiratoire. Beaucoup de coureurs constatent alors quâils respirent plus profondĂ©ment, avec davantage de diaphragme et moins de tension dans le haut du corps.
Les travaux popularisĂ©s par James Nestor ont largement contribuĂ© Ă remettre ces questions au centre des discussions dans le monde du sport dâendurance. Certaines Ă©tudes Ă©voquent Ă©galement le rĂŽle du monoxyde dâazote produit dans les voies nasales, qui pourrait favoriser une meilleure utilisation de lâoxygĂšne par lâorganisme.
Mais ce qui intĂ©resse surtout les traileurs, ce nâest pas forcĂ©ment la thĂ©orie scientifique. Câest la sensation de contrĂŽle. Sur un footing calme ou une sortie longue, la respiration nasale aide souvent Ă Ă©viter de partir trop vite et pousse naturellement Ă courir Ă une allure plus Ă©conomique.
La vraie question nâest pas « nez ou bouche »
En rĂ©alitĂ©, trĂšs peu de coureurs respirent uniquement par le nez. MĂȘme les adeptes de la respiration nasale utilisent naturellement la bouche dĂšs que lâintensitĂ© augmente. Le dĂ©bat est donc souvent mal posĂ©.
Le vrai sujet, câest surtout la qualitĂ© de la respiration. Beaucoup de traileurs respirent de maniĂšre trop rapide, trop haute ou trop stressĂ©e, notamment quand lâeffort devient difficile ou que la fatigue mentale apparaĂźt. Dans ce contexte, la respiration nasale peut devenir un outil intĂ©ressant pour retrouver du calme et de la fluiditĂ©.
Mais dĂšs quâune montĂ©e se raidit, quâune relance arrive ou que le terrain devient technique, le corps adapte naturellement sa ventilation. La bouche prend alors davantage le relais afin dâaugmenter lâapport dâair, ce qui est parfaitement normal.
En trail, lâobjectif nâest donc pas de choisir un camp entre le nez et la bouche. Le vrai enjeu consiste plutĂŽt Ă respirer de façon efficace, souple et adaptĂ©e Ă lâintensitĂ© du moment.
Les meilleurs traileurs alternent naturellement
Quand on observe les meilleurs traileurs, on remarque dâailleurs quâils ne thĂ©orisent pas forcĂ©ment autant leur respiration. Ils sâadaptent naturellement.
Dans les portions roulantes ou sur les dĂ©buts de course, beaucoup respirent de maniĂšre calme et profonde, parfois davantage par le nez. Puis, dĂšs que lâintensitĂ© augmente, la respiration devient plus ouverte et plus puissante. La bouche participe alors naturellement Ă lâeffort.
Et câest logique. Le corps humain possĂšde deux voies respiratoires complĂ©mentaires. Le nez favorise le contrĂŽle et lâefficacitĂ© sur les efforts modĂ©rĂ©s. La bouche permet dâaugmenter rapidement le dĂ©bit dâair lorsque la demande Ă©nergĂ©tique explose.
Finalement, opposer systĂ©matiquement les deux nâa pas beaucoup de sens en course Ă pied.
Le rythme respiratoire compte souvent plus que le reste
Au-delĂ du nez ou de la bouche, de nombreux entraĂźneurs considĂšrent que le vrai levier se situe surtout dans le rythme respiratoire.
Sur les sorties faciles, certains coureurs utilisent par exemple une respiration plus lente et rĂ©guliĂšre, synchronisĂ©e avec les foulĂ©es. Cela aide Ă stabiliser lâeffort et Ă Ă©viter les dĂ©parts trop rapides. En montĂ©e ou sur des sĂ©ances intenses, le rythme devient naturellement plus rapide et plus court.
Le problĂšme apparaĂźt surtout lorsque la respiration devient anarchique sous fatigue ou sous stress. Dans ces moments-lĂ , beaucoup de traileurs ont tendance à « subir » leur souffle au lieu de lâaccompagner.
Apprendre Ă reprendre le contrĂŽle de sa respiration peut alors amĂ©liorer les sensations bien plus quâon ne lâimagine.
Câest probablement lâaspect le plus sous-estimĂ© du sujet. De nombreuses personnes respirent trop vite et trop superficiellement toute la journĂ©e, y compris en dehors du sport.
Cette habitude entretient parfois un Ă©tat de tension permanent qui finit par se retrouver aussi pendant lâentraĂźnement. Les approches modernes autour de la respiration recommandent donc souvent de ralentir volontairement le rythme respiratoire pendant les moments calmes afin dâamĂ©liorer lâefficacitĂ© globale du systĂšme respiratoire.
Sans tomber dans les effets de mode, apprendre à respirer plus calmement au quotidien peut réellement améliorer les sensations en course chez certains traileurs.
En rĂ©sumĂ©, la respiration nasale nâest ni une rĂ©volution miracle ni une absurditĂ© totale. Comme souvent en trail, tout dĂ©pend du contexte, du terrain et de lâintensitĂ©.
Oui, respirer davantage par le nez peut aider certains coureurs Ă mieux gĂ©rer leurs efforts et Ă retrouver plus de calme sur les sorties dâendurance. Mais non, la bouche nâest pas un problĂšme Ă corriger. DĂšs que lâeffort devient intense, elle joue simplement son rĂŽle.
Finalement, si le corps humain possĂšde une bouche et un nez, ce nâest probablement pas pour choisir entre les deux. Câest surtout parce quâen course Ă pied, les deux ont leur utilitĂ©.
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